[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de sep/oct 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : des espaces naturels à redécouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Aisne Très répandu en Thiérache et dans les Ardennes, l’élevage traditionnel en système « plein air » fait partie intégrante des paysages de nos régions. Eleveur en système « bergerie » à Bellicourt, Jean-François Potel milite pour une vision moderne de son métier. 8 économie Entre tradition et modernité, l’élevage ovin cherche les meilleures voies pour rester une activité économiquement viable. L’Aisne compte 270 professionnels du mouton. l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008 Le mouton en mutation « Osons prendre le temps de réfléchir et n’ayons pas peur de rebattre les cartes ! » C’est le message de Jean Gosset, président des Bergers du Nord-Est en conclusion de l’assemblée générale 2008 de la coopérative. Née début 2007 du rapprochement entre L’agneau d’or, qui regroupait les éleveurs de Picardie et du Nord Pas-de-Calais, et d’Euroluz implantée en Champagne-Ardenne et Meuse, la coopérative Bergers du Nord-Est représente 488 éleveurs dont 126 dans l’Aisne. Des professionnels du mouton qui, sortant à peine de la crise sanitaire de la fièvre catarrhale ovine (FCO), doivent simultanément faire face à une concurrence internationale accrue et à la hausse importante du prix des céréales. « En tout, nous sommes 270 éleveurs dans le département pour un cheptel de 29 000 brebis, précise Jean-François Potel, vice-président de la coopérative et exploitant lui-même à Bellicourt un élevage important de 850 brebis en système « bergerie «. Notre production représente entre 15 et 20% de la consommation de viande d’agneau au niveau régional. Nous mettons l’accent sur la qualité de nos agneaux régionaux et sur la fraîcheur de nos produits. L’abattoir de Laon est le dernier abattoir sur la grande région et c’est un partenaire très important pour être réactif et s’adapter aux fluctuations du marché. Grâce à cet établissement, un agneau abattu le lundi est dans les rayons au plus tard le jeudi. L’agneau néo-zélandais, qui auparavant arrivait congelé, se présente aujourd’hui comme un produit frais. Pourtant il arrive en rayon trois mois après la date d’abattage, ce que le consommateur ignore la plupart du temps. » Au plus fort de l’épizootie de FCO, la présence d’un abattoir proche s’est même avérée vitale pour les éleveurs locaux qui ont ainsi pu continuer à approvisionner le marché alors que les mouvements de bêtes étaient très contrôlés. Avec une mortalité multipliée par deux et des incidences sur la fertilité des béliers, l’impact de la FCO a été particulièrement dur pour certains producteurs qui ont enregistré des pertes de 30 à 40% de leur cheptel. « Il faut savoir s’adapter et sortir du sacro-saint : on a toujours fait comme ça. » Sur l’ensemble de la filière, elle aura occasionné en 2007 une baisse d’activité de 10%. A année exceptionnelle, mesure exceptionnelle. La coopérative affichant de bons résultats financiers malgré la conjoncture, s’est engagée par solidarité envers ses adhérents à leur redistribuer la somme de 104 000 E, soit 1,50 E par agneau commercialisé. Placés en zone prioritaire, les élevages de l’Aisne ont aujourd’hui tous été vaccinés et la crise semble être terminée. « La deuxième grande difficulté à laquelle nous devons faire face vient de la flambée du prix des céréales, surtout en bergerie où c’est la base de l’alimentation, poursuit Jean-François Potel. Face à cette pression financière, de plus en plus d’éleveurs baissent les bras. Or, quand on arrête un élevage et que l’on se sépare de ses reproducteurs, il est très rare qu’il redémarre par la suite. La position que je défends, c’est qu’il faut augmenter « les troupes « et investir dans du matériel de pointe. Un petit élevage demande beaucoup de temps de travail par rapport à ce qu’il rapporte, de plus, la zone couverte par la coopérative est très étendue et les kilomètres coûtent cher. Si l’on veut s’en sortir, il faut avoir une vision moderne de notre métier et rompre avec son image passéiste. Les goûts des consommateurs évoluent, on nous demande de pouvoir fournir des agneaux jeunes et bien conformés tout au long de l’année, il faut savoir s’adapter et sortir du sacro-saint : « on a toujours fait comme ça. » La coopérative « Les Bergers du Nord Est » regroupe 488 éleveurs. Ses adhérents en assemblée générale à La Vallée-au-Blé, en Thiérache.
