[03] Reflets d'Allier n°49 octobre 2012
[03] Reflets d'Allier n°49 octobre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de octobre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : haie... qui es-tu ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DO3SIER Les haies constituent l’héritage vivant d’une partie de notre histoire. Siècle après siècle, les hommes les ont modelées. Les premières haies apparaissent au Moyen Âge. Déjà éléments artifi ciels, elles sont alors sèches et composées de végétaux préalablement coupés : branches d’arbres ou d’épineux tels que l’aubépine ou le prunelier. Elles assurent un rôle défensif, protégeant mottes féodales puis châteaux forts. Elles délimitent aussi l’enclos seigneurial. Aux x V i e et x V i i e siècles, le Bourbonnais connaît un processus d’appropriation du sol par une bourgeoisie urbaine. Cette mutation de la propriété s’accompagne notamment d’un remembrement parcellaire. Les haies bocagères peuvent alors apparaître comme l’instrument de cette mutation. La haie fixe les parcelles des ZOOM 12 Refl ets d’Allier - Octobre 2012 Haies, toute une histoire aristocrates et des bourgeois tout en favorisant la spécialisation dans l’élevage bovin spéculatif. Le métayage s’installe. L’exploitant n’est pas le propriétaire du sol mais le travaille et partage le produit de son labeur. Après la Révolution française, cette tendance s’affirme. De nombreuses espèces stables dans le temps, comme l’aubépine, le chêne et le châtaignier, sont privilégiées. Elles présentent aussi l’avantage de pouvoir être utilisées comme bois de chauffage. Elles servent également à confectionner divers objets : manches d’outils, petits meubles… On ne sait pas toujours que la haie vive a progressé en Bourbonnais à la période contemporaine. Certains baux de métayage stipulaient l’obligation de planter chaque année une certaine longueur de haie. L’aubépine est toujours en vogue mais le houx, le noisetier, le fusain, le troène, le cornouiller sanguin, etc., sont aussi tolérés. Au xx e siècle, et surtout dans les années d’après-guerre, l’appellation de « Bocage bourbonnais » apparaît. Arrive alors l’ère de la modernisation agricole. Les haies, très denses, même trop denses, au milieu du siècle, régressent alors fortement sous l’effet de la mécanisation agricole, de l’intensification des cultures, des remembrements, des nouveaux modes de consommation et de chauffage ainsi que de l’apparition du fi l barbelé. Aujourd’hui, cette histoire peut s’inverser, avec l’arrivée de nouveaux enjeux économiques qui créent un regain d’intérêt pour ce patrimoine riche de plusieurs siècles d’histoire. n (Source : « Le Bocage bourbonnais, regards sur un patrimoine », Antoine Paillet, éd. Loubatières, nov. 2011)
Des bouchures d’avenir La valeur paysagère du bocage appartient à tous. Cependant, cet enjeu collectif dépend de la volonté individuelle des propriétaires fonciers. Contrairement aux forêts, il n’existe aucune réglementation en matière d’arrachage ou de plantation de haies. Le paysage peut donc se modifi er très rapidement. Aujourd’hui, les agriculteurs sont les principaux gestionnaires des haies du département. Afin de les aider à réfléchir sur leurs pratiques, le Conseil général, avec le soutien de la Mission haies Auvergne, a engagé une grande campagne de sensibilisation. Elle se décline autour de différents aspects économiques. « L’entretien des haies a un coût pour les agriculteurs. Avec le Plan de gestion des haies, nous souhaitons les informer de leur potentiel et rendre économiquement positif leur entretien. », indique Sylvie Monier, responsable de la Mission haies Auvergne. La fabrication de plaquettes en est un. Contrairement au broyage, le déchiquetage offre de belles opportunités. Un outil adapté produit en une heure environ 30 m 3 de plaquettes. Elles peuvent servir à se chauffer mais aussi de litière pour les animaux : les vaches en Haie, qui es-tu ? « L’entretien des haies a un coût pour les agriculteurs. Avec le Plan de gestion des haies, nous souhaitons les informer de leur potentiel. » raffolent. « En 2011, les agriculteurs ont connu une sécheresse importante. Le prix de la paille s’est envolé. En équivalent tonne de paille, la plaquette revient à 64 €. C’est très rentable quand on sait que la tonne de paille s’est négociée à plus de 100 € en 2011 », poursuit la responsable de la Mission haies Auvergne, satisfaite de constater l’intérêt croissant des agriculteurs pour ces questions. Comme le matériel est onéreux, la Fédération départementale des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (FDCuma) de l’Allier est en cours d’acquisition d’une machine et organise des tournées de déchiquetage. Le lycée agricole de Durdat- Larequille a déjà testé le procédé. Celui de Neuvy vient de lui emboîter le pas. L’Allier est désormais le 1er utilisateur de plaquettes « bocagères » en Auvergne. Et ce n’est qu’un début. De nombreuses autres utilisations restent à développer. Toutes ces valorisations sont pertinentes puisque tout le monde s’y retrouve : elles permettent non seulement aux agriculteurs de gagner en autonomie mais assurent en plus la préservation des paysages du bocage. n Refl ets d’Allier - Octobre 2012 13



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