[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de sep/oct 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : des espaces naturels à redécouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 dossier Depuis sa création, le Conservatoire des sites naturels de Picardie fait appel aux agriculteurs pour la gestion des sites dont il a la charge. Exemple à Travecy, dans la Vallée de l’Oise. « Cela fait dix ans que nous travaillons en partenariat avec le Conservatoire des sites naturels pour la gestion de parcelles de pâturage ou de prairies à foin. Une dizaine d’éleveurs de Travecy et des alentours se sont engagés par contrat à respecter un cahier des charges plus ou moins contraignant concernant les dates de fauche et l’utilisation d’engrais, en échange de quoi le conservatoire leur reverse des primes compensatrices. Plus il y a de contraintes à respecter, plus les aides sont importantes. « Eleveur à la retraite et maire de Travecy, Bernard Verlinde connaît bien le sujet, il collaborait lui-même avec le CSNP quand il exploitait un élevage de 130 bêtes comprenant Holstein laitières et Principal ennemi de la tourbière, le bouleau qui y prolifère et prive le milieu de lumière. Verte vallée ! charolaises allaitantes. Conjuguer les impératifs économiques et l’intérêt écologique, c’est tout l’enjeu du partenariat entre professionnels agricoles et Conservatoire des sites. Les objectifs de conservation et les objectifs de production ne paraissent en effet pas toujours compatibles. Ne pas fertiliser un terrain implique par exemple qu’on y rassemblera moins de bêtes à l’hectare. Laisser la faune et la flore l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008 Bernard Verlinde, maire de Travecy, sur une parcelle confiée à un troupeau de Salers. accomplir leur cycle biologique, suppose d’attendre au minimum jusqu’au mois de juin avant de mettre les bêtes en pâture. Contrainte de même nature pour la fauche : une fauche « tardive « s’effectuera au plus tôt le 15 juin pour laisser les fleurs arriver à maturation et le petit monde animal qui vit dans les hautes herbes terminer son cycle de développement. Pendant des siècles, les pratiques paysannes ont contribué à maintenir l’équilibre biologique des espaces ruraux. « Mais le métier d’éleveur tend à disparaître, déplore Bernard Verlinde. Trop de contraintes administratives découragent les jeunes qui voudraient reprendre une exploitation. « Plusieurs fées veillent sur les landes La gestion d’un espace naturel sensible implique très souvent des acteurs multiples, aux rôles et compétences variés. Exemple sur la gestion des landes de Cessières. A Cessières, tout a commencé par une fête de la nature. « C’est par ce biais qu’en 2002 nous avons jeté les bases d’un partenariat pour la gestion de notre site naturel », rapporte Paul Lefèvre, adjoint au maire et grand amateur de randonnée. « Le CPIE, l’ADREE, le Conservatoire des sites naturels de Picardie et l’ONF, tous les acteurs concernés par les landes de Cessières, se sont retrouvés à ce rendez-vous ». Cette réunion a débouché sur une réflexion commune qui a abouti « en 2007 à une convention quadripartite réunissant la commune, le Conservatoire, le CPIE, l’ADREE et l’ONF. La première du genre », se félicite Paul Lefèvre. Les interventions sur le terrain sont d’abord étudiées par un comité de pilotage auquel participent les signataires de la convention ainsi que les propriétaires de parcelles et les usagers de la zone à divers titres, comme les chasseurs et les randonneurs. L’idée est d’impliquer tous ceux qui utilisent ou travaillent autour du site et de définir les interventions de façon totalement transparente. En dernier lieu, le conseil municipal valide les décisions prises qui peuvent alors être mises en œuvre. Chacun intervient dans son domaine de compétence : gestion du site pour le CSNP dont c’est véritablement le cœur de métier, valorisation scientifique et pédagogique en ce qui concerne l’ADREE. « Entre landes sèches et tourbières acides, le site de Cessières propose un ensemble de milieux dont l’équilibre est fragile, précise l’élu. Pour « ouvrir « (déboiser) certaines parties de tourbières, le bois doit être débardé à cheval pour éviter les ornières et une trop forte oxygénation du sol. L’endroit est riche en bruyère callune mais aussi en espèces beaucoup plus rares dans nos régions, comme la drosera, l’andromède ou la baie canneberge. » ADREE : Association pour le développement de la recherche et de l’enseignement sur l’environnement. CPIE : Centre permanent d’initiatives pour l’environnement des pays de l’Aisne. ONF : Office national des forêts. CSNP : Conservatoire des sites naturels de Picardie.
