[03] Reflets d'Allier n°96 nov/déc 2018
[03] Reflets d'Allier n°96 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de nov/déc 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (205 x 285) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : Allier, le département à la loupe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 ◗ LE DOSSIER ENTRETIEN AVEC Claude Riboulet, Président du Conseil départemental L’Assemblée départementale a adopté le nom de « Bourbonnais » et « Bourbonnaises » pour désigner les habitants de l’Allier. Claude Riboulet, président du Conseil départemental, revient sur ce choix. Pourquoi avez-vous souhaité donner un nom aux habitants de l’Allier ? Claude Riboulet Pour chacun, une identité, c’est un nom qui nous différencie. Ce n’est pas un rejet de l’autre  : c’est au contraire ce qui nous permet d’être reconnus par l’autre. Quand on n’a pas de nom, on est dans l’anonymat. Il est important que les habitants de l’Allier en sortent. Pourquoi avez-vous retenu Bourbonnais et Bourbonnaises ? C. R. Ce choix s’appuie sur les résultats de la consultation « Allier 2021, imaginons demain », réalisée au printemps dernier. Plus de 70% des personnes ont répondu qu’elles se sentaient bourbonnaises. Ce pourcentage a augmenté de 20 points en 15 ans. Quand nous aboutissons à des résultats aussi nets, il n’y a pas à hésiter. Que devient l’Allier ? C. R. La démarche n’enlève rien à l’Allier, ni à la rivière éponyme autour de laquelle nous avons un important projet de développement. Il y a le nom administratif et le gentilé. Il représente les hommes et les femmes, tout en incarnant l’alchimie entre la terre et ses habitants. Pour vous, que véhicule le mot « Bourbonnais » ? C. R. Il s’inscrit à la source de nos racines. Sans l’ancienne province du Bourbonnais, le territoire aurait été fractionné et le département de l’Allier, tel que nous le connaissons, n’aurait jamais existé. Désormais, nous devons faire du « Bourbonnais » une marque répondant aux enjeux touristiques et économiques actuels. Comment souhaitez-vous la développer ? C. R. Nous allons travailler autour de sa puissance évocatrice. Lorsqu’on pense « Périgord » ou « Dordogne », viennent à l’esprit des paysages, des saveurs, des sons… Le Bourbonnais doit aussi Reflets d’Allier/Novembre - Décembre 2018 Sorti r de l’anonymat pour être reconnu éveiller les sens. Pour parvenir à relever ce défi, nous devons mettre en avant nos atouts. Nous sommes des héritiers et il n’y a pas de droit d’inventaire, car l’héritage est riche. Comment cela ? C. R. Le Bourbonnais, c’est le berceau des rois de France mais également celui des luttes sociales. Le territoire vit aussi dans le présent, avec des grands groupes industriels, des innovations, un riche tissu culturel et associatif… Notre futur se construira sur les piliers qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Au-delà, avoir un nom constitue la première pierre d’un édifice qui va nous permettre d’être identifiés et de renforcer notre identité. Je suis confiant  : dans l’Allier, on n’est pas peu fier et on gagne à être connu. ◗ Un mot comme une marque Les mots vivent d’eux-mêmes. « Bourbonnais » en est le parfait exemple. Depuis longtemps, il revêt un caractère fédérateur et identifiant. Dans le monde de l’économie, du tourisme, du sport, de la vie associative, le terme est largement utilisé et participe à l’attractivité de l’Allier  : Maisons du Bourbonnais, La Bourbonnaise pour elle, confiture bourbonnaise, circuit du Bourbonnais, poulet bourbonnais, agneau du Bourbonnais, braque du Bourbonnais, Association française d’aide aux diabétiques du Bourbonnais, Bocage bourbonnais, Montagne bourbonnaise… L’appellation plaît et fait vendre, véhiculant authenticité et qualité.
Un lieu avant d’être une famill e Il est commun de confondre Bourbon et Bourbonnais. Nombre considèrent qu’à l’origine du Bourbonnais se trouve la célèbre famille. Mais c’est l’inverse. Si elle a incontestablement participé à sa réputation, c’est bien le lieu qui est à l’origine du nom de la dynastie. Vers 950, leurs ancêtres décident simplement de prendre le nom du château qu’ils viennent d’annexer à Bourbon (qui deviendra plus tard Bourbon-l’Archambault), baptisé ainsi à l’époque gallo-romaine, en hommage aux bras bouillonnants de Borvo, dieu des sources thermales. QUE DIT L’HISTOIRE ? Administration et érudits au secours du Bourbonnais POLÉMIQUE En 1790, la création des départements provoque un bouleversement dans le paysage français. De nombreuses provinces, trop grandes, sont démembrées. Celle du Bourbonnais, d’une taille déjà raisonnable, échappe à la serpette administrative, à l’exception du nord de la forêt de Tronçais et de légers réaménagements au sud. La province, issue de l’ancien duché (confisqué, puis tirelire pour les Reines Mères avant d’être une monnaie d’échange…) n’avait pas entièrement été purgée des enclaves royales (Cusset, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Neuilly-le-Réal). La création du département parachève le Bourbonnais et donne un sentiment d’appartenance. Celui-ci est renforcé au début du XIX e siècle par des auteurs romantiques tel Achille Allier (1807-1836). Il s’emploie à reconstituer son histoire, réhabilite son passé et redonne vie à la province, avec l’ouvrage L’Ancien Bourbonnais, qui sera terminé par ses contemporains suite à son décès prématuré. C’est une sorte de réinvention mais l’œuvre permet au Bourbonnais, déjà administrativement sauvé, de sortir de l’oubli à tout jamais. La lignée des rois de France est née à Bourbon-l’Archambault. LE DOSSIER ◗ 15 Un dEbat clos « Nous ne serons jamais des Alliénés ! ». Il y a 30 ans le débat faisait rage. À l’occasion de la célébration du bicentenaire des Départements, Jean Cluzel, alors président du Conseil général, devenu depuis Conseil départemental, fait remplacer le blason des Bourbons accolé un peu partout par le premier logo de l’institution. De nombreux habitants et représentants d’associations sont vent debout. Mais rien n’y fait  : l’Allier désignera le département et le Bourbonnais tout ce qui est relatif à la culture et à l’histoire. Le temps faisant son œuvre, le terme fédérateur regroupe aussi maintenant les habitants. J’ai grandi dans l’Allier. Dès l’école, on m’a appris que j’étais bourbonnais. Je trouve que nous sommes trop repliés sur nous-mêmes et que nous gagnerions à nous ouvrir. Nous avons plein de bijoux que nous ne mettons pas assez en valeur. C’est un magnifique département où il fait bon vivre mais je crois que notre manque d’unité dessert son image. BrunoL. Vichy Reflets d’Allier/#FierAllier



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