[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de sep/oct 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : des espaces naturels à redécouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 dossier Un site à découvrir Les pelouses de Chermizy-Ailles Pour y accéder, rejoindre Chermizy-Ailles en empruntant la D 19 depuis Chamouille en longeant le Center Parcs. De la mairie, prendre la route de l’église et continuer sur 2 km, puis prendre un chemin de terre sur la droite, un panneau d’interprétation marque l’entrée du site. L’histoire des hommes a modelé ce site de type pelouse sèche calcicole. Véritable oasis de nature sauvage, ces pelouses constituent le dernier refuge d’une flore et d’une faune rares et menacées. En plus d’un large éventail de plantes méridionales, on y trouve une vingtaine d’espèces d’orchidées qui attirent de nombreux papillons au printemps. L’équilibre très fragile de ce milieu est particulièrement menacé par l’usage d’engins motorisés malgré leur interdiction. Les prairies de Monampteuil On y accède en empruntant la D 19 depuis la N2 en direction de Chevregny. Etalées sur trois étages en pentes douces, les prairies sont contiguës à la base de loisir installée sur le bassin de Monampteuil. Ces prairies humides entourées de bois sont très appréciées des amphibiens comme la rainette, la grenouille agile et le triton crêté, le plus gros et le plus menacé de nos régions. S’y développent le Pâturin des marais, une graminée légalement protégée et, exceptionnel, les Pulmonaires des montagnes. Située dans une cuvette humide, la lande de Versigny a été classée « réserve naturelle « et sa gestion confiée au Conservatoire des sites naturels de Picardie en 1995. Depuis, le paysage a bien changé. « Le terrain s’était énormément boisé depuis l’arrêt du pâturage et de l’exploitation de la lande pour sa « terre de bruyère « dans les années 1960, explique David Frimin du CSNP. De larges zones ont été déboisées afin d’être à nouveau exposées à la lumière et des premiers tests d’étrépage à différentes profondeurs ont été réalisés manuellement sur de petites surface dès 1996. » Après le déboisement, l’étrépage est l’opération qui consiste à prélever une partie de l’humus du sol de façon à remettre la couche inférieure, contenant les semis de certaines espèces, à la surface. Les premières plantes à en avoir bénéficié sont la « bruyère l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008 David Frimin du CSNP et Fabien Coulbeaux, éleveur à Versigny, en pleine étude du terrain. Sur la lande de Versigny, le déboisement et l’étrépage du terrain ont permis le retour d’espèces végétales qui avaient disparu de la zone. La mémoire du sol à 4 angles « et la « bruyère à callune «, toutes deux typiques de la végétation des landes humides. Elles s’épanouissent à nouveau au soleil et ont repris leur place d’espèces dominantes sur les parties de lande. On retrouve également la « drosera « ou « rossolis à feuilles rondes «, une élégante petite plante carnivore particulièrement rare en Picardie. L’étrépage du sol sur une profondeur de 8 à 10 cm a permis de refaire germer des graines de cette espèce que le sol conservait depuis 30 ans ! « Les dernières grandes opérations d’étrépage ont été réalisées entre 2003 et 2004, poursuit David Frimin. L’année dernière, nous avons eu le bonheur d’en constater les effets en découvrant le « lycopode des sols inondés «, une espèce pionnière des milieux humides qui avait complètement disparu. Il réapparaît après quatre ans de maturation, précédé de peu par une petite algue, exactement comme cela a été observé La bruyère à 4 angles a retrouvé sa place d’espèce dominante après déboisement et étrépage du terrain. Conservées dans le sol pendant 30 ans, les graines de « drosera « ramenées à la surface ont germé et permis le retour de cette minuscule plante carnivore. sur d’autres sites comme en forêt de Rambouillet par exemple. « Quelques pieds de « saule rampant « avaient également été trouvés. Des boutures ont été prélevées puis confiées à l’antenne picarde du Conservatoire botanique national de Bailleul. Ce sont maintenant de jeunes saules que les équipe du CSNP replantent sur la lande afin d’assurer le maintien de cette espèce caractéristique des zones humides. Pour l’entretien de la réserve, le pâturage bovin et ovin a été remis au goût du jour en partenariat avec les éleveurs locaux comme Fabien Coulbeaux dont les vaches charolaises, Aubracs et croisées, tournent sur les parcelles. « Les races rustiques comme les Aubracs sont tout à fait adaptées à ce type de terrain, précise-t-il. Elles trouvent ici une végétation qui leur assure une alimentation variée. »
