[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
[02] l'Aisne n°168 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°168 de sep/oct 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : des espaces naturels à redécouvrir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 dossier L’Aisne accueille, du 18 au 21 septembre, le congrès national des Conservatoires de sites naturels. Au nombre de trente en France, regroupées en une fédération nationale, ces associations régionales emploient 600 salariés et interviennent pour la préservation de 2 000 espaces naturels totalisant 120 000 hectares. Elles sont le premier acteur associatif de valorisation des richesses biologiques, écologiques et paysagères dans notre pays. Dans l’Aisne, l’action du Conservatoire des sites naturels de Picardie (CSNP) fortement soutenue par le Conseil général, porte sur 900 hectares répartis sur 40 sites. Son président, Christophe Lépine évoque dans cette interview les enjeux liés à la préservation de la biodiversité. « Notre travail sur la nature, c’est un travail pour l’humanité » L’Aisne : le Center parcs de l’Aisne accueille du 18 au 21 septembre le congrès national des conservatoires de sites naturels qui a lieu tous les deux ans. Qu’est-ce qui fait la pertinence de cette candidature ? Christophe Lépine : l’Aisne et la Picardie sont exemplaires en matière de préservation des espaces naturels. Grâce au partenariat et au soutien des collectivités, le Conservatoire des sites naturels de Picardie a pu mettre en œuvre de nombreuses actions de sauvegarde des milieux naturels de l’Aisne. Il le fait avec une méthode qui lui vaut sûrement sa réussite : la concertation avec les autres acteurs locaux, le partenariat et l’appropriation par les habitants. Ici, nous avons aussi initié la réalisation de bilans du patrimoine naturel qui permettent aux communes et aux acteurs locaux de connaître les priorités sur leur territoire… Nous sommes ensuite capables d’aider tous ceux qui veulent monter des projets à le faire. Ce travail qui aujourd’hui séduit dans l’Aisne et en Picardie est montré en exemple en France et le congrès sera l’occasion de le visualiser ! L’A : qu’y a-t-il de neuf pour la conservation des espaces sensibles à la suite du Grenelle de l’environnement ? On n’a pas le sentiment qu’il s’agisse d’une priorité… Ch.L. : nous attendons de voir concrètement quelles seront les conséquences concrètes en matière de biodiversité, on en parlera d’ailleurs sûrement au congrès… Il faut surtout éviter de résumer notre action à la « protection des petites fleurs » ! Mais bien dire que l’Homme est garant de la préservation de son patrimoine et que l’équilibre des milieux Christophe Lépine (au centre) lors d’une sortie sur le terrain organisée par le Conservatoire des sites naturels de Picardie. l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008 Conservatoire des sites naturels de Picardie naturels et des espèces qui y habitent est une condition indispensable pour que l’Homme puisse survivre… Notre travail sur la nature, c’est un travail pour toute l’humanité ! L’A : la flambée du prix des céréales n’aura t-elle pas à terme raison des espaces dédiés à la préservation de la biodiversité ? Quels sont vos arguments quand il faut convaincre le grand public de la nécessité de préserver ces espaces ? Ch.L. : je confirme ce que j’ai dit précédemment : il n’y a pas à opposer les uns et les autres… Prenez la vallée de l’Oise, notre action de préservation sur les prairies inondables a certes peutêtre stoppé d’hypothétiques plantations de maïs (même si je n’ai jamais entendu parler de tels projets), mais nous avons permis, outre la préservation de la biodiversité, de pérenniser une activité d’élevage sur les prairies inondables, activité qui était en chute. Et la préservation de ces prairies permet à l’Oise de déborder naturellement de son lit sans envahir les villes et villages, ce qui, on le sait, peut coûter des millions ! Quant à la bonne protection des zones humides, sa conséquence, c’est de permettre de garder une eau de bonne qualité… Et donc qui coûte beaucoup moins en épuration ou assainissement ce qui, à terme, baisse la facture d’eau ! Si j’osais, je dirais qu’à notre manière, on défend aussi le pouvoir d’achat ! L’A : quels sont les grands changements observés dans la manière de gérer les sites naturels ces dernières années ? Ch.L. : c’est exactement le thème de notre congrès. Avant, on protégeait juste des espèces animales ou végétales. Avec l’arrivée des Conservatoires d’espaces naturels, on a voulu préserver l’habitat et les milieux naturels où vivaient ces espèces. Aujourd’hui, nous essayons de voir comment « penser global » sur l’ensemble du territoire et maintenir des corridors écologiques qui permettent aux sites de ne pas être des trésors de nature seuls dans leur coin mais qui ne pourraient pas survivre dans la durée mais bien des « réseaux de sites ». La Picardie est pilote dans ces réflexions… L’A : comment évolue la biodiversité dans notre département ? Ch.L. : l’érosion de la biodiversité, on la constate partout en Europe, malgré les engagements des uns et des autres. Dans l’Aisne, le nombre de sites gérés par le Conservatoire a augmenté énormément cette année et pérennise la présence de nombreuses espèces menacées. Là où nous sommes heureux, c’est quand des espèces disparues réapparaissent, comme c’est arrivé cette année sur la Réserve Naturelle de Versigny, où, après des expérimentations et des travaux, une plante disparue de Picardie - le lycopode des sols inondés - est réapparue au printemps. Là, je peux vous dire qu’on est alors très fiers de notre travail !
Source : Conservatoire des sites naturels de Picardie 2005 - Réalisation : Franck Grossiord/CSNP 2008 Les espaces naturels sensibles de l’Aisne 15 dossier Un site à découvrir La Hottée du Diable Située entre Coincy et Bruyèressur-Fère le long de la D310, la Hottée du Diable est un chaos rocheux qui domine une colline sableuse. Les énormes blocs de grès aux formes tourmentées associés à la bruyère callune qui s’épanouit sur ses versants en font un paysage saisissant qui attire de nombreux visiteurs. L’affleurement des « sables de Beauchamp «, particulièrement fins et purs, y permet l’apparition de plantes annuelles exceptionnellement rares comme la « Spargoute printanière « ou la « Mousse fleurie «, c’est aussi le domaine du lézard vert. Le principal ennemi de ce milieu est le piétinement de la végétation qui fixe le sable, le visiteur est donc invité à rester sur les sentiers balisés, notamment le sentier de découverte équipé de bornes qui décrivent le milieu, évoquent la légende qui donna son nom de Hottée du Diable à l’endroit et rappellent son lien particulier avec Paul et Camille Claudel. l'Aisne 168 - Septembre/Octobre 2008



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