[02] l'Aisne n°222 nov 18 à mar 2019
[02] l'Aisne n°222 nov 18 à mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°222 de nov 18 à mar 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (210 x 250) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : mobilisés pour l'Aisne !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 dans nos villages Une patate d´enfer Avec une augmentation de la demande mondiale de 4 à 5%, la pomme de terre est un produit d’avenir. Pour Arnaud Delacour, agriculteur axonais et président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), l’Aisne a une vraie carte à jouer. « Plus de 60% de la production française de pommes de terre vient des Hauts-de-France » annonce Arnaud Delacour. Si les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme sont arrivés au maximum de leurs capacités de production, ce n’est pas le cas de l’Aisne. « Nous avons de bonnes terres, d’importantes réserves en eau et un fort potentiel de développement. » La pomme de terre est un produit d’avenir. « Les grandes chaînes de restauration rapide ont occidentalisé les habitudes alimentaires. #Aisnemag n°222 La demande mondiale en pommes de terre augmente de 4 à 5% par an. C’est énorme ! » Et l’Aisne est idéalement situé. « Nous sommes à quelques heures seulement de grandes capitales européennes, comme Londres, Bruxelles ou Berlin, et des grands ports du nord de l’Europe qui desservent le monde entier. Si le grand canal Seine-Nord Europe voyait le jour, ce serait un atout supplémentaire. » quelques CHIFFRES 800 exploitations 3 e département pour la pomme de terre de féculerie 5 576 ha pour la pomme de terre de consommation 2 785 ha pour la pomme de terre de féculerie 320 emplois dans la transformation et le négoce 70% des frites produites en France viennent des Hautsde-France
Des besoins spécifiques La pomme de terre a besoin d’une terre ni trop argileuse, ni trop sableuse, comme dans le Soissonnais et le Laonnois. Elle a également besoin d’eau, dont elle est constituée à 60%. « L’irrigation est un facteur clé du développement de la filière dans notre département » explique Arnaud Delacour. Très encadrée, elle nécessite de nombreuses études d’impact environnemental avant d’obtenir une autorisation préfectorale. « Nous prélevons en profondeur sans toucher aux réserves d’eau de consommation et le volume d’eau utilisé nous est facturé. Le sous-sol axonais est une véritable éponge, nous avons d’énormes réserves qui, conjuguées à notre savoir-faire et à la qualité de nos terres, sont autant d’atouts reconnus par tous les industriels ouest-européens. » La pomme de terre et l’industrie L’équation est relativement simple  : il manque 400 000 tonnes par an pour alimenter les seuls marchés de la France, la Hollande, la Grande- Bretagne, la Belgique et l’Allemagne. « Avec une production moyenne de 40 tonnes à l’hectare, il faut 10 000 hectares pour répondre à ce besoin. Nous les avons dans l’Aisne. » 400 000 tonnes correspondent aussi aux besoins annuels d’une grosse usine comme McCain, implantée à Matougues, chez nos voisins marnais. « Avec tous nos atouts nous pourrions être un site plus qu’intéressant pour des industriels. » Notre département accueille déjà à Vic-sur-Aisne un des leaders mondiaux du marché des biscuits apéritifs. Intersnack, groupe allemand qui a racheté Vico, a su se moderniser en s’appuyant sur les producteurs locaux et des équipes compétentes et motivées. L’usine produit entre autres les célèbres Curly, Monster Munch et de nombreuses variétés de chips. Les pommes de terre de conservation alimentent l’industrie agroalimentaire pour la fabrication de chips, de purée et de frites. Mais nos agriculteurs cultivent également la pomme de terre de féculerie. L’Aisne se classe à la 3 e place des départements producteurs. Riches en amidon, ces pommes de terre sont utilisées dans la cartonnerie, la papeterie, l’agroalimentaire ou la fabrication de plastiques biosourcés. dans nos villages 15 Arnaud Delacour producteur de pommes de terre Installé à Dommiers, Arnaud Delacour est un agriculteur engagé. Elu président de l’UNPT (qui représente 80% des producteurs) en 2014, il est également à la tête du groupe de travail pomme de terre du COPA-COGECA (organisation représentant les producteurs et les coopératives au niveau européen). Pour cet agriculteur, il est nécessaire de penser la production agricole à l’échelle mondiale, dans une perspective de filière, en synergie avec les industries agroalimentaires. Mais il n’en oublie pas pour autant son enracinement local. « Mon métier est de nourrir les gens. Et pas seulement ceux qui peuvent acheter nos produits... Beaucoup d’agriculteurs du département sont solidaires avec les plus fragiles de nos concitoyens en donnant par exemple à l’épicerie sociale de Soissons ou en proposant un peu de travail au moment des récoltes à des personnes bénéficiaires du RSA. Nous ne devons pas uniquement travailler pour le profit, mais également pour le partage et le lien social. » n°222 #Aisnemag



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