[04] Alpes de Haute-Provence n°177 mar/avr 2020
[04] Alpes de Haute-Provence n°177 mar/avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°177 de mar/avr 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général des Alpes de Haute-Provence

  • Format : (206 x 265) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : adoption, une autre voie vers la parentalité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Comment adopter ? La première étape consiste à demander un agrément auprès de l’Aide Sociale à l’Enfance. Les postulants seront conviés sous deux mois à une réunion d’information ou à un entretien individuel. Ils pourront ensuite déposer leur demande. Dès lors, l’Aide Sociale à l’Enfance dispose d’un délai de neuf mois pour évaluer leur situation. Durant cette période, les parents adoptants vont mûrir leur projet d’adoption avec un évaluateur psychologue et un évaluateur social. La mission de ces agents n’est pas seulement d’évaluer si une personne peut adopter, mais aussi de l’accompagner dans cette démarche. Chaque évaluateur va donc rencontrer les candidats plusieurs fois afin de les aider à préciser leur projet (âge, sexe ou origine de l’enfant désiré, capacité des parents à adopter un enfant malade ou porteur de handicap, une fratrie…). Cette étape peut s’avérer difficile pour les postulants, qui craignent souvent d’être jugés. Or, le but des évaluateurs n’est pas de juger l’histoire d’un individu ou d’un couple, mais de savoir ce qu’ils en ont fait et s’ils sont prêts à accueillir un enfant qui apportera sa propre histoire. Au terme des neuf mois, les évaluateurs transmettent un rapport à la commission d’agrément qui rend un avis. C’est alors au président du Département de délivrer l’agrément, qui sera valable durant cinq ans. Les personnes l’ayant obtenu sont ensuite inscrites sur une liste départementale. Dès lors, la procédure pour l’adoption en France ou à l’international diverge. En France, c’est au Conseil de famille – qui fait office de tuteur pour les pupilles de l’État – de décider quels parents sont les plus à même de répondre aux besoins d’un enfant. Sont prises en compte l’ancienneté de l’agrément des candidats et les caractéristiques de leur projet. Une adoption internationale est différente, car les futurs parents doivent contacter l’Agence Française de l’Adoption (AFA), un Organisme Autorisé pour l’Adoption (OAA), ou se mettre directement en lien avec les autorités étrangères. Après une attente qui peut durer de longues années, certains candidats reçoivent enfin un accord pour l’adoption d’un pupille ou d’un enfant étranger. Vient alors le temps de l’apparentement. Qu’est-ce qu’un apparentement ? L’apparentement est la période de mise en relation de l’enfant avec ses nouveaux parents. En France, cette période varie selon les besoins de l’enfant. En général, cela dure environ une semaine, durant laquelle les parents passent chaque jour un peu plus de temps avec leur futur enfant, d’abord chez l’assistant familial qui en a la garde, puis à leur domicile. Ce temps de rencontre s’achève quand les parents ramènent enfin leur enfant chez eux. En ce qui concerne les adoptions internationales, les parents doivent se rendre en personne à l’étranger pour chercher leur enfant. Dans ce cas, l’apparentement varie en fonction des pays, mais est tout aussi fort en émotions. Et après ? Une fois l’enfant confié à ses parents, il est conseillé à cette nouvelle famille de prendre le temps nécessaire pour tisser des liens de confiance et d’amour. Durant les six premiers mois, l’enfant demeure pupille de l’État et les services de l’Aide Sociale à l’Enfance effectuent un suivi régulier pour s’assurer de son bien-être. Au terme de ce délai, les parents peuvent déposer une requête au tribunal pour obtenir le jugement d’adoption. Pour les enfants adoptés à l’international, les démarches doivent être menées à la fois en France et à l’étranger. La durée du suivi – qui peut être assuré par l’Aide Sociale à l’Enfance – varie en fonction des exigences du pays d’origine. Une fois adopté, le parcours de l’enfant ne fait que débuter, car la parentalité adoptive peut présenter de nombreuses particularités. Il s’agit cependant d’une belle aventure humaine, dans laquelle les enfants et les parents sont soutenus par les services de l’Aide Sociale à l’Enfance aussi souvent qu’ils en expriment le besoin ou le souhait. o 8 Virginie et Rémi Tron Pour en savoir davantage sur l’adoption, rendez-vous sur www.adoption.gouv.fr
