[03] Reflets d'Allier n°39 octobre 2011
[03] Reflets d'Allier n°39 octobre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de octobre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de l'Allier

  • Format : (229 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : croire en l'avenir de nos aînés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Réforme de la dépendance Des orientations mais pas de vote Grande « Arlésienne », la réforme de la dépendance revient régulièrement sur le devant de la scène. Au début de l’été, les quatre groupes de travail nationaux, désignés pour travailler sur le sujet, ont remis leurs rapports à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale. Bien que la réforme ait été reportée une fois de plus par le Gouvernement, plusieurs pistes font consensus pour les participants à ces groupes, comme la poursuite du financement public, la priorité du maintien à domicile avec la création d’un parcours coordonné, le soutien aux aidants et la diminution des sommes restant à la charge des résidents dans les établissements.ls étaient quatre. Quatre groupes de travail, qui pendant six mois, ont travaillé sur la réforme de la dépendance. Tous ont rendu leurs conclusions, juste avant les vacances d’été à la ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot. S’appuyant sur différentes hypothèses, nombre d’entre elles se croisent et se complètent. Plus juste et plus efficient ? Pour le groupe « Stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées », trois scénarios ont été proposés : la consolidation du système en place ; la création d’une assurance universelle, obligatoire et gérée par répartition ; l’instauration du principe d’une assurance privée obligatoire. Il a marqué sa préférence pour sa première proposition (consolidation du système en place), tout en indiquant qu’il le souhaitait plus juste et plus efficient. Le groupe de travail « Accueil et accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie » a donné plusieurs orientations. Il souhaiterait qu’un « parcours de vie » soit mis en place en direction des personnes âgées. Celui-ci respecterait leur libre choix, induisant la préférence donnée au maintien à domicile. Il a également mis en avant le coût trop élevé de l’hébergement pour de nombreuses familles. Au-delà, son vœu est d’insister sur la qualité de l’offre et son efficacité. Pour lui, l’urgence n’est pas dans la création de places mais dans une amélioration de l’organisation, avec une nouvelle architecture autour d’un parcours coordonné. Le groupe « Société et vieillissement » a planché, quant à lui, sur la notion du bien vieillir. Intégration du vieillissement dans les politiques 14////Octobre 2011 publiques, changement du regard, prévention de la perte d’autonomie et adaptation du logement, organisation des réponses autour des besoins de la personne âgée et de ses aidants, là aussi la coordination est l’un des mots clés pour la réussite du projet. Enfin, le groupe « Perspectives démographiques et financières de la dépendance » a avancé trois hypothèses. Celles-ci ont été arrêtées en sachant qu’il ne se dégageait pas de tendance claire sur l’évolution de la dépendance à long terme. Toutefois, il a pu s’appuyer sur les dernières analyses statistiques de l’Institut national des études démographiques qui laissent entrevoir un récent ralentissement de la progression de l’espérance de vie sans incapacité. La 1 re hypothèse est une hypothèse pessimiste, avec la stabilité des taux de dépendance. La 2 e est optimiste, avec un gain d’espérance de vie sans incapacité. La 3 e hypothèse est neutre. Répondre à des priorités Aujourd’hui, rien n’est vraiment tranché. Il s’agirait pour le Gouvernement de répondre à quatre éléments d’urgence bien identifiés : le reste à charge trop élevé en établissement, les problèmes financiers des services d’aide à domicile et des Départements mais aussi le soutien aux aidants familiaux. Après avoir envisagé d’introduire ces éléments dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012, et même dans la loi de Finances, le Gouvernement a différé en septembre sa réforme. Elle sera reporté début 2012. Mais nombre d’experts considèrent aujourd’hui qu’elle a peu de chances d’aboutir avant la prochaine élection présidentielle 7 La dépendance au niveau national En 2010, les dépenses prises en charge autour de la dépendance ont été évaluées à 24 milliards d’euros, dont 42% étaient des dépenses de soins. En 2010, 727 000 personnes ont bénéficié de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), pour un coût de 3,4 milliards d’euros. L’APA a connu un taux de croissance de 12,8% entre 2002 et 2010. En moyenne, le taux de couverture est de 86% pour les dépenses à domicile et de 72% en établissement. www.allier.fr
