[07] Reliefs n°50 déc 11/jan-fév 2012
[07] Reliefs n°50 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ardèche

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : le pont de Mialan.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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découverte Coopération Les jeunes Ardéchois construisent au Sénégal Depuis près de 12 ans, dans le cadre de la coopération décentralisée et avec l’expertise de l’ADOS (1), le Conseil général mène au Sénégal de nombreux projets de solidarité avec la région de Matam. Décidées en parfaite adéquation avec les populations locales, ces actions, de nature économique, sociale, éducative ou environnementale, visent à améliorer le quotidien des habitants. Depuis peu, de jeunes élèves ardéchois viennent (ou vont) même prêter main forte… Echanges d’expériences et dépaysement garantis. Afin d’intensifier son action en Afrique, et plus précisément dans la région de Matam, le Conseil général a tout récemment proposé à l’Ados de l'accompagner dans sa politique d’appui au développement. Objectif : mobiliser des fonds supplémentaires –publics et privés– à ceux apportés par le Département (50 000 € par an, ce qui représente moins de 15 centimes par habitant…). Ainsi, un chargé de mission ADOS recherche des cofinanceurs pour mener 30 - - n°50 - hiver 2011-2012 à bien des micro-projets –recensés par l’ADOS et les acteurs locaux– à caractère socio-économique ou éducatif. Recherche cofinanceurs pour efficacité accrue Parmi ces projets en attente, la construction d’un collège de proximité dans le village de Thiambé a retenu toute l’attention du lycée professionnel de Chomérac et de son proviseur Vincent Didier. Cet établissement de 280 élèves, qui dispense des formations dans le bâtiment (maçonnerie, plâtrerie, menuiserie, gros œuvre), dispose déjà d’une certaine expérience dans le domaine de la solidarité internationale au travers de deux chantiers humanitaires conduits au Nicaragua en 2008 et en 2010. « Nous ne pouvions pas refuser la proposition de l’Ados de venir rejoindre les premiers bailleurs (2) de fonds publics et privés de ce projet sénégalais » explique Vincent Didier. « Le chantier humanitaire est une aventure particulièrement profitable à nos élèves » précise-t-il. « L’intérêt d’une telle opération porte moins sur le côté technique que sur le plan humain. Au travers de ce voyage, les élèves découvrent la notion d’engagement, d’effort. Ils découvrent la fierté du travail accompli, souvent dans des conditions difficiles ». Autant dire que les candidats ne manquent pas ! Parmi les 30 jeunes qui se sont portés volontaires, 12 –issus des classes de maçonnerie– ont été retenus sur lettre de motivation, pour participer au chantier prévu en février 2012. Après avoir reçu une formation de l’Ados, ils partiront accompagnés de deux enseignants de maçonnerie et une infirmière… pour une durée de 4 semaines. « Initialement appelés à intervenir sur la construction des murs du collège, les élèves vont devoir d’abord se pencher à… sécuriser les lieux en construisant des murs pour protéger le futur établissement des animaux ». L’établissement s’étant engagé sur trois ans dans cette aventure solidaire en organisant chaque année un chantier de quatre semaines, d’autres élèves-maçons devraient pouvoir bénéficier de cette action si… les financements le permettent.
Des apprentis plombiers au Sénégal A quelques kilomètres de là, de l’autre côté du Rhône, au CFA Batipole (Centre de formation des apprentis) de Livron, l’expérience est en marche depuis l’an dernier. C’est parce qu’il a fait partie de l’aventure Ados il y a quelques années en tant qu’administrateur alors qu’il était conseiller général de l’Ardèche, que Bruno Dupuis, actuellement responsable pédagogique de l’établissement, a souhaité engager des démarches avec le Sénégal via… l’ADOS. « Le CFA organise depuis longtemps déjà des échanges internationaux : 17 ans avec l’Allemagne, 3 ans avec le Danemark… mais le choc culturel n’est pas assez important » explique-t-il. Et puis, il entend parler, l’an dernier, du programme hydraulique de la région de Matam porté par les Départements de l’Ardèche et de la Drôme et de la Région Rhône-Alpes (voir Reliefs 46, NDLR). Parmi les nombreuses formations dispensées au CFA (une quinzaine de métiers y est enseignée), deux sont totalement en phase avec le projet. « Ici, on forme des plombiers et des canalisateurs. On avait donc là l’occasion de construire un véritable échange ». Après un voyage en reconnaissance en juin 2010 le chantier est trouvé : il s’agit d’amener l’eau à l’hôpital local d’Ouro Sougui en le reliant au château d’eau. Un vrai travail de canalisateur pour l’extérieur et de plombier à l’intérieur ! Du 6 au 26 mars 2011, 11 jeunes du CFA et 2 professeurs remplissent la mission. Un travail mené en coactivité avec les artisans sénégalais et les apprentis locaux. Albin, 