[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de sep/oct 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : des espaces naturels à redécouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 portrait Un hommage à l’ancien évêque de Soissons reparti cette année dans ses Vosges natales. Marcel Herriot, 74 ans, a laissé à beaucoup le souvenir d’un homme dont les actes et les convictions étaient en harmonie. "Ce bon Marcel Herriot" Soissons Les syndicalistes soissonnais accrochent une banderole sur le devant de la cathédrale à l’occasion du passage du Tour de France. Christian Bomy 21 mai 2002, jour de manifestation à Soissons. Dans le cortège « œcuménique « formé de salariés sur le carreau, de proches angoissés, de représentants syndicaux, de travailleurs solidaires, de commerçants, d’élus de tout bord, s’avançait un petit homme au regard doux, une croix en sautoir. Bien qu’il fût d’un naturel discret, sa présence ne passa pas inaperçue. Il était l’évêque du diocèse de Soissons. Ce jour-là, les « paroissiens « de Mgr Marcel Herriot n’étaient pas dans les églises mais dans la rue pour clamer leur inquiétude par rapport à l’avenir de l’emploi dans le Soissonnais. Après Wolber et ses 451 salariés en 1999, 700 personnes employées dans quatre entreprises des secteurs de la chaudronnerie et de la cartonnerie allaient se retrouver à leur tour au chômage. A peine arrivé dans la cité du vase pour prendre les rênes du diocèse, Marcel Herriot se souvient avoir été confronté « comme citoyen et comme chrétien » à cette situation difficile : « un choc frontal pour la population du Soissonnais ; un choc pour moi aussi comme pour bien des chrétiens qui m’en ont parlé ». Originaire de Senones dans les Vosges, Marcel Herriot a grandi dans une famille de cinq enfants. Son père, petit paysan, possédait trois vaches. Orphelin à l’âge de dix ans, Marcel commença à travailler quand il en eut quinze. Sans doute cet héritage familial n’est-il pas étranger aux rapports suivis qu’il entretint avec le monde du travail et les personnes les plus en difficulté durant son exercice d’évêque. Pour Philippe Robin, chef d’agence de L’Union, « il avait incontestablement une vraie proximité avec les gens, il était chaleureux et d’une grande ouverture d’esprit. C’était son naturel ». Parmi les souvenirs accumulés au cours des neuf années passées dans le département, l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008 Lors d’une manifestation en faveur de l’emploi en mai 2002. Marcel Herriot cite volontiers celui d’une rencontre avec un éleveur en Thiérache qu’il vit pleurer derrière ses vaches, accablé qu’il était par sa situation financière et les échanges avec une famille de sanspapiers venue solliciter le baptême d’un enfant. Certains ont été tentés de lui coller l’étiquette « d’évêque rouge «. A cela Marcel Herriot pouvait opposer le dialogue qu’il avait avec les « chefs d’entreprise qui essaient de se battre pour maintenir ou créer de l’emploi ». S’il n’hésitait pas à prendre parti, c’était le parti « de tout ce qui est humain ». Evêque, il n’en demeurait pas moins « frère en humanité ». Pour expliquer cette proximité de l’ecclésiastique au monde laborieux qui l’entoure, Marcel Herriot prenait à témoin « Jésus qui passait ses journées sur les routes des hommes et s’arrêtait ». Les prises de positions de ce « bon Marcel Herriot », comme l’appelle avec humour et affection Philippe Robin, n’ont cependant pas dû faire plaisir à tout le monde. Au moment de l’annonce de la fermeture de Wolber, l’évêque signa un article qu’il intitula « 451 » comme « 451 visages de personnes atteintes dans leur vie humaine profonde ». Il entendait ainsi « rappeler que dans les questions économiques, quelles que soient les contraintes, l’homme doit être premier ». « Le texte a marqué les esprits, se souvient le responsable local de L’Union, et sûrement choqué quelques bigots… » De même quand la maison mère annonçait la fermeture de sa filiale Wolber, on rapporte Pour lui, c’était toujours le parti « de tout ce qui est humain ». qu’une l’intervention de l’évêque de Soissons auprès d’Edouard Michelin par l’entremise de l’évêque de Clermont-Ferrand eut pour effet d’agacer fortement ce grand patron descendant d’une lignée de capitaines d’industrie revendiquant ses convictions catholiques. « On l’avait senti fort. On l’appelait Marcel, il voulait qu’on l’appelle par son prénom ». Comme d’autres syndicalistes soissonnais à l’époque, Alain Baudon, a apprécié l’homme qui, lors de son ordination, vit son instituteur laïc et athée prononcer son éloge. « C’est quelqu’un qui va au bout de ses actes. Un midi, il est resté avec nous dans le local du CE. Sa présence a été unanimement appréciée. Ce qui avait surpris, c’est qu’un évêque puisse passer aussi naturellement une heure au réfectoire à discuter avec tout le monde », raconte Alain Baudon qui était alors salarié d’AR Carton et responsable CGT. Le 21 mai 2002, le cortège achevait son parcours sur le rond-point de la RN 2 à la sortie de Soissons. Invité à prononcer quelques mots, le petit homme au regard doux, la croix en sautoir, s’avança et parla du « refus de la fatalité et de la résignation », d’un « souffle de vie ». Puis il eut un geste symbolique pour marquer l’installation du nouvel archer, une œuvre réalisée par les soudeurs des entreprises en liquidation pour remplacer la précédente sculpture ornementale détruite par le feu quelque temps auparavant. Damien Becquart/Conseil général de l’Aisne
25 culture Swing a cappella The Swingle singers en concert à la MAL de Laon le vendredi 3 octobre.



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