[02] l'Aisne n°169 nov/déc 2008
[02] l'Aisne n°169 nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°169 de nov/déc 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : toques en stock.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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A écouter Techno Brass « Alchimikmak » Requiem Productions Attention, le Technobrass descend de sa planète pour sa première visite officielle sur terre. Ce collectif de 9 musiciens avait déjà commis un premier vol de reconnaissance il y a quelques années sous forme d’une démo enregistrée aux caves à Musiques de Tergnier. Il nous revient avec un 1er album qui confirme que ses intentions, bien que pacifiques, n’en sont pas moins diablement subversives. D’abord parce que sous la houlette du compositeur et guitariste de la bande, Philippe Fasquelle, ces messieurs ne veulent rien faire comme tout le monde. Ca sonne un peu jazz par ci, un peu rock par là, funky aux entournures et carrément électro sur les bords, pas question de garder un cap plus de quelques mesures, on slalome gentiment entre les astéroïdes, loopings, piqués, c’est de la haute voltige. Précisons pour l’anecdote que l’album a été enregistré à la chapelle d’Oestre de Saint-Quentin, l’acoustique particulière du lieu allié à la haute technicité du studio Kosak (CASOC de Gauchy) donne à l’ensemble une sacrée boulette. Les adeptes de Zappa adhéreront sans doute facilement, les autres feraient bien de se laisser tenter. Contact : requiemprod@ yahoo.com 26 culture En Thiérache « LAVITRINE02 « mène des actions visant à faciliter l’accès à l’art contemporain et à susciter la création. L’art contemporain pour tous « En Thiérache comme dans bien d’autres endroits, les gens ont encore beaucoup d’a priori vis-à-vis de l’art contemporain, constate Solange Sarrat-Langer, présidente de l’association « LAVITRINE02 « basée à Etreux. Ils pensent d’une façon générale que « ce n’est pas pour eux «. Ce que nous voulons, c’est dédramatiser ce rapport à l’art contemporain et y amener le public de façon conviviale. » Dans ce but, l’association organise régulièrement ce qu’elle appelle des « visites faciles «, dans des lieux dédiés à l’art contemporain comme le musée du Grand Hornu en Belgique, le Tri Postal de Lille ou le musée Matisse du Cateau. « Des l'Aisne 169 - Novembre/Décembre 2008 Etreux lieux géographiquement proches, remarque la présidente, mais où la plupart des gens d’ici n’ont jamais mis les pieds ! » Les expositions décentralisées du Fond régional d’art contemporain (FRAC) au musée de l’arsenal de Soissons et à l’Espace Saint-Jacques de Saint-Quentin sont également au programme. L’association organise le covoiturage pour chaque sortie et négocie les prix d’entrée de façon à ce que la visite coûte entre 2 et 3 euros par personne maximum, trajet compris. « Il est aussi important d’avoir un très Les « visites faciles », une occasion de découvrir l’art contemporain en toute convivialité comme ici au musée du Grand Hornu en Belgique. Travail réalisé par les élèves de l’école primaire d’Etreux après la visite de l’atelier de J.-P. Maury. Faire venir l’art moderne en Thiérache. Sous la direction de la jeune artiste Min Du, les élèves bénéficiaires de l’aide aux devoirs du collège de Guise ont réalisé des œuvres d’inspiration contemporaine. bon guide, qui sache bien expliquer la démarche des artistes, notamment dans l’art abstrait. Si rien n’est prévu dans ce sens, je prépare moi-même la visite, » précise Solange Sarrrat-Langer qui est historienne de l’art par sa formation initiale et, accessoirement, chargée des collections au Familistère de Guise. Amener le public vers les œuvres est une chose, mais « LAVITRINE02 « s’est aussi donné pour objectif de faire venir l’art contemporain en Thiérache, d’y monter des expositions et organiser des rencontres avec les artistes. Le premier à jouer le jeu en 2007 fut Jean-Pierre Maury, artiste belge dont les œuvres sont actuellement exposées à New York et dont l’atelier se trouve… à Etreux. En 2008, l’expérience la plus spectaculaire dans ce sens aura été la réalisation de deux œuvres par les artistes Min Du et Qiang Ma dans une vitrine de Guise. Visibles depuis la rue, « Will happiness find me » et « Rose «, les deux installations proposées par ces jeunes artistes chinois venus étudier en France, n’ont pas manqué d’intriguer les passants. Ils étaient une petite trentaine de curieux à participer à une rencontre avec les artistes pour mieux cerner leur démarche et surtout comprendre comment une telle exposition avait pu se mettre en place dans leur petite ville. Dans le même temps, des scolaires de 6 e et 5 e bénéficiaires de l’aide aux devoirs participaient à un atelier sous la houlette des deux artistes. Une expérience très valorisante pour ces élèves considérés en difficulté et dont le travail était exposé comme dans une vraie galerie au collège de Guise. Pour l’année à venir, c’est l’artiste lilloise Frédérique Paul qui est invitée à présenter une de ses vidéos. Ce sera une vitrine dans une vitrine, car la vidéo en question montre les différentes étapes par lesquelles peut passer une vitrine commerciale, et elle sera projetée en boucle… dans une vitrine. Contact : La Vitrine 02 - 09 62 00 92 47