20 ans, et Franck, 21 ans, tous deux élèves du CFA, étaient de la partie. Si le chantier leur a permis de découvrir le Sénégal et son mode de vie complètement différent du nôtre (« ici c’est speed, làbas ils sont décontractés ! »), la façon de travailler sur place les a encore plus impressionnés et notamment l’absence d’outils. « Pas de perceuse, pas de marteau » « On n’a pas vu de perceuse, pas de cheville, pas de crayon charbon, pas de marteau. Pas simple pour effectuer les travaux. Pour faire des trous, il fallait se débrouiller… » se souviennent-ils. Ajoutez à cela les conditions d’hygiène de l’hôpital et la proximité immédiate des malades… « Mais l’expérience est très enrichissante, on est prêts à repartir ! » s’enthousiasment-ils. Christian Maille, l’enseignant en plomberie qui les a accompagnés, confirme : « C’était une belle expérience, mais ce n’était pas facile ; ce n’était pas un club de vacances ! Si nous, venant du nord, on leur a appris des choses, ils nous ont aussi beaucoup appris … ». D’autres jeunes partiront en mars prochain pour continuer la chantier. D’ici là, deux professeurs et le directeur du Centre de formation local d’apprentis d’Ouro- Sougui sont venus se former au CFA fin novembre. De vrais échanges d’expérience solidaires et d’utilité publique. (1) Ardèche-Drôme Ouro-Sougui Sénégal (2) communes du Teil, Cruas, Champagne, Andance, entreprise Berthouly 1998 – 2011 : de l’aide humanitaire ponctuelle à la logique de coopération En 1998, nouvelle équipe oblige, le Conseil général a souhaité passer d’une politique d’aide humanitaire à une logique de coopération et de développement durable. Sur les conseils de l’ADOS (*) qui est alors présente sur place depuis 13 ans, le Département choisit le département de Matam au Sénégal. Situé au nord du pays et au cœur de la zone sahalienne, éloignée des grands centres (Dakar, la capitale est à plus de 700 km), la zone de Matam connaît de graves difficultés économiques, à l’image de la situation sociale, médicale et scolaire… Après avoir organisé une mission exploratoire, le Conseil général propose très vite un programme pluriannuel de développement en partenariat avec Matam et l’ADOS. 12 ans plus tard et après des dizaines d’actions cofinancées, l’aventure continue. Les jeunes apprentis du CFA Bâtipole ont participé au chantier pour relier le château d'eau à l'hôpital Mission 2011 : un grand cru ! Traditionnellement, novembre est pour le Conseil général le mois où il va à la rencontre de ses partenaires au Sénégal : les collectivités territoriales du département de Matam. Cette fois encore, la mission conduite par Marc Bolomey, conseiller général délégué à la coopération internationale et Martine Finiels, viceprésidente aux solidarités et à la santé, a parcouru les pistes et les routes (à trous) du département sénégalais, pour faire le point des programmes en cours et évaluer ceux d'ores et déjà finalisés. Hydraulique : le projet phare Et ce fut un grand cru ! Tout d'abord, car la phase 1 du programme hydraulique, qui en compte 3, a été inaugurée par les partenaires du projet : L'Ardèche, l'Etat français (ambassade), la région Rhône-Alpes, l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse, ainsi que les autorités sénégalaises (locales, régionales et d'État) et l'association ADOS, notre opérateur au Sénégal. La phase 1, mais encore ? Ce sont un forage, un château d'eau, des bornes fontaines, des abreuvoirs, un réseau de canalisation, pour la partie investissement. Mais ce programme ne s'arrête pas là. Il comporte aussi un volet formation, notamment d'artisans réparateurs de moto-pompes ou constructeurs de réseaux, un volet gestion avec la mise en place d'associations d'usagers des forages chargées de "vendre" l'eau et de gérer l'avenir (amortissements, extension…), et un volet économique avec la création de microentreprises d'entretiens et maintenances et à terme la création de périmètres maraîchers susceptibles de fournir à la population des denrées fraîches dont les surplus pourront être commercialisés dans les villages voisins. Les micros-projets labellisés "Ardèche" Ce fut aussi un grand cru, car le programme expérimental porté par le Conseil général qui vise à associer l'ensemble des acteurs ardéchois (communes, syndicats des eaux, entreprises, secteur éducatif…) dans une coopération avec le département de Matam a montré sa pertinence. Trois projets sont déjà en cours co-financés par les fonds collectés auprès de ces structures ardéchoises. Trois projets devraient aboutir en 2012 avec ce mode de financement : Conseil général, Région Rhône-Alpes, communes, syndicats des eaux, entreprises, et permettre de développer de nouvelles ressources économiques et éducatives au Sénégal (voir article page précédente). Aujourd'hui, on peut le dire : l'Ardèche, toute l'Ardèche s'engage ! hiver 2011-2012 - n°50 - - 31



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