Virginie et Rémi Tron Depuis deux ans, Virginie et Rémi sont les heureux parents de Solane. Afin de nous aider à en savoir davantage sur l’adoption, ils ont accepté de partager leur histoire. Comment s’est passée votre demande d’agrément ? Rémi  : « Les entretiens se sont bien passés. On nous a expliqué les réalités de l’adoption  : on ne se rend pas forcément compte de ce que ça représente. Concernant notre projet, on était ouverts à tout. Notre seule contrainte, c’était qu’on voulait un enfant de moins de trois ans. On espérait un bébé. » Virginie  : « Pour les entretiens, il faut être solide dans son couple et avoir les mêmes envies, parce que les évaluateurs posent des questions qu’on ne se poserait pas normalement. Heureusement, on a eu affaire à des gens très bienveillants. Après, c’est vrai que c’est lourd administrativement… » Que s’est-il passé après l’agrément ? Virginie  : « Une fois que vous l’avez obtenu, il faut se débrouiller pour trouver un organisme et se faire accepter. On s’est beaucoup documentés, parce qu’il y a des critères différents dans chaque pays. On a ensuite envoyé les courriers, reçu plusieurs refus, et trois mois plus tard, on a été acceptés par un organisme à Nancy. » Rémi  : « On a attendu un an et demi. C’était un peu long par rapport à ce qu’on espérait, mais les mois comptent toujours double dans ce cas-là… jusqu’au jour où on nous a appelés pour nous dire qu’une petite fille nous attendait au Viêt-Nam. » Quels souvenirs gardezvous de votre rencontre avec votre fille ? Rémi  : « Un mois après l’appel, on est partis au Viêt-Nam. À l’orphelinat, on a eu le temps de voir où vivait Solane, de voir ses habitudes de vie… Elle ne nous est pas tombée dans les bras de suite, car elle ne comprenait pas pourquoi elle quittait ses repères… Mais rapidement, c’est une belle histoire d’amour qui a commencé. On a eu l’impression que notre fille nous attendait depuis toujours. » Virginie  : « On y est restés trois semaines. Ce moment était important, parce que dès le retour en France, tout s’accélère. On a fait un blog pour la famille, et tous les jours on y mettait des choses, pour qu’ils puissent participer. En rentrant, Rémi l’a mis sur papier pour Solane, parce qu’on trouve que c’est important qu’elle sache. » 9 Virginie et Rémi Tron Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur l’adoption ? Virginie  : « On a rencontré les bonnes personnes au bon moment. Un agrément, c’est long, mais on s’est tout de suite dit qu’il fallait montrer qu’on est un couple solide et que notre enfant serait heureux avec nous… Le plus dur, c’est ce qui vient après l’agrément  : je pense qu’il manque un lien avec les OAA pour guider les postulants. » Rémi  : « C’est un parcours qui est compliqué et éprouvant, avec de longues périodes de doutes et d’attentes. Mais après coup on oublie ces difficultés quand on a une petite perle comme ça dans la famille. Pour nous, tout s’est très bien passé, mais c’est seulement notre histoire… Tout le monde n’a peutêtre pas des évaluateurs et un OAA aussi bienveillants que nous. » Pour découvrir ce témoignage en vidéo, rendez-vous sur 04 TV – La chaîne du Département des Alpes de Haute- Provence, sur www.youtube.com L’association Enfance et Famille d’Adoption 04 organise régulièrement des événements autour de l’adoption et de la parentalité. Plus d’informations sur www.efa04.fr



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