[03] Reflets d'Allier n°41 décembre 2011
[03] Reflets d'Allier n°41 décembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (229 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : nouvelles ruralités... fierté, espoir, ambition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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www.Dossier allier.fr Rencontres avec… Guillaume Ducleroir 27 ans, futur médecin à Lapalisse J’ai intégré le dispositif Wanted du Conseil général l’année dernière. Il vise à lutter contre la désertification médicale en zone rurale. Dans un an et demi, après mon internat, je m’installerai dans la Maison de santé pluridisciplinaire de Lapalisse. Le dispositif, en dépit de son incitation financière, est loin d’avoir été le seul élément à me convaincre ; tout comme les attaches familiales que j’ai ici. Je souhaitais avant tout pouvoir exercer ma profession dans une Maison de santé. Je pense que ces structures contribuent directement à l’amélioration de la qualité des soins. De plus, elles permettent aux professionnels de travailler avec un esprit d’équipe et dans de meilleures conditions. La Mission Accueil du Département m’a permis de rencontrer des médecins déjà installés. Elle m’a également informé sur les différents projets qui étaient en cours de réalisation. En comparant les diverses opportunités d’installation, j’ai pu peser leurs avantages et leurs inconvénients mais aussi m’assurer de l’implication des professionnels de santé et des élus. Elle peut énormément différer d’un territoire à l’autre. Les offres de service ont également pesé dans le choix que nous avons réalisé avec ma compagne qui me rejoindra dans cette Maison de santé à la fin de ses études. Il est impossible de prévoir l’avenir, mais nous avons essayé d’identifier un maximum d’éléments pour nous assurer une installation paisible et conforme à nos souhaits. » 7 Aurélie et Jean-Marc Balboa Gérants d’un bar et d’un commerce multiservices à Thionne Nous avons repris l’épicerie de Thionne en juillet 2009. Nous venions des Bouches-du-Rhône. Ma femme travaillait dans la grande distribution et j’étais conseiller en bricolage pour les intérieurs et les extérieurs. Nous avions envie d’une maison mais c’était inabordable. Nous tombions régulièrement sur des reportages montrant des couples qui avaient repris des commerces en zone rurale. On a commencé à faire des recherches sur internet pour trouver une affaire dans nos prix. Nous sommes tombés sur l’Allier par hasard. Nous avons été attirés par le sérieux de l’annonce qui mentionnait la Mission Accueil du Conseil général. Nous avons d’ailleurs rencontré ce service qui a joué la transparence quant au bilan financier de ce commerce. Les élus locaux nous ont 18////Décembre 2011 également accompagnés. C’est agréable qu’un maire, même en déplacement, prenne le temps de vous appeler pour caler les choses. En plus du commerce et de nos tournées, depuis un peu plus d’un an, nous avons aussi en gestion le bar. Nous organisons régulièrement des soirées pour participer à l’animation locale. Tous les habitants ne jouent pas le jeu, mais franchement nous ne regrettons pas notre choix. Nos deux enfants vivent dans un cadre de vie exceptionnel. Nous avons pu créer des liens avec la population, nous intégrer. Il arrive à notre petit dernier de partir chez un agriculteur pour un tour de tracteur, à la grande de faire du cheval. Ils n’auraient jamais pu vivre cela en ville. Nous leur réservons notre mercredi, sinon le magasin est ouvert tous les jours de 8 à 13 heures et de 15 à 20 heures, Aurélie Robalo-Amelot et Julien Robalo Vendeuse-conseil et technicien dans un studio d’enregistrement, à Moulins Nous avons tous les deux 30 ans et sommes heureux de vivre dans l’Allier. Ici, nous avons une excellente qualité de vie, loin du stress des grandes villes. En même temps, le département occupe une position centrale qui nous permet rapidement de rejoindre Lyon, Paris ou Montpellier. C’est vraiment quelque chose que nous