La politique « espaces naturels sensibles » (ENS) est une compétence légale du Conseil général. Elle vise à protéger, gérer et ouvrir au public les espaces naturels sensibles qui présentent une valeur patrimoniale, sur le plan écologique ou paysager. Le schéma départemental des espaces naturels sensibles Les actions menées dans ce cadre sont financées par la TDENS, Taxe départementale des espaces naturels sensibles. Cette taxe, dont le taux est fixé par l’Assemblée départementale (1% en 2008) s’applique aux constructions, reconstructions et agrandissements de bâtiments. Cette politique s’inscrit dans le cadre plus général de l’amélioration du cadre de vie et de l’attractivité du territoire, dans une dynamique de développement durable. Un schéma départemental des espaces naturels sensibles est en cours d’élaboration, réalisé en concertation avec de nombreux partenaires : associations environnementales, Conseil régional de Picardie, Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement… Un schéma départemental, pour quoi faire ? Mieux connaître les espaces naturels sensibles, planifier les actions à mener pour les protéger et les valoriser, se doter d’outils d’évaluation et de suivi de ce plan d’actions, tels sont les objectifs assignés à ce schéma départemental. Il permettra : > de définir une stratégie d’actions cohérente, qui concilie la préservation des espaces naturels, leur ouverture au public, la gestion, la randonnée, la prise en compte de la biodiversité > d’identifier les enjeux départementaux : quels espèces, quels milieux à protéger ? quels paysages préserver ? quelle place laisser à la nature ordinaire, quels aspects pédagogiques doit-on valoriser ? > de garantir cohérence et complémentarité entre les différents acteurs du territoire et les projets portés par chacun. Le calendrier de réalisation L’élaboration de ce schéma a commencé en janvier 2008. Il devrait être achevé à fin décembre 2008. Sa réalisation se déroule en trois phases : > recueil des données, état des lieux (déjà réalisé) > bilan et définition du réseau des Espaces Naturels Sensibles (en cours de réalisation) > analyse et prospective : définition des projets et actions à mettre en œuvre pour préserver et valoriser le patrimoine naturel. A l’occasion d’un chantier nature, les élèves participent de façon concrète à la préservation des milieux sensibles. 19 dossier 3 questions à Amélie Douçot, professeur de SVT au collège Maurice Wajsfelner de Cuffies. Avec une classe de 6ème à projet artistique et culturel Amélie Douçot a organisé plusieurs sorties en partenariat avec le CPIE des pays de l’Aisne et le CSNP. L’une d’elles a débouché sur un chantier nature à la ferme biologique des Aubes Terre de Vauxaillon. L’Aisne : comment s’organise une sortie nature réussie ? Amélie Douçot : nos accompagnateurs sur ce type de sortie sont très demandés, il ne s’agit donc pas de faire une simple promenade. Il faut s’impliquer avec les élèves, les sensibiliser en amont et monter avec eux un vrai projet à valeur écologique sur le long terme. L’A : quelle pédagogie adopter ? A.D. : il faut du concret. Sur un chantier nature, les élèves sont acteurs. Ils voient ainsi qu’ils peuvent participer à la préservation d’un milieu avec des gestes simples, en débroussaillant, en faisant du compost et en apprenant aussi à repérer les espèces protégées comme une orchidée sauvage. Ils ont été marqués d’apprendre qu’il était interdit de les cueillir sous peine d’une amende de 1000 E ! L’A : quelles sont les difficultés pour mettre en place un tel projet ? A.D. : le temps ! J’ai obtenu une classe à « pac « (projet artistique et culturel) pour ce projet, cela aurait été plus difficile sans cela car c’est beaucoup de temps pris sur le programme scolaire. L’Aisne offre plutôt des facilités dans ce genre d’entreprise. Il y a beaucoup de choses à voir, les acteurs sont impliqués et très bons pédagogues, ils savent se faire comprendre et même obéir des élèves ! De plus, dans un cadre de sorties scolaires, beaucoup de choses sont gratuites. l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008



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