[03] Reflets d'Allier n°84 nov/déc 2016
[03] Reflets d'Allier n°84 nov/déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°84 de nov/déc 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (205 x 285) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : internet haut débit, bientôt connecté ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 ◗ LE DOSSIER Haut débit L’ALLIER ENGAGÉ Fotolia.com a Reflets d’Allier/Novembre-Décembre 2016 a Un budget de 90 M € F ace à l’absence d’initiative privée en dehors des agglomérations, le Département s’est engagé dans le Schéma directeur territorial d’aménagement numérique du territoire (SDTAN). Piloté par l’ancienne Région et rassemblant les quatre Départements auvergnats, il permet une mutualisation pour réduire les coûts et créer une zone plus attractive pour les opérateurs candidats à sa couverture. Pour le Département, cela représente un coût brut de 90 M € , échelonnés sur 24 ans. Fin 2017, le SDTAN arrivera au terme de sa 1 re phase (2013- 2017). Il aura atteint les objectifs fixés  : 81% des foyers éligibles au « triple-play » (internet, téléphonie et télévision sur le même accès) ; déploiement de la fibre dans des sites dédiés à l’enseignement, la santé… ; déploiement de la fibre dans différents chefs-lieux de canton ; garantie d’un débit de 8 Mbit/s à 100% des Bourbonnais. Sur ce dernier point pourtant, l’initiative publique et privée montre ses limites. Effectivement, tout le monde aura bien accès à ce débit mais pas dans les mêmes conditions et avec des grandes disparités en fonction de sa localisation et de la technologie accessible (fibre optique, ADSL, WifiMax, satellite). Autre inquiétude, le SDTAN est échelonné sur 3 phases. La première se termine, la deuxième (2017-2021) visant à accroître le « triple-play » à 91% des particuliers et aux zones d’activités économiques (ZAE) de niveau 2, est ferme. Mais, il n’y a aujourd’hui aucune garantie sur l’engagement des autres cofinanceurs sur la phase 3, censée couvrir 95% des particuliers en « triple-play », les ZAE de niveau 3 et accroître le déploiement de la fibre en dehors des agglomérations. Une solution alternative Or, dans son projet, l’Allier a placé l’accélération de l’aménagement numérique dans ses priorités. Comme de nouvelles solutions garantissant l’accès au haut débit émergent (4 G), il a décidé de s’en emparer, fort du soutien de la Région Auvergne- Rhône-Alpes. C’est un enjeu de taille  : il permet de répondre au déploiement du haut débit mais aussi à celui de la téléphonie, dont la couverture reste insuffisante dans le département. ◗ LA POSITION D’ORANGE Jean-Claude Garret, Directeur chez Orange des relations avec les collectivités locales, délégation régionale Auvergne Comment se déploie la Fibre Orange dans l’Allier ? J.-C. G. Nous déployons la fibre jusqu’au foyer (FttH) sur nos fonds propres dans les agglomérations. En parallèle, pour les autres secteurs, nous avons des relations étroites avec les collectivités, puisque Orange a remporté l’appel d’offres du Réseau d’initiative publique (Rip) Auvergne très haut débit, lancé dans le cadre du Schéma directeur territorial d’aménagement numérique du territoire (SDTAN). L’ensemble de ces réseaux sont ouverts à tous les opérateurs et Orange a pris la décision de commercialiser rapidement la fibre. À quel rythme irriguez-vous les agglomérations ? J.-C. G. Nous avons commencé le déploiement de la Fibre (FttH) dans l’agglomération moulinoise en 2013 et cela fait 2 ans à Montluçon et Vichy. Nos choix d’investissement s’effectuent en fonction de la qualité des débits ADSL. Par ailleurs, nous essayons d’aller là où il y a des immeubles pour avoir un déploiement plus rapide. À ces critères technico-économiques, s’ajoutent des critères marketing et un cadre budgétaire contraint. Nous nous trouvons sur un marché agité et très concurrentiel. Il ne nous permet pas de présenter un grand programme d’équipement. Nous avançons année après année, en relation avec chaque agglomération. Nous allons les rencontrer à la fin de l’année pour parler de nos prochaines opérations. Tenez-vous compte du nouveau découpage territorial des agglomérations ? J.-C. G. Notre engagement porte sur leur ancien périmètre. Cela génère de nouvelles problématiques pour les agglomérations, qui auront sur leur territoire des réseaux issus à la fois de l’intervention privée et de l’intervention publique. Hors des agglomérations, nous intervenons sur le réseau Auvergne très haut débit financé par les pouvoirs publics. C’est déjà le cas à Commentry, Malicorne, Montvicq, Bourbon-l’Archambault, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Continy, Loriges et Bayet. D’ici 2 ans, nous serons aussi présents à Durdat-Larequille, Villebret, Néris-les-Bains ou encore à Huriel et Varennes-sur-Allier. Tous les 6 mois, nous échangeons sur ces avancées avec le Conseil Départemental. Nous avons la volonté d’être transparent sur l’ensemble de nos investissements d’autant plus que la collectivité est ambitieuse sur ces questions. ◗