apprécions. Dès que nous avons quelques jours de congés, nous pouvons rapidement nous programmer un week-end sympa. Nous sommes proches de tout, que ce soit en train ou en voiture. Originaires de l’Allier, nous nous sentons bien ici. Nous pourrions évidemment partir, voir autre chose, mais nous aurions forcément envie de revenir, de retrouver notre famille et nos amis. En plus, nous n’avons jamais eu de difficulté particulière à trouver du travail dans nos secteurs d’activité. Autre atout de l’Allier : le prix de l’immobilier qui reste encore accessible. Non, vraiment nous ne voyons que des avantages à vivre dans le Bourbonnais. Le seul bémol que nous pourrions noter concerne peut-être l’offre culturelle. Nous nous intéressons au rock, et dans le bassin moulinois plusieurs lieux ont dernièrement fermé. C’est dommage de ne pas avoir d’endroit pour passer une soirée en musique, dans une ambiance chaleureuse. » 7 sauf le dimanche après-midi. C’est beaucoup de travail. Pour l’instant, nous continuons d’asseoir notre activité, mais nous ne manquons pas d’idées, notamment autour de la valorisation des loisirs de pleine nature. Nous réfléchissons à la mise en place de location de VTT en réseau avec d’autres épiceries du coin. Il y a un potentiel dans ce domaine qui, à mon sens, n’est pas encore assez exploité. » 7
Pierre-Marie Tissier Propriétaire et directeur du Château d’Ygrande Avec mon épouse, Christine Malergue, médecin cardiologue, nous avions depuis plusieurs années l’envie d’acheter un château avec des terres pour y créer un lieu d’hébergement touristique. À l’époque, nous vivions tous les deux à Paris. J’exerçais dans l’industrie médicale. J’ai découvert l’Allier à l’occasion des obsèques de mon beau-père ; lui aussi était parisien alors que toute sa famille résidait autour de Chantelle. L’esthétisme de la région et ses grands espaces m’ont immédiatement séduit. La composante économique et mon intérêt pour le marketing autour de projets novateurs nous ont permis de franchir le pas. Nous avons ouvert le Château Hôtel d’Ygrande le 1er mai 1999. L’accueil a été chaleureux du côté des élus puisque nous étions potentiellement créateurs d’emplois. J’ai souhaité immédiatement positionner l’établissement sur un créneau original. Il est plus simple de conduire des travaux – nous avons rénové l’ensemble du château – que de faire venir la clientèle à Ygrande. Il fallait donc trouver un positionnement attractif ! Ce fut le charme associé à la qualité. Au début des années 2000, les hôtels de grand confort orientés sur le charme n’étaient pas si courants et dans mon ancien métier, la démarche qualité était une composante incontournable. J’ai appliqué les deux recettes au château, avec une écoute très précise de l’attente des clients. En 2005, je me suis battu pour avoir l’ADSL. Il me fallait le haut débit afin de prendre de l’essor et bénéficier de la technologie des réservations en ligne. Nous avons proposé très rapidement des produits packagés avec différents thèmes, comme les visites du patrimoine, les cours de cuisine, le cyclotourisme et bien entendu l’équitation. Le haras est une activité sentimentale et stratégique. J’ai tout simplement copié ce qui se faisait pour le golf et je l’ai appliqué au monde équin. Très peu d’hôtels développent ce concept. Pour résoudre l’équation économique liée à la forte saisonnalité de l’activité équestre, le haras du Château d’Ygrande et sa directrice, Annabelle Fréby, assurent tout au long de l’année le pré-entraînement des jeunes chevaux de course. La belle saison est plus propice à l’initiation, à l’instruction et aux promenades à cheval. Aujourd’hui, je me penche sur le développement durable. J’ai déposé un dossier à l’Afnor afin d’obtenir l’Ecolabel TM européen. Cela a demandé des investissements importants comme des changements dans la méthode de travail avec mon équipe qui compte de 10 à 22 personnes, selon la saison. Je ne regrette pas d’être venu dans l’Allier. Investir ici a donné un sens à ma vie. J’aime les