[02] l'Aisne n°167 jui/aoû 2008
[02] l'Aisne n°167 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°167 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : des mains pour soigner les chevaux (portrait).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Priscilla Thomas et Martine Costenoble, chargées de mission IOD, en entretien de suivi avec Nicolas Tassin, gérant du Buffalo grill de Soissons. Géraldine Mathieu, recrutée en avril dernier, vise la polyvalence dans son nouvel emploi. 6 économie « Nos méthodes d’intervention sont souvent à contre-courant des pratiques traditionnelles de l’insertion, mais force est d’en constater l’efficacité. Elles prouvent qu’il existe des espaces et une volonté qui permettent l’intégration durable en entreprise. » Si, chiffres à l’appui, l’association Aisne action emploi (AAE) atteint année après année les objectifs ambitieux qu’elle se fixe, Pierre Mascitti, son président, veut voir la réalité en face : dans l’Aisne comme ailleurs, le marché de l’emploi est en souffrance. Les résultats obtenus montrent la capacité des entreprises locales à repenser leur mode de recrutement. Mais il faut également y voir selon ce président chef d’entreprise lui-même, un effet de « la combativité de nos collaborateurs. Les gens qui travaillent ici s’investissent vraiment dans leur mission ». Créée en 2002 sous l’impulsion du Conseil général de l’Aisne avec l’appui des chambres consulaires et le financement de l’Union européenne, Aisne action emploi est engagée dans une stratégie d’accès direct à l’emploi pour des personnes en situation d’exclusion. Cette stratégie se décline à travers trois volets. I.O.D (Intervention sur l’offre et la demande), le premier, a été mis en place dès 2002. Il est développé sur le terrain par la Mission emploi et entreprises forte de deux équipes de trois chargés de mission. Il s’adresse à des demandeurs d’emploi de premier niveau de qualification et donne de très bons résultats notamment dans les secteurs du bâtiment, des entreprises de service, de l’hôtellerie et de la restauration… IOD, une méthode labellisée, favorise la prise l'Aisne 167 - Juillet/Août 2008 en compte de demandes d’emploi durable et prend en considération les besoins des entreprises dans une logique d’intégration pérenne des nouveaux salariés. A travers elle, ce sont à ce jour 916 personnes qui ont repris un emploi dans une entreprise du secteur marchand, dont 500 en contrat de plus de six mois, majoritairement sous forme de contrats en CDI. A.I.E. (Aisne initiative emploi) a été mis en place dès 2003. Ce deuxième volet de l’action de l’association s’adresse à un public de demandeurs d’emploi plus qualifiés, de niveau cadre et technicien supérieur. Il s’agit d’un service d’interface active visant à la remobilisation et à l’accompagnement des personnes sur un projet professionnel. Son action consiste à rechercher des employeurs potentiels et à proposer des offres d’emploi directement négociées par ses animateurs. La démarche induit simultanément la valorisation des potentiels et une dynamique de coaching des personnes accompagnées. En 2007, 52 personnes ont ainsi accédé à un emploi à travers cette action, le taux de maintien sur plus de six mois y est de 92%. « Nous travaillons dans une logique de mise à l’emploi et d’intégration durable, précise Bruno Douçot, directeur d’Aisne action emploi. Pour nous, l’enjeu est que la personne reste dans l’entreprise et pour ce faire, nous sommes particulièrement vigilants sur le suivi post-embauche. La plupart des structures d’insertion ne proposent pas d’accompagnement en entreprise. Pour nous, un emploi est Objectif emploi L’enjeu est que la personne reste dans l’entreprise. Aisne Le retour à l’emploi c’est le domaine d’activité d’Aisne Action Emploi. L’association départementale a un credo : conjuguer les attentes des entreprises et celles des futurs salariés qu’elle accompagne. évalué régulièrement en phase de démarrage, mais l’accompagnement peut se poursuivre sur une durée qui peut aller jusqu’à 24 mois. Notre objectif, c’est le contrat en CDI, non aidé et à temps complet. S’il y a du temps partiel, il est important en tout cas que ce soit par choix de la part du salarié. En cumulant les résultats de la méthode IOD et de AIE, nous avons à ce jour remis 1 310 personnes à l’emploi dont 685 en contrat de travail de plus de six mois. J’ajouterai que ce n’est pas parce que nous prenons les meilleurs que nous pouvons afficher de tels résultats, nous ne choisissons pas les personnes qui entrent dans nos actions, elles nous sont directement adressées par les services d’insertion. » Lancé en janvier 2008, le dispositif Intègr’emploi est le plus récent. Axé sur un suivi en entreprise des signataires d’un contrat CI-RMA (Contrat d’insertion - Revenu minimum d’activité), il a pour vocation de soutenir les employeurs et leurs salariés embauchés sous de tels contrats pour faciliter l’adaptation au poste de travail et l’intégration durable dans l’entreprise. « Les constats réalisés suite au lancement du dispositif RMA ont révélé le besoin de renforcer les logiques d’accompagnement dans l’entreprise, d’où la mise en place d’une action spécifique sur ce terrain. Les premiers résultats, encourageants, d’intégration et de maintien dans l’emploi vont dans le sens des effets attendus », indique le responsable de la structure.
