[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : Investir au quotidien

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 l'Aisne que j'aime l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 Une ville dans la ville Première et plus grande des 32 cités cheminotes construites en région nord, la cité-jardin de Tergnier est la plus belle réalisation de Raoul Dautry. Tout débute en 1910. Une grève sans précédent éclate chez les cheminots. Parce qu’il avait déjà signalé les mauvaises conditions de travail des ouvriers, Raoul Dautry est désigné pour négocier. Il promet alors d’amé- Le belvédère : un repère dominant la cité-jardin. Tergnier s’est construite autour du rail. Raoul Dautry a imaginé une cité modèle, où les cheminots disposaient de tout le confort moderne. liorer leurs conditions de vie et de travail. La Première Guerre mondiale stoppe les investissements et finalement la cité est inaugurée le 10 juillet 1921. Cet ingénieur à la Compagnie des chemins de fer du Nord a imaginé « un modèle de cité, une cité modèle, un modèle de vie ». Raoul Dautry s’est inspiré du Fouriérisme, comme Godin avant lui pour bâtir le Familistère de Guise. La différence : il voulait pour les cheminots des maisons individuelles avec jardins et potagers. 1 100 logements ont été construits sur 110 hectares. Soit une population de 4 000 personnes. L’ingénieur a opté pour des modèles d’architecture différents pour rompre la monotonie. « Il voulait éviter de reproduire le schéma des corons. Ici vous avez des chalets, des maisons basses, des maisons avec balcons, des ensembles de deux ou de quatre, des couleurs variées, etc. » De nombreux équipements étaient à disposition en matière d’éducation (écoles maternelles et primaires, ateliers d’apprentissage, cours ménagers…), d’hygiène et de santé (bains-douches, pharmacie, pouponnière), de loisirs (terrains de jeux, stade, bibliothèque). Les loyers étaient modestes et les habitants bénéficiaient de l’éclairage électrique et du tout-à-l’égout. Ils avaient également accès à un parc public inspiré des Buttes-Chaumont de Paris, à des économats et autres commerces, … mais à aucun débit de boissons. Durant la Seconde Guerre mondiale, la cité a été détruite en partie suite aux bombardements sur les installations ferroviaires. Bien que nommé Ministre chargé de la reconstruction, Raoul Dautry n’a pas pu participer aux travaux. Ecoles, installations sportives et commerces étaient à disposition des cheminots.
Culture cheminote l'Aisne que j'aime 29 l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 La piscine : un équipement plutôt rare pour l’époque qui a laissé de bons souvenirs aux enfants de la cité. Les cheminots disposaient de tout le confort nécessaire sur place. Comme au Familistère, la cité Cheminote était un lieu où les employés pouvaient habiter mais aussi se cultiver, faire du sport, se promener dans des jardins, recevoir une éducation, profiter de la garderie, de loisirs pendant les vacances, etc. Au détour d’une rue, Daniel Druart rencontre un natif de la cité. Comme beaucoup d’autres, Joël Demarest est né ici et n’a pas souhaité partir. « Je vis dans la cité depuis 58 ans. Je suis né à Saint-Quentin et mes parents sont venus s’installer ici, tout près des Buttes- Chaumont. J’ai ensuite moi-même loué dans la cité. Nous sommes dans cette maison depuis 1981. » Ce sexagénaire garde de tendres souvenirs de son enfance dans la cité. « Mon père était cheminot, il travaillait dans les ateliers. Mon beau-père était chauffeur. Il n’y avait que des cheminots ici avant. Etant gamin mon terrain de jeu c’était les Buttes-Chaumont avec son parc et son lac. » Cet habitant se rappelle avoir pu profiter de nombreux services : dispensaire, centre de loisirs, piscine… « On avait tout, c’était beau. Mes parents faisaient les courses aux économats de la SNCF. Il y avait aussi des commerçants ambulants qui passaient. Dès que l’on s’écorchait le genou on filait au dispensaire » conclut Joël, un brin nostalgique. Les Buttes-Chaumont disposaient d’un lac artificiel aujourd’hui asséché. Echange de souvenirs au cœur des Buttes-Chaumont, l’écrin de verdure de la cité. Qui était Raoul Dautry ? Ingénieur, dirigeant d’entreprises publiques et homme politique, Raoul Dautry (1880-1951) est sorti de l’Ecole polytechnique en 1900. Entré à la Compagnie des chemins de fer du Nord en 1904, il met au point en septembre 1914 un système de circulation des trains permettant aux renforts français d’arriver à temps pour gagner la Bataille de la Marne. Il sera à l’initiative de l’émergence des cités cheminotes, dont Tergnier, la première et la plus grande de ses cités. En 1928, il est nommé directeur général de l’administration des chemins de fer de l’Etat. Suite à la création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) il devient membre du conseil d’administration en 1938. Ministre de l’Armement de septembre 1939 à juin 1940, il se retire de la vie politique durant l’Occupation. Le 16 novembre 1944 il rejoint le Gouvernement provisoire en qualité de Ministre de la reconstruction et de l’urbanisme (jusqu’en janvier 1946). Enfin, il devient administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique (CEA).



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