gens avec qui je travaille, même si je me rends bien compte que j’ai une fâcheuse tendance à un certain paternalisme. » 7 Nouvelles ruralités : Fierté, espoir, ambition Vincent Allier Artiste indépendant à Châtillon J’ai quitté Moulins après la classe de 3 e pour suivre une école d’arts graphiques à Paris. Après mon service militaire, j’ai passé une dizaine d’années à Clermont- Ferrand avant de faire une formation de tailleur sur pierre à Volvic. Avec ma famille, nous avons vécu pendant 3 ans dans la Creuse. Mais ce n’est pas facile de tailler du granit à la main… Nous cherchions à revenir dans l’Allier, et plus particulièrement dans le Bocage. Nous avons trouvé très rapidement une petite maison qui nous convenait. Le temps des travaux, nous avons vécu dans une yourte. Cela a éveillé la curiosité des gens. Mais c’était une curiosité positive. Je n’ai jamais eu aucun retour négatif. De fil en aiguille, nous avons rencontré des gens, nous nous sommes investis dans la vie associative locale. J’ai tout de suite eu envie d’être acteur de cette commune. Les nouvelles campagnes sont bien plus métissées qu’on ne Pierre Valentin Président-fondateur de Polival à Montluçon les imagine. L e s h a b i - t a n t s on t voyagé, ont une histoire à partager. J’a p pr é ci e l’ouverture d’esprit des Bourbonnais. Je suis aussi sensible à la beauté et à l’histoire du département, tout comme à son environnement. Nous ne sommes pas des écolos forcenés mais nous aimons vivre entourés d’espaces naturels préservés. Par rapport au travail, les choses se sont faites tranquillement. J’ai pris un congé parental pour m’occuper de nos deux filles. Je préfère laisser des souvenirs qu’un tas de pierres. Je donne régulièrement des cours de jonglage et anime différents ateliers. Aujourd’hui, par rapport au fonctionnement du monde, nous nous considérons comme des privilégiés. Il n’y a rien d’intelligent à ne pas être heureux. » 7 Dès 1999, j’ai commencé à travailler sur les gisements des déchets d’équipements électriques et électroniques. À l’époque, il s’agissait essentiellement d’appareils électroménagers. J’ai rapidement créé deux sociétés en Savoie. Je cherchais un outil industriel pour faire de la matière première secondaire à partir de mélange de différents plastiques (polymères). Dès 2005, j’ai effectué des recherches pour mettre en place un process capable de trier les plastiques par familles. J’ai fini par trouver un outil innovant et performant répondant à mes attentes. J’ai été très rapidement intéressé par une implantation dans l’Allier. En effet, la position centrale du département me permettait d’optimiser les coûts de transport et de mieux gérer mon bilan carbone, mon activité s’adressant à la France entière. Je connaissais un entrepreneur montluçonnais qui disposait d’un site susceptible d’accueillir l’implantation de Polival. Notre société a reçu un très bon accueil des collectivités. Tout le monde s’est montré très dynamique. Quant au Comité d’expansion économique de l’Allier, son rôle a été déterminant. Il a été une solide passerelle entre notre société, la Préfecture et le Conseil régional, en passant par le Conseil général mais aussi la Mairie. J’ai senti des élus et des représentants des pouvoirs publics impliqués et intéressés. Ce n’est pas le cas partout. Alors que la période est très difficile, chacun a apporté sa pierre à l’édifice. La production de Polival débutera au début de l’année. Nous avons commencé nos recrutements cet automne. D’ici deux ans, nous pensons employer de 50 à 70 personnes, avec, à terme, un objectif de traitement et de transformation de 70 000 tonnes de plastique par an. Aujourd’hui, notre laboratoire de formulation nous donne la possibilité de répondre à tous les cahiers des charges de matière première secondaire prête à l’emploi pour la plasturgie. Je suis confiant et serein quant au choix de l’Allier pour commencer cette nouvelle aventure. » 7 Décembre 2011////19 Polival



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