[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : Investir au quotidien

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 l'Aisne que j'aime l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 Daniel Druart fait partie des Greeters choisis par l’ADRT (Agence de développement et de réservation touristiques de l’Aisne) pour faire découvrir la cité-jardin de Tergnier et la culture cheminote. Ce natif de Tergnier analyse d’étranges symboles laissés par le créateur de la cité, dans le maillage des rues, les détails architecturaux ou les formes géométriques… Enquête dans la cité Tergnier Enfant de la cité Natif de Tergnier, Daniel Druart a noué de fortes relations avec le monde cheminot. « Je suis né dans la ferme de mes grandsparents, à proximité du belvédère qui surplombe la cité. » Le rail est omniprésent dans la famille : son grand-père était sous-chef de dépôt et son oncle était également à la SNCF. Daniel est scolarisé à l’école de la cité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il part vivre dans la ferme de ses aïeuls durant cinq années. Ce retraité de 77 ans a toujours vécu dans l’agglomération ternoise. « J’étais commerçant à Tergnier. J’ouvrais en fonction du rythme des cheminots : tôt le matin et tard le soir. Je proposais également des livraisons à domicile dans la cité. » Ayant parcouru les rues de la cité de part en part, il a fait des découvertes qu’il a pu approfondir une fois à la retraite. Ce passionné ne se lasse pas de partager ses observations. « L’important n’est pas ce que l’on est mais ce que l’on transmet » résume ce passeur d’histoire. Un Greeter bien rodé Depuis de nombreuses années Daniel Druart guide les visiteurs désireux d’en apprendre plus sur l’histoire de Tergnier et sur la vie des cheminots. C’est donc tout naturellement qu’il est devenu Greeter. Le Ternois s’adapte à la demande de ses visiteurs. « Je propose un long circuit pédestre ou en bus (de 8 à 12 kilomètres) pour ceux qui viendraient découvrir l’histoire complète de la ville. Mais je peux répondre aux besoins de chaque groupe. Mon objectif est que les personnes accueillies repartent avec le sourire. » Il peut évoquer les guerres mondiales, la construction de la cité-jardin des cheminots, la grande grève de 1910, la reconstruction, l’Art déco... Daniel Druart - Tergnier Commerçant retraité Passionné d’histoire locale Ambassadeur de la cité-jardin créée par Raoul Dautry Ce passionné d’histoire locale propose également une visite thématique que l’on pourrait intituler « comprendre la symbolique compagnonnique et franc-maçonnique ». « Je me charge de démontrer l’énorme culture que cela représente. C’est tout une symbolique qu’il faut bien maîtriser. » Mais attention, Daniel Druart n’est pas là pour exposer les idéologies de la franc-maçonnerie. « Je présente uniquement les symboles architecturaux et les réalisations des francs-maçons. » rens. www.greeters-aisne.com La place de l’Hôtel de Ville recèle une symbolique mise à jour par Daniel Druart (lire ci-contre).
l'Aisne que j'aime 27 l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 Le plan de la cité-jardin de Tergnier ne représenterait pas les trois roues d’une locomotive mais recèlerait nombre de formes relevant de la symbolique compagnonnique. Explications. La carte aux trésors Daniel Druart a étudié le plan de la cité, élaboré par l’ingénieur Raoul Dautry, dans ses moindres détails. Une incohérence le gênait : si l’ingénieur a voulu représenter les trois roues d’une locomotive pourquoi avoir dessiné une roue ovale ? Le Ternois est persuadé que ces symboles ont une autre signification. Lorsqu’il apprend les liens de l’ingénieur avec la franc-maçonnerie, il est convaincu que le plan est codé. Il met alors en exergue des formes géométriques cachées au cœur même du plan. « Raoul Dautry a, en réalité, réalisé une planche tracée qui ne peut pas être lue par des profanes. On y retrouve tous les symboles francs-maçonniques : le cercle imparfait, le compas, l’équerre, le soleil et la lune reliés par l’avenue Laplace, du nom de celui qui a découvert le mécanisme des planètes, l’étoile flamboyante, le fil de plombtendu à partir du belvédère, les pierres cubiques… » De gauche à droite, les signes se suivent Une vue aérienne de la cité en 1925 imaginée par Raoul Dautry. symbolisant le passage d’apprenti, à compagnon, puis maître. Une photo aérienne démontre que la cité est bâtie comme une cathédrale, autour d’une grande croix latine. On peut distinguer le parvis, la nef et les transepts. « Pour beaucoup, ce plan représentait trois Une théorie roues de locomotive. C’était un symbole fort pour les cheminots. Les rues étaient les bielles qui maintenaient l’ensemble. C’est toute la culture cheminote qui s’exprimait à travers ce plan. » Daniel Druart débute sa visite place de l’Hôtel de Ville. « Cette place et la façade représentent un tableau de loge ». Il s’agit d’une interprétation basée sur des symboles architecturaux et géométriques... Libre à chacun d’y voir une signification maçonnique… ou juste des coïncidences ! Deux outils importants : le compas et l’équerre. La première loge maçonnique de Tergnier fut créée en 1911 à l’initiative de Gustave Grégoire, un médecin qui était le grand-père du cousin de notre Greeter. « Lors des réunions de famille j’ai entendu parler de ces symboles francs-maçonniques. On évoquait cela naturellement. » Après la guerre, Gaston Claudon succède à Gustave Grégoire et reconstruit les édifices communaux en 1925. La mairie fut rebâtie dans un style Art déco, riche en formes géométriques refermant une symbolique maçonnique. « Vous pouvez apercevoir le compas qui culmine vers le ciel. La façade possède 7 fenêtres qui symbolisent les 7 années nécessaires pour s’élever du rang d’apprenti à celui de maître. » La rénovation de la place en 1993 suivrait la même logique. « Nous sommes dans la continuité avec l’intégration de nouveaux symboles également utilisés par Raoul Dautry lorsqu’il a réalisé le plan de la cité des cheminots. » Et de citer le cercle (ici la fontaine), la pierre cubique et la pierre brute (dans la dite fontaine), etc. « Les tilleuls symbolisent la fidélité à une communauté, les acacias représentent l’initiation et la transmission et les rosiers la beauté du secret. Au niveau de la fontaine vous vous situez au grade d’apprenti. Les pierres y sont imparfaites. Ensuite il vous faut gravir 3 marches (3 années) pour accéder à l’échelon de compagnon. Vous arrivez aux 7 dalles (7 années). Le compagnon deviendra maître lorsqu’il aura intégré le savoir-faire, c’est-à-dire le travail de la matière, et l’esprit. » « Evidemment les visiteurs peuvent être sceptiques. » Cette démonstration argumentée reste une interprétation qui a ses partisans… et ses détracteurs. Qu’importe, chacun pourra admirer la façade style Art déco ainsi que l’intérieur de la bâtisse qui a été récemment rénové dans le même esprit.



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