[04] Alpes de Haute-Provence n°172 mai/jun 2019
[04] Alpes de Haute-Provence n°172 mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°172 de mai/jun 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général des Alpes de Haute-Provence

  • Format : (206 x 265) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : vers un territoire inclusif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FOCUS SUR... le Théâtre Durance Les Princesses - Laurent Alvarez Bien plus qu’un théâtre Né en 2007, le Théâtre Durance a toujours eu pour vocation d’être plus qu’un lieu figé où l’art s’impose au spectateur. Structure incontournable de notre département, il se distingue par la variété de sa programmation (plus de 30 spectacles et de 80 représentations par an) et par ses actions culturelles auprès du grand public. Désireux d’offrir une nouvelle vision du spectacle vivant, le Théâtre organise plusieurs fois par an des « Échappées » visant à amener les artistes au plus près des habitants, dans les communes. Son but est ainsi d’encourager les spectateurs à se réapproprier l’art et la culture. Cette volonté de rendre la culture accessible au plus grand nombre se retrouve également dans les Escapades, un festival organisé par le Théâtre qui célèbre la fin de la saison théâtrale et l’approche de l’été. La recette pour réussir cet événement  : quatre concerts gratuits, sur le parking du Théâtre, aménagé pour l’occasion, à Château-Arnoux-Saint-Auban. Cette année, les Escapades auront lieu les 14 et 15 juin. Venez nombreux ! Pendant ce temps, en coulisses… Le rôle du Théâtre ne se limite pas à ce qui se passe sous les feux des projecteurs, car il agit aussi de façon durable pour accompagner les artistes et faciliter leur travail de création. Pour ce faire, le Théâtre Durance met à leur disposition des espaces de répétition et d’enregistrement et propose chaque année un soutien financier pour la création de projets singuliers. Le Théâtre Durance se veut un lieu ouvert et vivant, ce qui se traduit par sa politique tarifaire, ses répétitions publiques et ses ateliers de pratique. Tous les trois mois, il publie également le Mag, un support gratuit qui traite à chaque numéro d’un thème différent (technique, budget, résidences d’artistes…) afin de faire découvrir au public les coulisses, le fonctionnement du lieu, son rôle… Un projet territorial Le Théâtre Durance est un outil de développement culturel, économique et territorial qui remplit avant tout une mission de service public. En effet, grâce à de multiples partenariats (Éducation nationale, associations, centre pénitentiaire…), il envisage le développement culturel pour et avec les habitants. Cette vocation à rendre la culture accessible à tous se concrétise notamment dans les relations étroites que le Théâtre a tissées 16 Frédéric Exubis avec plusieurs établissements scolaires du département, comme le collège Camille Raymond, avec lequel il développe chaque année de nombreux projets en lien avec des artistes. Unique « scène conventionnée d’intérêt national » dans les Alpes de Haute- Provence, le Théâtre Durance dispose de partenariats solides avec l’État, la Région, Provence-Alpes Agglomération, et bien sûr le Conseil départemental. Afin de soutenir les actions de développement culturel du Théâtre Durance, le Département lui a attribué en 2019 une subvention de 150 000 € . Pour aller plus loin  : www.theatredurance.fr Contact  : info@theatredurance.fr 04 92 64 27 34
Couverture et texte du poème Les Internés de Sisteron, 1942. À noter  : Le 8 mai, les Archives départementales mettront en ligne sur leur site Internet (www.archives04.fr) les textes des Internés de Sisteron et de L’Enfer du bagne présentés par Laure Franek, directrice-adjointe. Les Archives départementales racontent… 17 HISTOIRES d’archives L’internement durant la Seconde Guerre mondiale Paul Roussenq, du bagne de Cayenne à la citadelle de Sisteron L’homme qui, bagnard en Guyane, signait tous ses courriers « Le transporté, 37664, Roussenq » échoue en février 1942 au camp d’internement de Sisteron. Déclaré « indésirable » par le régime de Vichy en raison de ses antécédents anarchistes, il avait été arrêté à Avignon le 4 décembre 1940. À Sisteron, où il demeure jusqu’à son transfert à Fort-Barraux en Isère fin 1942, Roussenq écrit et livre un témoignage inédit de son séjour par un poème en alexandrins comptant soixante-douze vers organisés en douze strophes, alternant quatrains, sizains et huitains, le tout en rimes. Son titre  : « Les Internés de Sisteron »  : « Le camp de Sisteron, perché sur la montagne, Sous beaucoup de rapports me rappelle le bagne. Si le climat local est davantage sain, Par contre, on y ressent les affres de la faim. » En cette période de pénurie générale, la faim tenaille en effet les estomacs français, et plus encore ceux des « quatre cents internés », dont les plus déshérités, écrit Roussenq, « font la chasse aux déchets, fouillent dans les poubelles ». La faim revient souvent dans son poème. L’interné clôt néanmoins son texte par une note optimiste  : le retour, un jour prochain, de la liberté qui « à tous les internés redonnera la vie ». L’espoir d’être libre a sans doute permis à Roussenq de tenir durant la trentaine d’années passées à Clairvaux, puis au bagne. Son dossier de bagnard est d’ailleurs le plus volumineux parmi 150 000 dossiers  : il pèse 5,3 kg. « Il valait celui d’Hespel » – un célèbre bourreau du bagne dit « Le Chacal », guillotiné à son tour après avoir tué un libéré –, s’étonne Albert Londres dans son ouvrage Au Bagne. L’auteur rencontre Roussenq en 1923 alors que ce dernier est isolé au cachot  : « Il est si maigre », raconte Albert Londres, « qu’on dirait qu’il grelotte. Sur ses bras, dans son dos, sur ses jambes, sur la poitrine sont des marques comme des cicatrices de coups de lanière ». À Sisteron, Paul Roussenq revit son expérience du bagne, à tel point qu’il reprend la rédaction de son livre de souvenirs, L’Enfer du bagne. Avec un crayon gris, il trace ses lignes dans un petit cahier de médiocre qualité. Son avertissement « au lecteur » rappelle qu’en 1942, il y a encore 2 000 bagnards en Guyane  : « Le bagne demeure donc à l’ordre du jour et son étude n’est pas inutile ». Désormais, Roussenq signe seulement de son nom. Ses derniers mots, inscrits au bas de la page 135 sont  : « Sisteron, juin 1942 ».



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