[02] l'Aisne n°167 jui/aoû 2008
[02] l'Aisne n°167 jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°167 de jui/aoû 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : des mains pour soigner les chevaux (portrait).

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Une interview de Denis Rolland, historien, président de l’association Soissonnais 14-18 et auteur de La grève des tranchées*. * La grèves des tranchées : les mutineries de 1917 Paris - Imago - 2005. Extrait de Jugement du Conseil de guerre siégeant à Ambleny le 4 octobre 1914. 1918-2008 Du Chemin des Dames au cessez-le-feu 28 culture Les Fantômes de 1918 Veillée spectacle à la Butte Chalmont La Butte Chalmont, près de Soissons, où se dresse le monument national commémoratif de la 2 e bataille de la Marne, va être le théâtre d’une grande veillée spectacle le samedi 30 août prochain. Cet événement de plein air, gratuit, pro- "Entraînés dans un cataclysme que nul n’avait imaginé" L’Aisne : pourquoi, comme le fait le Conseil général de l’Aisne, demander à la République française la possibilité pour les familles, communes ou associations d’inscrire sur les monuments aux morts les noms des soldats « condamnés pour l’exemple ? » Denis Rolland : « une étude récente d’un historien éminent (Antoine Prost) a montré que de nombreux morts ne figuraient pas sur les monuments aux morts des communes de France. Cela tient au fait que seuls les combattants qui ont eu droit à la mention « mort pour la France « peuvent y être inscrits. Les morts de maladies non contractées en service, les suicides, les accidents de trajet et, bien sûr, les fusillés en sont donc exclus. Pourtant comme les autres combattants, ils ont répondu à l’appel de la mobilisation. Ils ont été entraînés malgré eux dans posé à l’initiative du Conseil général de l’Aisne, sera l’un des points d’orgue des manifestations organisées dans l’Aisne pour le 90 e anniversaire de 1918. 15 000 personnes sont attendues sur place pour assister à une évocation de la fin de la guerre conçue par le scénographe Pyrogramme avec le concours de la Mission Chemin des Dames du Conseil général de l’Aisne. La soirée se déroulera en deux temps. A partir de 19 heures, le public arrivé sur place sera progressivement plongé dans l’atmosphère de la Grande Guerre. Une mise en condition avant la tombée de la nuit. A 22 heures, se déploiera le spectacle nocturne d’une durée d’une heure comportant notamment vingt l'Aisne 167 - Juillet/Août 2008 un cataclysme que nul n’avait imaginé. Les inscriptions sur les monuments aux morts sont donc une version tronquée de la réalité des pertes d’une commune. Cette état de fait ne résulte pas de la loi mais d’un usage car la réglementation est très floue. Un jugement du tribunal de Nancy du 14 septembre 2004 l’a rappelé récemment : « aucun texte législatif ou réglementaire ne détermine les conditions d’inscription d’un nom sur les monuments aux morts communaux ». C’est l’usage qui prime dans l’esprit de la loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France pendant la Grande Guerre. En conséquence, volontairement ou par ignorance des causes de la mort, certaines communes ont inscrit les « non morts pour la France ». Dans ce contexte, les autorités sont incapables de se prononcer sur le bien fondé ou non d’une inscription. Il serait donc nécessaire de clarifier la loi afin que les soldats morts « à cause de la Grande Guerre » puissent figurer sur les monuments aux morts même s’ils ne sont pas « morts pour la France ». L’Aisne : quels cas recouvre cette notion de « condamnés pour l’exemple ? » D.R. : « comme l’a justement rappelé l’historien Jean-Jacques Becker, en droit le « fusillé pour l’exemple « n’existe pas. Le code militaire définit des crimes et délits passibles ou non de la peine de mort. Tous les fusillés ont été condamnés pour des motifs précis : abandon de poste, désertion, révolte, voie de fait etc … L’exemplarité résulte des condamnations sans preuve très fréquentes au début de la guerre (par exemple les fusillés de Vingré) minutes de séquences pyrotechniques. Le scénario original de l’événement est directement inspiré de l’œuvre du sculpteur Paul Landowski, Les Fantômes, érigée au sommet de la Butte Chalmont en souvenir de la course à la Marne qui fut un tournant de la guerre. 90 ans après, l’image de sept poilus tombés en 1918 dans les différents secteurs du front de l’Aisne réapparaît sur ce site emblématique à travers un écran d’eau de 20 mètres de long. Tandis que la mort, le 8 e personnage, n’est jamais loin, ces fantômes de combattants adressent au public contemporain le témoignage de leurs souffrances et de l’absurdité de ce qu’ils ont vécu. Témoigner, inviter à réfléchir, appeler à la paix : telle sera la dernière mission de ces soldats. + d’infos Aisne ou encore du choix des soldats déférés devant le conseil de guerre. Un exemple : en 1917, 400 soldats se mutinent à Cœuvres et sont encerclés pendant une semaine. Il est matériellement impossible de tous les juger. On en sélectionne 30 selon des critères obscurs, 11 sont condamnés, un seul est exécuté, or ce n’était pas un meneur. On a manifestement cherché à faire un exemple ». L’Aisne : n’est-t-on pas en train de faire de ces soldats des héros au détriment de tous les autres ? D.R. : « y a-t-il vraiment un risque ? Vally, fusillé à Chacrise en juin 1917 figure sur le monument au mort de Herbeviller depuis son édification dans les années 1920 tout comme Mille à Rouen. Truton fusillé à Pargnan en juin 1917 est enterré dans le cimetière militaire de