[04] Alpes de Haute-Provence n°178 mai/jun 2020
[04] Alpes de Haute-Provence n°178 mai/jun 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°178 de mai/jun 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général des Alpes de Haute-Provence

  • Format : (205 x 265) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : santé publique, le laboratoire départemental veille au grain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Frédéric Exubis DOSSIER Le second objectif est la protection du bien-être animal et le maintien/développement économique. Grâce aux contrôles qu’ils effectuent, les agents du laboratoire contribuent à la prévention et à l’éradication de maladies comme la brucellose, la rhinotrachéite bovine (IBR) et la paratuberculose, et de ce fait à l’amélioration des cheptels et de la qualité de la viande, du lait et des produits dérivés. Bien que la majorité des contrôles soient réalisés à titre préventif (près de 80 000 par an), le laboratoire est compétent pour conduire des analyses d’aide au diagnostic en cas de problème de santé avéré. Il travaille ainsi en étroite relation avec les vétérinaires pour identifier les parasites, bactéries et virus qui nuisent à la santé des cheptels. Dans ce cas, les tests se basent sur des échantillons tels que des prises de sang, des excréments, des poils ou des avortons traités en salle d’autopsie. Assurer l’hygiène des denrées alimentaires En 1998, le laboratoire départemental est sollicité par un organisme qui fédère les artisans bas-alpins  : le Comité Local d’Action Qualité (CLAQ). En effet, dans un contexte où les lois relatives à l’hygiène se font de plus en plus exigeantes, le savoir-faire du laboratoire est un outil inestimable, aussi bien en termes d’analyses que de formation. Les deux structures montent donc une action commune afin d’offrir des conseils et un appui technique aux professionnels des métiers de bouche. Cette entente a perduré au cours des années qui ont suivi et le nombre d’adhérents du CLAQ s’est multiplié. Aujourd’hui, plus de 500 professionnels de l’agro-alimentaire sont contrôlés chaque année, notamment certaines cantines scolaires. L’Unité de Préparation Culinaire, qui prépare les repas pour 9 collèges du département, fait en effet l’objet d’un suivi régulier. En tout, le laboratoire contrôle plus de 4 000 échantillons alimentaires par an. Une fois ces analyses effectuées, la qualité des produits est valorisée par un rapport de conformité. Les clients peuvent également afficher un autocollant afin d’informer le public qu’ils sont suivis par une autorité sanitaire compétente. Le laboratoire départemental conseille aussi ses clients sur la mise en place de la réglementation en termes d’hygiène o 8 et leur offre son appui technique quand les résultats d’analyse sont mauvais. Jusqu’à présent, ce soutien s’est avéré précieux, car il a toujours permis de revenir à une situation normale. Enfin, le laboratoire dispense aux professionnels, artisans et entreprises des formations en hygiène alimentaire. Près de 50 demi-journées d’audits et de formations sont ainsi organisées chaque année. Ce chiffre va certainement augmenter, car le laboratoire s’est récemment équipé d’un outil performant qui permet d’améliorer l’assistance aux structures en ciblant et priorisant les progrès à réaliser. Garantir la qualité des eaux Grâce à son Service d’Appui Technique aux Exploitants de Stations d’Épuration (SATESE), le Département a toujours eu à cœur de soutenir les collectivités dans la gestion de leurs eaux usées. Cependant, le SATESE n’ayant pas de vocation analytique, il lui était difficile d’assurer une surveillance environnementale efficace. Pour pallier ce problème, le laboratoire départemental s’est doté en 2009 d’un service d’analyse hydrologique à même de contrôler le bon fonctionnement des stations d’épuration, ainsi que l’état des eaux rejetées en milieu naturel. Près de 650 contrôles sont réalisés chaque année. Dans les Alpes de Haute-Provence, le laboratoire n’intervient qu’auprès des communes et des collectivités qui en ont exprimé le souhait. En effet, l’analyse des eaux usées est un domaine ouvert à la concurrence, si bien que de nombreuses stations d’épuration sont à ce jour suivies par des laboratoires privés. Le laboratoire départemental présente cependant l’avantage de la proximité. En effet, tous les agents travaillant dans les stations d’épuration qu’il surveille disposent de kits de prélèvement et amènent directement leurs échantillons à Digne. Du fait de l’absence de délai d’acheminement, les analyses peuvent être effectuées rapidement, garantissant des résultats plus fiables dans le respect des normes en vigueur.
Le laboratoire poursuit son travail malgré le Covid-19 Tandis que de nombreux Français sont confinés chez eux, les équipes du laboratoire départemental se mobilisent pour continuer à veiller sur la santé publique. Michel Costes, directeur du laboratoire, a répondu à nos questions. Le laboratoire assure-t-il toutes ses missions malgré la situation actuelle ? « Oui, car la réglementation l’impose. En hygiène alimentaire, nous poursuivons les contrôles pour toutes les structures nécessitant des analyses régulières (fromagers, ateliers de découpe…) ou qui sont en difficulté sanitaire. En ce qui concerne la santé animale, nous assurons toutes les prestations habituelles. Nous avons même dû mettre en place des ramassages d’échantillons chez les vétérinaires, car le réseau de La Poste est impacté par la crise. Enfin, nous avons simplifié certaines procédures en hydrologie, mais nous continuons à surveiller les stations d’épuration. » Quelles mesures ont été mises en place au laboratoire pour limiter la propagation du virus ? « Pour commencer, nous avons réduit le nombre d’agents présents sur site. Ceux qui ont une situation personnelle difficile (enfants à garder, proche souffrant d’une pathologie présentant un risque de comorbidité…) ont été orientés en priorité vers une solution de télétravail. « Par ailleurs, nous avons restreint le nombre de points d’accueil du laboratoire et nous les désinfectons après chaque passage d’une personne extérieure. Nous avons également réalisé un état des lieux de nos stocks de consommables et de réactifs et pris contact avec nos fournisseurs de Xavier Delcroix Michel Costes, directeur du laboratoire départemental façon à pouvoir assurer la continuité en cas d’urgence sanitaire. Nous avons aussi généralisé le port des masques et des gants de protection. « Enfin, dès le début du confinement, nous avons fabriqué 500 doses de solution hydroalcoolique en suivant les prescriptions de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elles sont destinées aux agents du laboratoire et de la collectivité. » Rencontrez-vous des difficultés dans l’exercice de vos missions ? « Oui. Il est difficile de se procurer certains consommables, comme les tubes de prélèvement et les masques FFP2. De plus, nous travaillons à effectif réduit, mais nous devons 0 9 quand même remplir presque toutes nos missions habituelles. Enfin, certains laboratoires avec lesquels nous travaillons ne sont plus en activité. De ce fait, les vétérinaires nous envoient des échantillons que nous prétraitons et stockons en attendant la fin de crise pour pouvoir les transmettre à nos partenaires habituels. Nous faisons néanmoins notre possible pour les aider. Toute cette situation est inédite, mais nous nous adaptons. » Frédéric Exubis



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