7 économie Adéquation entre les attentes de l’employeur et celles du demandeur d’emploi Epaulé par le directeur Laurent Guillet, Arnaud Coral a vite satisfait aux exigences de la société Axotech de Soissons. IOD et AIE, des résultats sur le terrain « Nous avons été vite satisfaits du contact établi avec l’équipe de Mission emploi et entreprises, ce sont des gens particulièrement réactifs et toujours disponibles, même au-delà de la période d’essai des personnes embauchées. Ils préparent bien le terrain, du côté administratif cela nous facilite la tâche à nous employeurs. Pour la personne qui se présente à un emploi c’est également rassurant, elle visite son poste de travail en amont et arrive en sachant parfaitement où elle met les pieds. » Gérant du restaurant Buffalo Grill à Soissons, Nicolas Tassin sait de quoi il parle. Depuis le mois de janvier 2008, quatre personnes ont trouvé un emploi chez lui à travers le dispositif IOD. « C’est une entreprise qui joue le jeu, avance Martine Costenoble, chargée de mission de Aisne action emploi. Mickaël Barre, qui était dans notre dispositif depuis peu, a été engagé ici comme cuisinier suite à une candidature, ce qui nous a donné l’occasion de nous faire connaître de l’entreprise et de lui proposer d’autres personnes, avec succès. » Embauché directement en CDI, Mickaël s’est parfaitement intégré à l’équipe des 24 salariés du restaurant. Il s’occupe également de la formation des nouveaux arrivants. « Il est très pédagogue, assure Géraldine Mathieu, 38 ans, présentée par l’équipe IOD et embauchée en cuisine depuis le mois d’avril. Titulaire d’un BEP force de vente, Géraldine était sans emploi depuis deux ans. « C’est dur au début, glisse-t-elle, Mickaël m’a bien aidée pendant la première semaine et maintenant je me sens à l’aise et polyvalente. » Entreprise familiale, le Buffalo Grill de Soissons est assez représentatif des PME qui recrutent dans le sens des objectifs IOD. « Ils sont tout à fait prêts à donner leur chance à des personnes non qualifiées, affirme Priscilla Thomas de Aisne action emploi, ils cherchent également à fidéliser leurs salariés et proposent des CDI. » Ce que le gérant confirme : « les personnes non qualifiées sont en fait plus faciles à former et à intégrer dans l’équipe. En saison, nous embauchons souvent quelques personnes en contrat court, mais nous visons principalement les CDI pour plus de stabilité. Les gens en CDD de courte durée, ils s’en fichent un peu, ceux qui sont là pour rester s’impliquent davantage. » Pour la société Axotech, installée au Parc Gouraud de Soissons, c’est le dispositif AIE (Aisne initiative emploi) qui a permis l’embauche d’un collaborateur qualifié en la personne d’Arnaud Coral, titulaire d’un bac pro DPI (définition de projet industriel). « Cela faisait deux ans que j’étais en recherche d’emploi et on ne me proposait rien », affirme ce trentenaire qui auparavant enchaînait les missions courtes en intérim. Reconnue dans le domaine de l’outillage spécial, Axotech est une jeune société de trois salariés. Pour Laurent Guillet, son directeur, l’intermédiaire de AIE a été très positif dans ce recrutement. « La personne proposée est déjà ciblée, explique-til, il y a donc vraiment adéquation entre les attentes de l’employeur et celles du demandeur d’emploi. Arnaud avait déjà des compétences sur des logiciels comme Autocad, nous l’avons accompagné et un peu formé sur le reste, après deux contrats en CDD de six mois, nous avons signé avec lui un CDI en décembre dernier. » AIE agit prioritairement dans une logique centrée sur l’emploi qui reste le meilleur vecteur d’insertion sociale. « Nous commençons par identifier les besoins des entreprises le but du jeu étant de faire se rencontrer les bonnes personnes, commente Philippe Promelle, chef de projet du dispositif. Les gens sont sortis du marché du travail depuis un certain temps, il faut parfois les pousser un peu et leur faire prendre conscience qu’ils ont bel et bien les compétences requises. Ce fut le cas pour Arnaud qui se voyait plutôt évoluer dans le domaine du tuning que dans celui de l’outillage spécial, mais comme beaucoup des clients d’Axotech sont dans le secteur de l’automobile, je crois qu’ils se sont vite trouvés. » Mickaël Barre, 26 ans, a été embauché comme cuisinier au début de l’année, il s’occupe également de la formation des nouveaux arrivants. l'Aisne 167 - Juillet/Août 2008



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