Paroles d’habitants... Aujourd’hui, les clients ne veulent plus attendre, il faut être en mesure de les servir tout de suite. Artisan- fleuriste à Moulins, j’ai été raccordée à la fibre à la fin du printemps. J’avais entendu une publicité à la radio. J’ai envoyé mon mari faire la démarche suite à des gros problèmes de connexion du terminal de carte bancaire du magasin, lors de la dernière Fête des mères. Entre deux clients, j’avais un temps d’attente insupportable. Non seulement cela renvoyait une mauvaise image de notre enseigne mais en plus ça créait de l’anxiété auprès de notre clientèle. Chacun se demandait si sa carte avait un problème ou si son compte était suffisamment approvisionné. J’ai cru devenir folle. Entre notre première démarche auprès de l’opérateur et la venue du technicien, nous avons attendu à peine quinze jours. Dès qu’il est parti, j’ai été raccordée au réseau. Avant, à chaque fois que mon terminal carte bleue se connectait, je tombais sur des numéros surtaxés et mes factures de téléphone explosaient. Désormais, je paye mon abonnement et rien de plus. Maintenant, tout va beaucoup plus vite  : en moins de 5 secondes, le règlement est validé. C’est plus confortable pour tout le monde. » Sylvie Nancy, 62 ans, artisan-fleuriste « À la magie des fleurs », Moulins C LE DOSSIER ◗ 15 Je profite de la fibre depuis le début de l’année. Six mois plus tôt, ma compagne a vu un technicien installer un boîtier sur notre maison mais nous n’étions pas encore éligibles. Finalement, nous avons été contactés es directement par Orange. L’opérateur s’est occupé de la résiliation de notre précédent abonnement et a fixé un rendez-vous avec un technicien pour faire les raccordements dans notre appartement. Comme nous sommes parmi les premiers utilisateurs de la fibre, nous bénéficions d’une super qualité de débit. Il est 10 fois plus puissant que celui que j’avais quand je vivais à Grenoble ou à Clermont-Ferrand. C’est incroyable, je n’ai jamais vu cela auparavant. Avant notre raccordement, nous avions un ADSL amélioré mais c’était beaucoup moins fluide. Nous le constatons quand nous regardons plusieurs programmes de vidéo à la demande ou bien quand nous sommes sur Skype. Cela n’a rien à voir. Comme nous bénéficions d’une promotion, nous payons pendant un an notre forfait haut de gamme le prix d’un abonnement classique ADSL. Pour moi qui suis informaticien et geek, le haut débit est un critère significatif pour m’installer quelque part. L’Allier a l’image d’un département enclavé. J’ai été agréablement surpris par le déploiement de la fibre à Saint-Pourçain-sur-Sioule. J’espère que cette technologie pourra se démocratiser pour tout le monde. » Benoît Marius, 31 ans, chef de projet informatique, Saint-Pourçain-sur-Sioule Ma société de vente de matériels agricoles emploie 45 personnes en milieu rural dans 6 sites dispatchés dans 3 départements. Ils sont tous branchés sur le même serveur à Treteau, siège de l’entreprise. Tous les mois, je paie 6 abonnements pour ne pas avoir le débit dont mes salariés auraient besoin pour gagner en compétitivité. Et cela coûte 51 000 € par an ! Dès que nous travaillons en dehors de notre réseau interne, nous nous retrouvons projetés à l’ère du minitel. Sincèrement, aujourd’hui, quand on souhaite entreprendre dans le monde rural, on se sent exclu de la société. Nous sommes obligés de subir, surtout pour des entreprises telles que les nôtres qui ne peuvent pas délocaliser leur activité dans les agglomérations. Pour avoir un débit correct, il faudrait que je résilie mes abonnements en cours, que j’investisse 12 000 € pour tirer une ligne en fibre optique à Treteau et que je m’acquitte pour cette dernière d’un abonnement mensuel de 1 840 € uniquement pour le siège social et de cinq autres abonnements complémentaires pour les autres sites. Ce n’est pas tenable. Nous avons cherché des solutions alternatives sans succès. Nous subissons cette situation, comme l’absence d’un réseau suffisant pour la téléphonie mobile. Ce sont deux handicaps lourds pour le développement économique de l’Allier. » Rodolph Dachard, 39 ans, PDG de la société Dachard SAS, Treteau Reflets d’Allier/allier.fr



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