[05] Vivre + Haut n°58 jan/fév/mar 2020
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  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Hautes-Alpes

  • Format : (200 x 290) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : Valentin Giraud-Moine, victorieux sur lui-même.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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I 16  : Jean-Luc Armand Entretien Bruno Drevet Louvetier, une passion utile Cuisinier dans la journée, Bruno Drevet passe des nuits à chasser les animaux considérés comme nuisibles, à la demande de l’État dans le secteur de Briançon. Devenu lieutenant de louveterie par passion, activité bénévole, il est sollicité pour prélever sangliers, renards ou loups. HAUTES ALPES LE MAG N°58 - Hiver 2020 Pourquoi avez-vous souhaité devenir lieutenant de louveterie ? Je commençais à me lasser de la chasse traditionnelle. Je cherchais à faire quelque chose d’utile, j’avais envie de m’impliquer. Être louvetier est un service rendu à l’État pour le bien de la collectivité et de la population qui n’a plus rien à voir avec un acte classique de chasseur, celui qui consiste uniquement à tirer un animal pour son bénéfice personnel. Je le suis depuis cinq ans et mon agrément est en cours de renouvellement.
Comment avez-vous été recruté ? Lorsque la préfecture a lancé un appel à candidature, j’ai envoyé une lettre de motivation et je suis passé devant une commission  : elle a vérifié que je remplissais bien les critères, comme par exemple de ne pas avoir été condamné pour braconnage, que j’avais une bonne connaissance de la gestion de la chasse, une bonne appréciation des actions à mettre en place en cas de problème, etc. Nous avons aussi un rôle de conseil technique de l’administration pour la gestion de la faune sauvage, notamment sur le plan sanitaire. Bruno Drevet perpétue une activité bénévole dont les origines remontent au IX e siècle. En quoi consiste votre travail ? C’est toujours la préfecture qui fait appel à nous. Elle nous demande d’intervenir pour régler les problèmes d’animaux nuisibles et réguler leur nombre. Quand les sangliers, les renards ou les loups font trop de dégâts, nous devons y aller. Selon l’endroit où on se trouve, on ne fait pas la même chose. Dans le sud du département, les louvetiers interviennent aussi pour les chevreuils. Nous avons chacun notre propre secteur. Moi je suis chargé d’un périmètre qui va de Briançon à Saint- Crépin et ici, on est surtout sollicités par rapport aux loups. Nous travaillons toujours en binôme et nous le faisons la nuit, avec une caméra thermique. À deux, c’est plus efficace et la nuit nous parait moins longue… Être louvetier, est-ce considéré comme une profession ? Non, nous ne sommes que des auxiliaires bénévoles de l’État. Les premiers louvetiers ont été créés du temps de Charlemagne, au IX e siècle. À l’époque, ils brûlaient des forêts pour en faire sortir les loups. C’était leur principale mission. Les choses ont évolué, bien entendu ! Nous sommes 20 actuellement sur le département et nous serons bientôt 30 parce qu’il y a beaucoup de travail. Le nombre d’interventions augmente à cause des loups qui sont de plus en plus nombreux. Je suis par ailleurs chef cuisinier au collège des Garcins, à Briançon. Comment se passent les prélèvements de loups ? Nous devons suivre la loi à la lettre. Tout est régi par les directives du plan national loup qui changent chaque année. Nous recevons de plus en plus de demandes. Nous nous mettons la nuit près du troupeau et nous attendons que les loups arrivent. Nous avons le droit de le faire quand l’éleveur a obtenu l’autorisation de procéder à ce qu’on appelle un tir de défense, quand il a subi des attaques sur son troupeau. Quand le prélèvement aboutit, ça calme un peu les esprits, pendant un moment. Et vous y arrivez à chaque fois ? Non. Cette année, j’ai déjà passé 85 nuits dehors et j’ai vu seulement 12 fois des loups. Avec mon collègue, nous en avons tiré 8 et prélevé " Être louvetier est un service rendu à l’État pour le bien de la collectivité et de la population. " 5. Parfois, des gens essayent de nous empêcher de faire notre travail. Ils marchent devant nous avec des lampes frontales, font du bruit pour faire fuir les loups… C’est difficile de discuter avec eux, de leur expliquer pourquoi nous faisons ça. Normalement, nous restons discrets et nous ne leur parlons pas. Comment est perçue votre intervention ? Ça dépend… Les éleveurs sont très satisfaits si on obtient un résultat mais ils nous en veulent si on n’y arrive pas et les chasseurs nous critiquent aussi. C’est compliqué. On se fait parfois insulter. J’ai même été menacé... On a toujours été des mal aimés mais ça ne me gêne pas. Quand j’ai signé, je savais ce qui allait se passer. Moi, j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile. Je rends service aux éleveurs, aux agriculteurs… Notre action a un aspect social. Nous ne faisons pas de miracle, nous ne décimons pas la population de sangliers par exemple. Et pour les loups, c’est la même chose. 17



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