Le maître Renaud Archambault de Beaune, dont les réalisations ont été exposées dans de nombreuses villes du monde, en Europe, en Asie, aux Etats-Unis, travaille à la plume montée au bout d’un fleuret. Il se tient ainsi à distance du support. Une technique qui suppose une maîtrise parfaite du geste. La myriade de traits qu’il accumule sur le papier compose par « sédimentation » « des figures » qu’avec le recul l’artiste voit progressivement apparaître. Son atelier se trouve dans la Marne. Ancien élève des Beaux arts de Paris, il enseigne à l’école d’architecture de Paris. L’une de ses œuvres consacrée au 11 septembre 2001 fait partie de la collection du musée Jacques- Chirac à Sarran. infos complémentaires : http://pagespro-orange.fr/renaud.archambaultdebeaune/francais/indexfr.htm Contact : renaud.archambault-debeaune@wanadoo.fr L’Île aux peintres Viviane et Claude Bonnefon, 44 et 59 ans, ont racheté l’hôtel particulier de « l’Ile aux peintres « à La Ferté-Milon en janvier 2008. Ils étaient auparavant installés à Fèreen-Tardenois. Après plusieurs mois de travaux de rénovation, l’activité d’hébergement en chambres d’hôtes et de réception a redémarré au mois de mai. La demeure compte cinq chambres d’hôtes, des salons et un grand atelier d’artiste. Elle ouvre sur un jardin de 2 500 m², flanqué d’une tour du XII e siècle, qui s’étend jusqu’à l’Ourcq. Selon les propriétaires, les peintres Corot, Utrillo et Eugène Lavielle ont séjourné sur place. Rens. 03 23 96 68 68 www.îleauxpeintres.com 27 culture Ça ferait un tableau. En trois couleurs et leurs déclinaisons. Le bleu de la chemise, du ciel et son reflet dans la rivière ; le vert de l’eau, de la mousse et du gazon ; la note rouge vif des montants de la chaise. Elle a 86 ans, l’humour affûté, la malice à l’œil et plus grand chose à prouver, Françoise Hagueneau. Dr Hagueneau pour être précis. Carrière de chercheur en biologie moléculaire, ancienne du Collège de France, « vieille Parisienne » aux origines estampillées Alsace-Lorraine, belle et pleine d’esprit, elle est l’une des cinq élèves du maître de peinture, Renaud Archambault de Beaune. Lui, 64 ans, une barbe de quelques jours, un gros cigare souvent, arpente le jardin de cet hôtel particulier du XVI e où se déroule le stage de peinture dont il est le professeur. Le tableau donc… Assise devant son chevalet, Françoise capture sur une toile format réduit le paysage d’un petit pont Gustave Eiffel que l’on voit, depuis le bout du jardin, enjamber l’eau molle et peu empressée de l’Ourcq en cette fin d’après-midi d’été. Coin Françoise Hagueneau devant son chevalet ; au second plan, le pont sur l’Ourcq. Des chevalets et un professeur des Beaux Arts pour un stage de peinture dans le jardin de l’ancien hôtel particulier de Jean Racine à La Ferté-Milon. Reportage sur « l’Île aux peintres » les pieds dans l’Ourcq. Peinture à l’Ourcq tranquille, vert et ombragé, enchanté par la présence toute proche de l’eau, les parfums végétaux, les frottements d’insectes, piaillements d’oiseaux et bruissements de feuillage. L’endroit rêvé pour se découvrir un goût et des dons pour la peinture. Bucolique, l’adjectif aurait pu être inventé pour ce décor qu’avec un peu d’imagination on se figure nimbé d’une lumière impressionniste… Renaud Archambault de Beaune passe de l’un à l’autre des cinq chevalets, observe les élèves appliqués à leur sujet, distille quelques conseils et explique que « au fond, le sujet en lui-même importe peu ». Ici un chat ou une composition inspirée par les massifs du Le maître de peinture, Renaud Archambault de Beaune en compagnie d’une élève. jardin, là le mécano de l’ingénieur Eiffel franchissant l’Ourcq… Tout se prête à l’apprentissage de la peinture et, de l’insignifiant, pourrait jaillir le talent. Les élèves s’attardent cinq jours, durant lesquels les séances au jardin alternent avec le travail dans le vaste et lumineux atelier aménagé dans l’un des étages de l’hôtel qui appartint à Jean Racine et accueillit la noce de Jean de La Fontaine. Ils séjournent dans des chambres dont la décoration s’inspire d’un peintre célèbre. Au choix, empreintes Monet, Picasso, Dali, Van Gogh et même Warhol. Compter 1000 E pour une semaine. Au bord de l’Ourcq, le tableau s’anime instantanément quand Françoise Hagueneau repose son pinceau et prend la parole. Hommage appuyé au maître : « j’ai une longue vie derrière moi et beaucoup d’expérience. Croyez-moi, c’est un professeur exceptionnel ». Puis, sans en avoir l’air mais sûre de son effet, la « vieille Parisienne » se décrète « nulle » en peinture mais amoureuse de « l’atmosphère » du lieu. « Pour moi, dit-elle, peindre est un prétexte à regarder. Ce n’est pas si éloigné de mon métier qui consistait à voir à l’aide d’un microscope et à décrire ce que je voyais ». Quelques instants plus tard, ayant rejoint l’atelier à l’étage, le maître Renaud Archambault de Beaune confesse l’affection et l’admiration qu’il a pour cette « très belle femme ». Il prévient : « il ne faut surtout pas la croire quand elle se dit nulle ». l'Aisne 169 - Novembre/Décembre 2008



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