C’est une ancienne carrière du Laonnois comme il en existe beaucoup. Exploitée depuis l’époque gallo-romaine, elle s’étend sur 17 kilomètres de galeries et témoigne d’un histoire séculaire à travers les inscriptions, gravures et les vestiges rouillés de la Grande guerre que l’on y découvre. « C’est là tout le problème, commente Régis De Buttet, propriétaire des lieux, les gens venaient ici avec leur « poèle à frire « (détecteur de métaux) pour ramener une boucle de ceinturon allemand ou je ne sais quoi, certains n’ont pas hésité à tronçonner la roche pour emporter un graffiti. Je me souviens qu’il y a une vingtaine d’année encore, on pouvait parfois voir ici des milliers de chauvessouris pendues au plafond ! « Identifiée par le CSNP comme un site d’importance, la carrière est maintenant fermée par une lourde grille. Un Ne réveillez pas la chauve-souris qui dort Les cavités souterraines sont les lieux d’hibernation préférés des chauves-souris. Le Conservatoire des sites naturels de Picardie (CSNP) veille à ce qu’elles ne soient pas dérangées. panneau explicatif y sera bientôt posé. Une cheminée, qui pouvait également servir d’accès au visiteur indélicat, a elle aussi été obturée de façon à ne laisser passer que les chauves-souris. Le CSNP effectue un suivi régulier des populations dans les galeries. De son côté, le propriétaire s’engage à ne pas y mettre les pieds entre septembre et juin, période qui correspond à l’hibernation de l’animal. Sur les 40 dernières années, la population des chauves-souris a chuté de près de 90%. La Picardie compte une vingtaine d’espèce qui sont toutes aujourd’hui protégées, de la « pipistrelle « commune au « grand rhinolophe « dont on ne compte plus guère que 500 individus localement. Sur les raisons d’une telle dépopulation, François Boca du CSNP ne fait pas mystère : « Pollution et pesticides font qu’il y a pénurie d’insectes à manger, expliquet-il. L’habitat d’été, sous les combles des habitations, se fait de plus en plus rare et l’habitat d’hiver, comme ici en grotte, reçoit de plus en plus souvent des visites qui peuvent être fatales. Une chauve-souris sortie de sa léthargie pendant sa période d’hibernation risque de consommer toutes ses réserves d’énergie et de ne pas passer l’hiver. Nous faisons très attention quand nous Le Vespertilion à oreilles échancrées ou « Myotisemarginatus « est l’une des espèces qui apprécient les carrières pour passer l’hiver. venons les compter, il ne faut pas de lumière directe et même éviter de se mettre juste en dessous d’elles car elles sentent notre chaleur. « L’Aisne compte une dizaine de complexes souterrains fermés et surveillés de la sorte, les plus nombreux étant en forêt de Saint-Gobain. On ne sait pas comment, mais il semblerait que les chauves-souris se passent le mot quand elles ont trouvé un bon lieu d’hibernation. Certaines cavités fermées sont ainsi devenues des résidences d’hiver très prisées au détriment d’autres, dans lesquelles on ne pouvait décidément plus hiberner tranquille. Une cheminée qui offrait une possibilité de passage a été grillagée afin de ne laisser passer que les chauves-souris. 17 dossier Un site à découvrir Les prairies de Manicamp L’accès au site se fait par la route qui relie Manicamp à Abbécourt. Juste après le premier pont à la sortie de Manicamp, se garer et prendre un chemin sur la droite, il mène au lieu dit « les carrières « où démarre un sentier de découverte jalonné de bornes d’interprétation. Les marcheurs courageux peuvent continuer sur le chemin de randonnée aménagé par la commune sur une boucle de 11 km. Situé sur la moyenne vallée de l’Oise en zone inondable, ce site d’une extraordinaire richesse écologique compte 14 espèces de plantes remarquables et offre des conditions d’habitat idéales pour de nombreux oiseaux comme le Martin-pêcheur, la Pie-grièche écorcheur et le Râle des genêts, migrateur qui est l’emblème de la vallée. La falaise de Tupigny Pour s’y rendre, emprunter la D 66 entre Tupigny et Hannapes. La « falaise « surplombe la vallée du Noirieux, petite rivière qui se jette dans l’Oise à Vadencourt. Equipé d’un sentier découverte et d’une table d’orientation, cet affleurement calcaire offre une vue imprenable sur la vallée. La pelouse sèche du coteau abrite des plantes exceptionnelles comme la Silène des graviers et la Seslérie bleuâtre ainsi que deux espèces d’Orchidée. Le Martin-pêcheur et les rapaces trouvent ici un habitat favorable, certains insectes comme la Decticelle chagrinée (sauterelle) profitent également de cet assemblage de terrains tantôt secs, tantôt humides. l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008



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