[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
[02] l'Aisne n°194 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°194 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : Investir au quotidien

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 un temps d'avance l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 La conquête du rail se poursuit Fère en Tardenois Vossloh Cogifer produit les appareils de voie utilisés pour aiguiller les trains sur les lignes à grande vitesse (LGV) dans le monde entier. L’usine axonaise a été choisie pour équiper la future LGV Tours-Bordeaux. Groupe d’origine allemande, Vossloh emploie 5 000 personnes dans 26 pays et se positionne sur deux branches d’activités : les infrastructures ferroviaires (systèmes de fixations de rails, systèmes de contrôle et surveillance, etc.) et le transport (locomotives, systèmes électriques, …). Ce groupe est notamment présent en Suède, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Etats-Unis, Thaïlande, Chine et s’est récemment implanté en Argentine et au Brésil. Vossloh se compose de six filiales faisant travailler 90 entreprises à travers le monde pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Vossloh Cogifer est spécialisée dans la fabrication d’appareils de voie (systèmes d’aiguillage permettant à un train de changer de voie) et de systèmes de signalisation. Qu’est-ce qu’un appareil de voie ? Vossloh Cogifer est l’un des deux leaders mondiaux sur le marché des appareils de voie et croisement. Ces systèmes sont composés de trois éléments : l’aiguillage, la partie intermédiaire (les rails) et enfin le croisement avec un cœur en manganèse. Cet ensemble permet aux trains de changer de voie, y compris sur les lignes à grande vitesse. « Nous avons le savoir-faire nécessaire pour tous types de réseaux (métros, tramways, voies spéciales, fret charges lourdes) mais nous sommes spécialisés dans les LGV où la vitesse dépasse les 250 km/h » explique Claude Kreb, Directeur de l’établissement sis à Fère en Tardenois. Initialement installée en région parisienne, l’usine Vossloh Cogifer s’est retrouvée à l’étroit et a déménagé à Fère en Tardenois dans les années 70. En 1987 une seconde activité s’est implantée : l’usinage et la soudure des cœurs de croisement. Le site est impressionnant : la halle de fabrication des appareils de voie s’étend sur 350 mètres. Des rails jusqu’à 60 mètres de long y sont usinés. La fabrication débute par le sciage et le perçage par mesure laser. Les rails passent ensuite par le fraisage, le cintrage, le soudage, le montage... Ils sont reliés à des cœurs de croisement pour obtenir un appareil de voie complet. La technologie brevetée par Vossloh Cogifer permet la circulation sur voie déviée à 230 km/h. Les cœurs de croisement en manganèse sont travaillés dans un atelier voisin. Ces pièces en forme de X sont soudées à des morceaux d’inox qui sont ensuite eux-mêmes soudés à des rails, par étincelage (soudure à 1 200 degrés). Deux milles cœurs sont traités chaque année pour alimenter l’ensemble des usines du groupe Vossloh Cogifer. Le site de Fère en Tardenois, qui emploie 130 personnes, réalise un chiffre d’affaires de 46 ME dont 85% à l’export. Plus de cent villes françaises ont fait appel à Vossloh Cogifer pour l’équipement de leurs transports urbains. Le groupe a également équipé les lignes à grande vitesse en France, Espagne, Italie, Corée du sud, etc. « Nous avons réalisé 550 branchements pour la ligne traversant l’Irak. En 2013 nous démarrerons la fabrication pour la ligne grande vitesse du Maroc. » rens. www.vossloh-cogifer.com Rails et cœurs de croisement sont reliés par soudure par étincelage. Un marché de 68 millions d’euros Vossloh Cogifer a décroché le marché de la ligne à grande vitesse SEA (Sud Europe Atlantique) reliant Tours à Bordeaux. Cette commande, d’un montant de 68 ME, constitue une opportunité pour le site axonais de faire montre de son savoir-faire. Une première commande a été honorée. Un appareil de voie de 220 mètres de long a été fabriqué et monté grandeur nature, en extérieur, sur le site de Fère en Tardenois. Des tests ont été effectués dans les conditions d’utilisation du TGV. Ce « banc d’essai » constitue un showroom de qualité pour l’entreprise axonaise. Prochainement, l’appareil sera démonté, puis livré et remonté sur place. Plus de 100 appareils seront ensuite livrés d’octobre 2014 à novembre 2015. Pour cette ligne à grande vitesse, il est prévu de poser 302 kilomètres de voies où les trains circuleront à une vitesse maximale de 320 km/h. La liaison Paris-Bordeaux se fera en 2 heures et 5 minutes, soit une heure de moins qu’aujourd’hui.