Etampes/Marne 9 économie L’une les fabrique, l’autre les répare. Toutes deux ont en commun un travail quasi exclusivement manuel. Portrait croisé de deux entreprises de l’Aisne qui font chanter les instruments. Crécy/Serre L’art de (re)donner le LA « La fabrication des instruments à vent s’effectue encore aujourd’hui entièrement à la main, en utilisant les meilleures qualités de cuivre ou de laiton », explique Ginette Planson, gérante de P.G.M. Couesnon. Installée à Etampes sur Marne, près de Château-Thierry, cette entreprise artisanale emploie quatorze personnes avec une spécialité dans laquelle elle se positionne comme leader du marché : le tambour. Sa marque de fabrique, c’est le sur-mesure et le lien étroit qu’elle maintient coûte que coûte avec une tradition qui remonte à 1827. Dans l’atelier qu’il a ouvert à Crécy-sur-Serre près de Laon, Frédéric Geoffroy, 29 ans, travaille lui aussi en suivant des méthodes artisanales rigoureuses. Lui n’est pas fabricant d’instruments, mais il les répare et en assure l’entretien. Début XIX e la manufacture Couesnon développait une gamme complète dont la renommée allait très vite franchir les frontières. Au début du XX e siècle, 1 800 employés travaillaient sur trois sites d’où sortaient les instruments à vent, les pianos, les accordéons, les mandolines, les violons et les tambours. Héritière d’un savoir-faire séculaire, l’entreprise Couesnon fabrique toujours ses instruments de façon entièrement manuelle. Réparer les instruments de musique, comme le fait Frédéric Geoffroy à Crécy sur Serre, exige une grande précision. Cent ans plus tard, l’activité de Couesnon se poursuit sans que la manière de travailler n’ait subi de révolution. Les quatorze employés doivent s’armer de patience pour obtenir du métal et des matériaux façonnés qu’ils délivrent la sonorité la plus parfaite. Après une période de forte turbulence, l’entreprise parvient à se maintenir grâce au haut de gamme en proposant sur le marché des produits très résistants. L’intervention sur des instruments de musique exige pareillement de Frédéric Geoffroy une grande précision et une exigence de qualité. C’est en Belgique que ce jeune homme, né de parents musiciens et initié au saxophone à partir de 9 ans, a suivi un long apprentissage qualité après une formation à l’ITEM du Mans. P.G.M. Couesnon affronte depuis quelques années une sévère concurrence internationale. « Les pays asiatiques proposent des prix imbattables. Leur arrivée sur le marché nous a causé de gros soucis », explique Sophie Glace, la fille de la gérante, chargée du planning de production. Dans ce contexte, la manufacture d’Etampes-sur-Marne a dû, à regret, arrêter le secteur amateur il y a cinq ans. C’est la relance de la production du tambour qui a permis à Couesnon de maintenir le cap. Elle fournit les armées, les pompiers, les conservatoires et les écoles de musique. Explication de Sophie Glace : « on s’est placé sur les percussions, notamment les batteries de défilé. L’omniprésence de nos tambours dans les différentes manifestations a contribué « L’omniprésence de nos tambours dans les manifestations » à notre succès, d’autant plus que l’Asie n’est pas intéressée par ces produits ». Aujourd’hui la Pologne se lance. Rude concurrence également. L’entreprise artisanale du sud de l’Aisne peut toutefois compter sur de fidèles clients en Afrique et dans les pays du Maghreb. Elle exporte 20% de sa production. Une belle performance dans un environnement mondialisé difficile auquel se surajoute surtout la flambée du prix des métaux. Pour Frédéric Geoffroy, les problématiques de travail sont évidemment différentes. Son entreprise est jeune. « La clé des vents » a été créée en octobre 2007. Ce patron, jeune également, a envie de la voir grandir, heureux de pouvoir associer sa passion de la musique au plaisir du travail à la main. Confidence : « la première fois que j’ai démonté un saxophone, j’ai été très impressionné. Je suis maintenant beaucoup plus à l’aise, même quand je me retrouve avec un vieil instrument datant de 1919 ». P.G.M. Couesnon 3 avenue Ernest Couvrecelle 02400 Etampes sur Marne Tél. 08 75 40 51 07 La clé des vents 4 rue de la Libération 02270 Crécy sur Sere Tél. 06 88 49 76 51 www.la-cle-des-vents.com l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008



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