[07] Reliefs n°50 déc 11/jan-fév 2012
[07] Reliefs n°50 déc 11/jan-fév 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de déc 11/jan-fév 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ardèche

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : le pont de Mialan.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier En organisant le 18 novembre dernier les 1 ères Assises départementales des énergies à Privas, le Conseil général a délibérément souhaité faire entrer l’Ardèche dans le x xi e siècle. Point de départ de ce processus démocratique et citoyen, ces Assises ont réuni les acteurs de l’énergie en Ardèche –entreprises, associations, collectivités– au cours de débats, tables rondes et ateliers. Au cours de l’année 2012, d’autres rencontres seront organisées pour aboutir au second semestre aux Etats généraux qui s’adresseront plus largement au grand public. On compte sur vous. Simon Plénet, Vice-président en charge du développement durable, de l’environnement et des changements climatiques 18 - - n°50 - hiver 2011-2012 POINT DE VUE D’EXPERT Comment changer nos comportements énergétiques ? Chantal Derkenne, ingénieur sociologue au service économie et prospective de l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) Les enquêtes d’opinion montrent que la sensibilité à l’environnement est une préoccupation très ancrée dans l’esprit des Français même si la conjoncture économique et politique ne la favorise pas. Cela s’illustre notamment par les efforts consentis pour le tri des déchets, souvent considéré comme un acte de citoyenneté. En revanche, les personnes sont d’emblée moins préoccupées par une meilleure gestion de l’énergie. Nous sommes issus d'une génération ayant vécu dans l’abondance énergétique, qui a nécessairement engendré des comportements de gaspillage, alors changer les mentalités prendra du temps. Aujourd'hui, diminuer nos consommations d’énergie et nos émissions de carbone nous demande des efforts à tous les niveaux : quand on se déplace, à la maison, pour nos loisirs, au moment de nos achats courants mais aussi de nos investissements. Or que savons-nous de nos consommations ? La perception de notre consommation varie d'un usage à un autre, d’une activité à l’autre et ainsi en est-il aussi du degré d’attention à la consommation d’énergie. Dans le cas du transport en voiture individuelle par exemple, les consommations sont relativement faciles à appréhender. Les voitures disposent d’un réservoir que l’on doit remplir régulièrement, et dont on connaît le coût : le degré d’attention à la consommation est important. A l’inverse pour les consommations d’électricité à la maison qui ne concernent pas le chauffage, le degré d’attention à la consommation d’énergie est très faible. L’électricité y est invisible, non palpable, distribuée en continu. Dans ce cas, le lien entre activité et consommation d’énergie est rarement fait. Pour autant la seule perception de la consommation d’énergie ne permet pas à elle seule d’expliquer nos Véronique Popinet
choix car nos comportements résultent d’un arbitrage intégrant bien d’autres critères : la recherche de confort, la praticité, le temps disponible, l’image sociale que l’individu souhaite renvoyer, la qualité au sens large de l’offre alternative. Ces critères varient d’ailleurs eux-mêmes en fonction des cycles et des lieux de vie. Nos aspirations diffèrent, selon que l’on soit jeune ou vieux, que l’on habite en ville ou à la campagne… Si l’on reprend l’exemple de la voiture personnelle où l’on a vu que le degré de conscience de la consommation était élevé, la décision de l’utiliser ou pas résulte néanmoins de l’arbitrage de multiples autres contraintes : l’organisation de la journée, le temps disponible, la météo, l’état du trafic, l’éloignement des centres urbains et corrélativement le niveau de développement du réseau de transport public… A ces constats, s’ajoute le frein de l’habitude : nos comportements sont pour l’essentiel d’entre eux routiniers, automatiques, répétitifs. Nous n’interrogeons pas ou peu nos choix de tous les jours, nos achats courants et cela notamment pour nous économiser de l’énergie ! Enfin notre capacité de changement est aussi limitée par le degré de contraintes des nouvelles pratiques, supposées ou réelles, par rapport aux anciennes : coût plus élevé, moindre confort, offre difficile d’accès, perte de bien-être... Alors, comment susciter de nouveaux comportements énergétiques ? Aucune solution miracle n'existe ! Nous proposons ici quelques pistes … Tenir compte de la diversité des pratiques concernées et des publics Les constats précédents montrent bien les limites de raisonner les changements de comportements énergétiques en général : pour exemple la seule notion de « travaux destinés à économiser l’énergie dans le logement » recouvre aussi bien l’achat de fenêtres performantes que la rénovation complète d’une habitation en passant par le changement d’énergie de chauffage. Egalement, la diversité des situations des ménages et donc de leurs contraintes doit être prise en compte. Quelles sont les alternatives possibles ? Y ont-ils accès et notamment le coût en est-il supportable ? Améliorer le niveau d’information Faire parvenir l’information est une condition indispensable à l’évolution des pratiques. En effet, comment penser à isoler son logement si l’on ne connaît pas l’état des déperditions thermiques de celui-ci, ni les solutions techniques envisageables ? C’est la raison pour laquelle s’ouvre le grand chantier de l’étiquetage environnemental pour nos achats dont l’impact environnemental est le plus souvent très mal connu. Pour autant, les plus informés n'adoptent pas forcément la meilleure attitude selon plusieurs études… Créer une vraie dynamique collective C'est en agissant simultanément à plusieurs niveaux que l'on engrange un vrai développement durable, en comprenant bien que ce n'est pas au seul citoyen de porter la responsabilité de nos choix sociétaux. Des alternatives technologiques cohérentes, fiables, à un prix accessible doivent être proposées aux consommateurs (par exemple des systèmes de production de chaleur à partir d’énergie renouvelable) ; ainsi en va-t-il également des solutions organisationnelles (par exemple des systèmes de covoiturage). Encourager de nouveaux comportements De nouvelles initiatives voient le jour comme l'autopartage dans la sphère privée, qui consiste à partager l’utilisation d’un véhicule dans un groupe d’individus. Ou encore certains optent pour le co-housing, visant à mettre en commun plusieurs pièces à vivre entre voisins. Dans la plupart des cas, ce sont des groupes pionniers qui en sont à l'origine, poussés par L’objectif des 3 x 20 L’Union européenne a fixé comme objectif pour l’horizon 2020 de : • réduire de 20% les émissions de CO 2 par rapport à une référence établie pour l’année 1990• couvrir 20% des besoins énergétiques par les énergies renouvelables. Cet objectif a été relevé en France à 23% • réduire de 20% les consommations d’énergie. leurs idéaux, ils sont dynamiques et ont un certain goût du risque. Mais la maîtrise de l'énergie n'est pas forcément une fin en soi. Cependant tout processus d'innovation nécessite la production d'un nouveau cadre normatif. Les soutenir ou leur manifester de l’intérêt, c’est leur permettre peut-être de devenir un mode de vie plus partagé. Autrefois inédite, l'installation de panneaux solaires est devenue banale, tandis que les déplacements en vélo tentent de conquérir les villes ! Véronique Popinet hiver 2011-2012 - n°50 - - 19



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