histoire 25 l'Aisne 194 - Janvier/Février 2013 Méconnu des Axonais, le camp de Margival regroupait pas moins de 450 bunkers dont celui d’Hitler où une décision capitale fut prise le 17 juin 1944... Une association fait découvrir cette page oubliée de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. L’antre axonaise du Führer Laffaux Margival W2 : comprenez Wolfsschlucht 2 (le ravin du loup 2). Ce site, étalé sur trois communes (Laffaux, Margival, Neuville sur Margival), fut choisi par Hitler pour y implanter le plus grand quartier général allemand du front ouest. Il disposait des ressources nécessaires (ligne à haute tension, chemin de fer et tunnel, sources), le tout aux portes du Pas-de-Calais et de la Normandie. « Importance stratégique et historique En 1940, des constructions en bois sont installées en prévision de l’invasion de la Grande-Bretagne qui finalement n’aura jamais lieu. Après le débarquement avorté de 1942, le Führer souhaitait y aménager un grand QG pour repousser une nouvelle attaque des Alliés si nécessaire. Le camp militaire s’est construit en 18 mois autour de la ligne Paris-Laon et de son tunnel camouflé. Les matériaux étaient acheminés par train. De 1942 à 1944, 22 000 ouvriers ont participé à l’édification du W2. Il s’agissait de prisonniers de guerre, de travailleurs du STO (Service du travail obligatoire), de travailleurs volontaires, etc. « Tout ça était payé par le Gouvernement de Vichy » souligne Denis Bouet responsable de la communication de l’Association de sauvegarde du W2 (ASW2) qui organise des visites guidées du site. Le camp se divisait en deux parties : le casernement et les bâtiments stratégiques. Les blockhaus portaient un numéro correspondant à leur importance. Depuis, ils ont été rebaptisés par l’armée française. « Les bunkers étaient des gros blocs de béton à l’intérieur desquels étaient construits des baraques en bois. » Les soldats y disposaient de tout le confort moderne (électricité, eau courante, toilettes avec chasse d’eau, chauffage central, etc.). D’avion le site était invisible : les bâtiments étaient engazonnés, la végétation luxuriante et les routes étaient peintes en vert. La piscine Eva Braun était dissimulée par la végétation et des filets de camouflage. Les bunkers étaient dissimulés par des filets de camouflage les rendant invisibles. Le Führer n’est venu au W2 qu’une seule fois : le 17 juin 1944 Hitler y a convoqué ses maréchaux suite au Débarquement du 6 juin. Les commandants du front ouest recommandaient soit de faire descendre la 15 e armée sur le front de Normandie pour repousser les Alliés, soit d’organiser le repli des troupes. Hitler a refusé en bloc : d’après lui ce premier débarquement n’était qu’un leurre pour cacher une seconde attaque sur les plages du Pas-de-Calais. Une fausse armée était d’ailleurs installée sur les côtes anglaises pour induire les Allemands en erreur. Cette conférence s’est tenue dans le bunker du Fürher, qui arborait le numéro 1 et des colonnes rappelant la chancellerie. Suite à une alerte, une partie de la réunion s’est déroulée dans l’abri anti-aérien. Hitler y a dévoilé sa stratégie : attaquer Londres par bombes volantes. « Il espérait faire plier Londres en envoyant 800 bombes par jour. Ces munitions n’étaient pas assez précises pour être utilisées sur le front de Normandie. » Cette réunion au sommet a été capitale pour l’Histoire de France. Hitler a en effet décidé d’envoyer des troupes pour protéger le port de Cherbourg. « Ce n’était pas un point stratégique. Les Alliés disposaient de deux autres ports profonds, ce que les Allemands ignoraient. » Le bunker n°1 est aujourd’hui en pleine rénovation. « Nous voulons le reconstituer à l’identique sur base de photographies et autres documents. L’abri anti-aérien sera habillé de bois comme à l’époque. » Des visites sont organisées le dernier dimanche du mois, de fin mars à septembre. Une plongée au cœur de la grande Histoire. contact 06 03 71 22 30 www.asw2.new.fr Le W2 en chiffres 860 ouvrages bétonnés dont 475 bunkers 2 ceintures de protection 90 kilomètres carrés, 22 000 ouvriers 18 mois de travaux + les de www.aisne.com Découvrez en images la visite du camp de Margival aux côtés de l’ASW2. Ces bénévoles se mobilisent pour faire revivre le site et sortir son histoire de l’ombre. Ces visites sont l’occasion de découvrir des épisodes capitaux de l’histoire de France, comme l’ordre transmis par Hitler qui aurait pu changer le visage de la France… > A lire dans la rubrique actualités sur aisne.com



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