[02] l'Aisne n°220 mar/avr/mai 2018
[02] l'Aisne n°220 mar/avr/mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°220 de mar/avr/mai 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (210 x 250) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : un pas vers l'emploi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 budget A l’occasion du vote du budget, Nicolas Fricoteaux, Président du Conseil départemental, s’exprime sur la situation financière du Département et son combat pour faire entendre la voix des territoires ruraux. L’enjeu est capital  : donner aux Départements les moyens de poursuivre leurs missions de service public. Le saviez-vous Chef de file des solidarités humaines, le Conseil départemental de l’Aisne consacre 364 M € aux dépenses sociales (soit 71,55% de ses dépenses de fonctionnement). « L’action sociale est la compétence première du Département et elle ne se résume pas au RSA ! Il s’agit aussi de l’enfance et de la famille, avec un budget de 70 M € , mais aussi des allocations pour l’autonomie des personnes âgées et pour les personnes en situation de handicap, l’APA et la PCH, qui représentent des volumes importants » rappelle le Président Fricoteaux. #Aisnemag n°220 printemps 2018 « 2O18  : année charnière » u AISNE’mag  : Comment qualifieriezvous le budget 2018 ? Nicolas Fricoteaux  : Extrêmement contraint mais nous préservons l’essentiel des politiques de solidarités humaines et territoriales menées par le Conseil départemental. L’investissement est conforme à nos capacités. En cours d’année, nous espérons financer d’autres opérations. Tout dépendra des décisions du gouvernement concernant la prise en charge des allocations de solidarité, des mineurs étrangers non accompagnés et une meilleure redistribution des ressources entre les Départements. u AISNE’mag  : La question revient souvent chez nos lecteurs  : à quoi servent nos impôts ? N. F.  : Ils financent des services à la population. Le Département perçoit l’impôt sur le foncier bâti, qui n’a pas augmenté depuis 2010 (156 M € ) ; les dotations de l’Etat, notre ressource principale ; enfin, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Cette taxe sur les transactions immobilières représente 42,5 M € en prévision pour 2018, soit 33 M € de moins que la moyenne nationale si on calcule par habitant ! C’est une recette très inégale en fonction des Départements. u AISNE’mag  : Comment sortir de cette situation ? N. F.  : Nous subissons la double peine  : plus un Département est pauvre, plus il a de dépenses sociales, donc besoin de ressources. L’Aisne a une fiscalité élevée car nos DMTO sont bas du fait de notre faible attractivité compte tenu de l’absence de métropole. Au sein de l’ADF (Assemblée des Départements de France), plusieurs Présidents, toutes sensibilités politiques confondues, dénoncent cette iniquité
sociale. Pour sortir de l’impasse, il faut nécessairement une meilleure répartition des ressources entre Départements, une prise en charge plus importante des 3 allocations individuelles de solidarité (AIS) par l’Etat et enfin rendre nos départements ruraux plus attractifs. Ce combat dépasse les clivages politiques et rassemble les 42 élus de notre assemblée départementale. En janvier, 5 élus siégeant sur d’autres bancs ont fait le choix de s’allier à notre majorité pour contribuer activement aux décisions que nous serons amenés à prendre dans l’avenir. Cette majorité élargie est aussi un signal fort envoyé à l’ADF et au gouvernement. u AISNE’mag  : Quelles sont les priorités du Conseil départemental pour 2018 ? N. F.  : En matière budgétaire, nous avons 3 priorités. Tout d’abord retrouver des marges de manœuvre. Nous limitons nos dépenses de fonctionnement mais nous devrons peut-être abandonner certaines politiques volontaristes… tout dépendra des réponses de l’Etat à nos revendications… D’où notre seconde priorité  : se faire entendre au sein de l’ADF pour un meilleur partage des ressources entre les Départements. Nous sommes nombreux à être dans une situation compliquée et devons nous fédérer pour faire entendre notre voix. Les maires et les parlementaires de l’Aisne soutiennent notre démarche  : l’Etat doit prendre des mesures pour réduire l’écart entre territoires ruraux et urbains. u AISNE’mag  : Vous avez adressé 25 propositions au chef de l’Etat au sujet de l’avenir des territoires ruraux. Quelles mesures attendez-vous ? N. F.  : Par exemple, la création de zones franches rurales induira une baisse des charges, ce qui faciliterait l’implantation d’activités économiques créatrices d’emplois. Nous demandons plus d’équité entre les Départements et de la discrimination positive pour les territoires ruraux. Par ailleurs, nous sommes vigilants quant au maintien des infrastructures routières et ferroviaires. En matière de téléphonie mobile, nous souhaitons une redéfinition des zones pour lesquelles le réseau est insuffisant. C’est un point sur lequel nous avançons. Nous commençons à être entendus, en matière de désertification médicale et d’implantation de maisons de santé par exemple. De même, des annonces ont été faites concernant le Château François 1er à Villers-Cotterêts qui a vocation à devenir un lieu culturel de dimension internationale. Ce site historique majeur générera des Des inégalités flagrantes budget 7 retombées économiques et plus de notoriété positive pour l’Aisne comme c’est déjà le cas, par exemple, avec le Familistère de Guise. u AISNE’mag  : Demeurez-vous confiant en l’avenir ? N. F.  : Nous sommes au creux de la vague et, par nos efforts, nous allons remonter ! Je suis confiant car nous fédérons les élus localement et au sein de l’ADF. Plus nous serons nombreux, plus nous aurons de résultats. 80 Départements ont des ressources par habitant inférieures à la moyenne nationale… Je suis convaincu que lorsqu’une situation est inéquitable, le bon sens et la détermination finissent toujours par l’emporter. Nombre d’élus dénoncent les inégalités entre les Départements urbains, plus peuplés et économiquement dynamiques, et les Départements ruraux, où l’activité économique souffre et le chômage est plus élevé. Conséquence directe  : moins de ressources liées aux DMTO et des dépenses sociales en hausse. « Dans l’Aisne, le chômage est autour de 14% ce qui a une incidence évidente  : le RSA a passé la barre des 100 M €  » souligne Nicolas Fricoteaux. Et de comparer notre situation à celle des Hauts-de-Seine. « Depuis 2014, leurs DMTO ont bondi de 210 M € contre 5 M € pour l’Aisne. La différence annuelle se chiffre en millions d'euros… C’est pour cela que nous demandons une meilleure répartition des ressources. » printemps 2018 n°220 #Aisnemag



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