croire en l’avenir de nos aînés « Un système assurantiel pèserait trop sur les personnes déjà fragilisées » Marie-Françoise Lacarin, vice-présidente chargée des solidarités au Conseil général, apporte son éclairage sur les orientation dégagées par les groupes de travail nationaux. Au-delà de la question financière, trop réductrice, elle prône la création d’un véritable projet de société. Reflets d’Allier : Que pensez-vous des orientations des groupes de réflexion qui ont travaillé autour de la future réforme de la dépendance ? Marie-Françoise Lacarin : Je reste très méfiante. Les commissions ont des déclarations d’intention qui répondent bien aux attentes de la population. C’est le cas avec, par exemple, la diminution des sommes restant à la charge des résidents dans les maisons de retraite. Cependant, dans leur mise en œuvre, je ne rejoins pas les pistes retenues. En plus, je suis contre le fait d’envisager la perte d’autonomie seulement comme une charge financière pour la société. Reflets d’Allier : Quel regard portezvous sur cette question ? Marie-Françoise Lacarin : Nous avons un devoir de solidarité intergénérationnelle envers nos aînés. Ils ont participé à l’enrichissement du pays, ils méritent la reconnaissance de la société. En parallèle, il ne faut pas oublier leur apport économique. Dans l’Allier, en sept ans, la perte d’autonomie a permis de créer l’équivalent de 850 emplois à temps plein. Ce n’est pas rien ! Reflets d’Allier : Quels sont vos principales réticences autour de cette réforme qui est une fois de plus reportée ? Marie-Françoise Lacarin : Je suis clairement opposée au fait d’avoir recours aux assurances privées pour couvrir les frais qui pourraient découler de la perte d’autonomie. Je prône une solidarité au niveau national qui permettrait d’avoir une plus grande équité entre les territoires. Le système assurantiel pèserait trop sur des personnes qui sont déjà fragilisées et qui, pour certaines, ont déjà renoncé à se faire soigner par manque de moyens. Je ne peux pas cautionner cela. J’ambitionne une autre société pour notre pays. Je n’ai pas envie que les écarts continuent de se creuser. Je n’adhère pas plus à l’hypothèse qui serait de sortir du dispositif de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) les bénéficiaires qui relèvent du GIR 4 (niveau de dépendance). Ces personnes représentent 65% des dossiers que nous gérons dans l’Allier. L’APA leur permet de rester chez elles et répond à un véritable besoin. Marie-FranÇoise Lacarin, vice-présidente chargée des solidarités au Conseil général Et que dire du recours au patrimoine lorsque celui-ci atteint 150 000 € ? C’est un retour en arrière qui se profile. Reflets d’Allier : La solidarité familiale semble aussi centrale dans les conclusions des groupes de travail… Marie-Françoise Lacarin : Bien entendu, elle est importante. Mais c’est aussi nier les difficultés liées à la configuration actuelle des familles. Il est maintenant rare de trouver plusieurs générations sous un même toit. La solidarité familiale atteint ses limites lorsqu’elle est confrontée à la réalité de la vie avec des enfants et des petits-enfants qui vivent à plusieurs centaines de kilomètres. Pas facile de porter la soupe du soir dans de telles conditions. C’est une réalité de notre société, nous devons en tenir compte. Et lorsque la famille est présente, il est nécessaire de pouvoir mieux l’accompagner, tout en lui offrant la possibilité d’avoir des moments de répit. Reflets d’Allier : Mais comment envisagez-vous le financement de cette solidarité nationale ? Marie-Françoise Lacarin : L’argent, il y en a. Les moyens financiers existent. Il faut les réorienter. Actuellement, nos acquis sociaux sont basés sur la contribution du monde du travail aux différentes caisses. Les produits financiers ne participent pas à cette richesse. Il faut se poser les vraies questions sur ce sujet, comme sur les impôts. Je le répète, mais c’est un choix de société. Nous ne devons pas oublier que nous sommes potentiellement des personnes âgées en devenir. Il faut arrêter d’opposer les jeunes et les vieux, les salariés et les demandeurs d’emploi… Derrière la question de la perte d’autonomie, il y a aussi la question de la dignité humaine. C’est à nous de savoir ce que nous voulons. 7 Octobre 2011////15



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