Cerny en Laonnois avec la mention « mort pour la France » à laquelle il n’a pas droit. Les distingue t-on des autres combattants ? Sortir de l’ombre ceux qui sont oubliés ne signifie pas pour autant les glorifier. Je suis contre une mesure de réhabilitation qui reviendrait à rejuger hors du contexte de l’époque. En revanche, l’inscription sur un monument permet simplement de dire que cela a existé et que c’était un enfant de la commune. Le monument aux morts d’une commune avait, dans les années 1920, une signification qu’il n’a plus aujourd’hui. Ce serait une façon de leur redonner un nouveau sens en laissant la possibilité aux municipalités d’inscrire les noms de tous ceux qui n’ont pas eu droit à la mention « mort pour la France «. Il y en a 90 000 ! » Evocation à partir de faits historiques plutôt que reconstitution, le spectacle mêle lectures de textes, vidéo, effets lumières, feux d’artifice, chanson, musique et mobilise d’importants moyens. Voir également notre dernière page. Pour plus de détails sur les conditions d’accueil du public, les horaires, la circulation, il est vivement conseillé de consulter les informations pratiques. www.chemindesdames.fr www.caverne-du-dragon.fr www.aisne.com
Le programme 2008 Vendredi 22 août : Fest’Off à partir de 19h30. Gratuit. Le camping des Vers Solidaires ouvrira ses portes dès ce soir-là. Samedi 23 août : La programmation musicale : 15h, le Brass Band (orchestre de 25 cuivres) ; 16h10, French Kiss (bluesrock) ; 17h20, En Root’s (ska) 19h, Les Fouteurs de joie (chanson française) ; 21h, Mell (rock punk) ; 22h35, Puta Guerilla (punk) 23h40, Marcel et son orchestre (style hybride de ska, rock, musette, disco, techno et reggae) ; 1h30, DJ Flo (musique electro) ; En déambulation Bertrand et... qui se produira dans différents endroits du festival. Espace conférence : 15h45, l’éco citoyenneté ou l’écologie au quotidien 16h45, la problématique déchets ; 19h, l’éco habitat 20h15, les OGM. Le village associatif : plus d’une vingtaine d’associations militantes du respect des droits de l’Homme et de l’environnement. Parmi elles : Geenpeace, Amnesty International, Réseau Education sans Frontières... Le village des enfants : accueil des enfants gratuit dès 14h30, assuré par des animateurs BAFA. De nombreuses activités seront proposées aux enfants. 29 culture Aurélie Bourillon Saint-Gobain C’est le 23 août prochain qu’aura lieu la quatrième édition du festival des Vers solidaires à Saint- Gobain. A l’origine de cette journée festive : une bande d’amis, réunis en association, sous le nom de Gaïa. Ludwig Barbaux Solidarité, humanitaire, écologie, musique : voilà des termes qui caractérisent très bien le festival de musiques actuelles des Vers solidaires de Saint-Gobain. Cette manifestation estivale est organisée depuis quatre ans par l’association Gaïa. A l’origine de cette structure créée en 2004 : une bande d’amis aux convictions très militantes. « A travers ce festival, nous voulions offrir une première scène aux formations locales, rendre la culture accessible à un large public, et initier des opérations humanitaires et écologiques », explique Anne Péry, membre de l’association, chargée de la communication de l’événement. L’écologie tourne rond avec Gaïa et son festival L’aspect écologique sera particulièrement mis à l’honneur le 23 août prochain. L’association Gaïa va inciter tous les festivaliers à participer à cette démarche moins polluante. Ils devront effectuer le tri des déchets, utiliser des gobelets réutilisables consignés et faire usage de toilettes sèches. C’est grâce à la bourse du prix « Envie d’agir » (une subvention de 6 000 E leur a été accordée pour leur initiative écologique), reçue en novembre 2007 à Paris, que l’équipe pourra construire elle-même ce système de récupération qui demeure assez coûteux. Papier recyclable pour la campagne d’affichage, réduction de 50% sur le billet de train et un partenariat avec la RTA qui met en place des navettes gratuites * pour se rendre jusqu’au site du festival... L’équipe de Gaïa. La scène du festival. Archives. Autre vocation essentielle de Gaïa : les projets humanitaires. « Grâce au public, aux bénévoles et aux artistes, deux opérations de reboisement ont été initiées au Sénégal. L’édition 2008 va permettre de pérenniser ce projet et d’accompagner de nouvelles actions pour l’accès à l’énergie, la santé, l’éducation et le développement économique », précise Yvain Brochot, l’un des piliers de l’association. A noter aussi le soutien à un orphelinat haïtien et des cadeaux de Noël offerts aux enfants défavorisés de Tergnier. Plus de 2 000 personnes ont assisté à la dernière édition du Festival qui avait mobilisé 96 bénévoles. Cette année encore, la manifestation fera la part belle aux artistes locaux et offrira une tête d’affiche très festive. Le groupe nordiste, Marcel et son Orchestre, animera une partie de la soirée. « Nous essayons de mélanger tous les styles musicaux, conclut Anne Péry. Grace au public, nous avons ˆ initié deux opérations de reboisement au Sénégal. Festival des Vers Solidaires, le samedi 23 août au stade de Saint-Gobain. Entrée : 10 E ; 8 E en prévente. Gratuit pour les moins de douze ans. Les chiens de plus de 300 grammes ne sont pas acceptés. Parking gratuit. Buvette et alimentation biologique sur place. Navettes bus depuis des villes du département sur réservation auprès de l’association. Rens. 06 63 70 84 83. contact@vers-solidaires.org - www.vers-solidaires.org l'Aisne 167 - Juillet/Août 2008



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