[03] Reflets d'Allier n°44 mars 2012
[03] Reflets d'Allier n°44 mars 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : le Pal se lodge à la belle étoile.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DO3SIER Luc Mary Directeur de la Sicaba, Bourbon-l’Archambault Notre structure coopérative a été créée en 1963 par cinq éleveurs. Elle a été à l’origine du 1er Label Rouge en viande bovine, en 1974. Dès l’année suivante, la Sicaba rachetait l’abattoir de Bourbonl’Archambault. La qualité n’a jamais cessé d’être au cœur de notre activité. Aujourd’hui, nous avons des Labels Rouges pour le bœuf, l’agneau et le porc. Ils représentent 50% de notre activité. Notre structure est atypique puisque 40% du reste de notre production concernent la viande bio. Ce secteur s’est particulièrement développé ces dernières années grâce à des investissements conséquents soutenus Grégory Bidaut Gaec Bidaut, Bransat Il y a 5 ans, je me suis installé en Gaec avec mon père. Notre exploitation de 235 hectares est tournée vers la polyculture, avec une dominante élevage. Près de 10% de notre cheptel, soit une trentaine de bovins, bénéficie du Label Rouge pour le Charolais Terroir. Quand on a l’habitude de bien travailler, ce n’est pas si compliqué que ça de répondre au cahier des charges. Le groupement de producteurs auquel nous adhérons nous permet de mieux valoriser nos produits. Nous sommes des naisseurs-engraisseurs. Tous les animaux nés sur l’exploitation sont destinés à la boucherie. Une partie de notre production céréalière est autoconsommée. Cela nous donne une plus grande autonomie en paille. Je pense que je me suis installé au bon moment. Les démarches administratives sont de plus en plus complexes. En tant que membre des Jeunes Agriculteurs du canton de Saint-Pourçain-sur-Sioule, ce sont des problématiques que nous abordons souvent. Les aides à l’installation nous engagent sur 10 ans. Ce n’est pas rien et il faut du temps pour « digérer » des investissements souvent très lourds. » n 16 Reflets d’Allier - Mars 2012 par la Région et le Conseil général. La Sicababa se place au 128 e rang des abattoirs nationaux, avec un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. Elle reste une petite structure qui s’approvisionne majoritairement dans un rayon de 30 km autour de Bourbonl’Archambault. Cependant, grâce à son positionnement sur des demandes qualitatives, elle a pu traverser les différentes crises. Aujourd’hui, nos produits sont distribués de Boulogne-sur-Mer à Menton, essentiellement chez des bouchers et dans la restauration, qu’elle soit commerciale ou collective. Nous avons aussi nos propres magasins à Bourbon-l’Archambault et à Moulins. Dominique Fusil Gaec Treillis, La Chapelle-aux-Chasses Actuellement, nous misons sur le développement de l’abattage des agneaux sous signe de qualité. C’est une forte attente de nos producteurs locaux, nous allons donc augmenter notre capacité d’abattage. » n Nous avons créé avec mon frère Michel notre Gaec en 1996. Nous avons travaillé en indépendants avant de mettre en place notre Groupement agricole d’exploitation en commun. C’était plus intéressant en termes de fiscalité et de comptabilité. Comme il n’est jamais bon d’avoir tous ses œufs dans le même panier, nous avons tout de suite diversifié notre activité, avec des céréales, des vaches et un poulailler Label Rouge. Au départ, cela nous a demandé des investissements plus conséquents. Mais c’est sécurisant puisqu’il est rare que toutes les productions agricoles aillent mal en même temps. Nous adhérons aussi à une coopérative avec laquelle nous passons des contrats pour les céréales. C’est une visibilité supplémentaire. La première raison d’être de notre métier est de nourrir la population. Toutefois, c’est de plus en plus dur, notamment en raison des charges face à une concurrence particulièrement agressive des pays de l’Est. Je crois que la différence peut se faire sur la qualité de nos productions et grâce à des circuits de distribution plus courts. » n
TÊTE À TÊTE Pour Alain Lognon, vice-président du Conseil général chargé de l’agriculture, du tourisme, de la ruralité et de l’accueil de nouvelles populations, l’Allier a de nombreux atouts pour répondre aux enjeux d’une agriculture moderne, autonome et respectueuse de l’environnement. En plaçant l’autonomie des exploitations agricoles au cœur de l’Agri’Plan, le Conseil général aurait-il anticipé une évolution sociétale ? Effectivement, le « Acheter français » fait un retour en force en ce moment. Toutefois, il n’y a aucun protectionnisme dans notre démarche. Il s’agit de remettre du bon sens dans les méthodes de production comme dans les circuits de transformation et de distribution. Il ne faut pas oublier que la 1 ère fonction de l’agriculture est de nourrir la population humaine. Les aides de notre plan agricole s’inscrivent dans cette logique. Derrière nos interventions, il y a en jeu des emplois mais aussi la sécurité alimentaire. À propos d’emplois, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. Est-ce un danger pour notre territoire ? Bien plus qu’on pourrait a priori le croire. Des structures trop grandes ont des conséquences désastreuses sur l’aménagement du territoire. Elles entraînent une désertification des campagnes et ont un impact direct sur le secteur agroalimentaire. Lorsque les productions sont moins diversifiées, elles génèrent forcément moins d’échanges commerciaux. Tout le réseau socio-économique gravitant autour du monde agricole en pâtit. Que faites-vous pour contrer cette tendance ? Nous privilégions la diversification des productions, avec des aides financières ciblées. C’est une garantie de revenus Deux allies de qualite INFORMATIONS UTILES pour les agriculteurs et le gage d’une plus grande sécurité. Le Conseil général soutient également, à la hauteur de ses moyens, l’installation des jeunes, qu’ils bénéficient ou non des aides de l’État. Rien n’a changé de ce côté depuis maintenant plus de 30 ans. Il faudrait des aides européennes plus en rapport avec la réalité pour qu’ils puissent disposer d’une solide trésorerie. Quels sont les atouts de l’Allier pour séduire ces jeunes ? Nous avons la chance d’avoir un département bien organisé autour de ses filières. Plusieurs groupements de producteurs ont leur abattoir et leur circuit de distribution. Les agriculteurs peuvent s’appuyer sur cette dynamique. Par ailleurs, de nouveaux débouchés émergent. C’est le cas au Naturopôle à Saint-Bonnet-de-Rochefort avec l’utilisation de plantes nécessaires à la réalisation d’huiles essentielles et de produits de beauté. Par ailleurs, le Conseil général va soutenir l’achat d’une déchiqueteuse de bois destinée au paillage des animaux via une coopérative départementale d’utilisation de matériel en commun (Cuma). Ces demandes remontent du terrain. Il semblerait que vous attachiez une attention particulière à ces « remontées de terrain » … Bien entendu, puisqu’elles sont fondamentales. D’ailleurs, nous travaillons déjà à l’élaboration du prochain Agri’Plan avec les représentants des différentes filières. Nous allons conserver l’autonomie comme fil conducteur en explorant de nouvelles pistes comme l’incitation à la production de légumineux et de toutes plantes protéinées. Près de 90% des protéines consommées par les bovins de l’Allier sont achetée s hors de l’Europe. Il est temps de les produire dans nos exploitations. Nous en avons la possibilité. n Reflets d’Allier - Mars 2012 17



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