[02] l'Aisne n°166 mai/jun 2008
[02] l'Aisne n°166 mai/jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°166 de mai/jun 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la pub de l'Aisne dans le Center Parcs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 dossier Histoire vivante En saison, le site de Marle s’anime au travers de manifestations comme les Journées mérovingiennes et le Festival international d’Histoire vivante qui réunit chaque année différentes troupes de reconstitution historique d’Europe (voir pages 14/15, les manifestations médiévales de l’été). Les Francs de Marle de l’association pour le développement et l’animation du musée de Marle (ADAMM) recréent le quotidien d’une petite communauté villageoise de paysans-guerriers des VI e et VII e siècles avec de nombreuses démonstrations du travail du fer, du bois, de la taille de pierre, de vannerie, de tissage… Marle Les Francs de Marle. Suite et fin du voyage à remonter le temps dans le département. A Marle, le Musée des Temps barbares, ouvert en 1991, est un musée de site consacré à la période mérovingienne qui s’étend sur 4 hectares. Au commencement, « La collection présentée au public comprend l’essentiel du mobilier archéologique découvert lors des fouilles sur le site voisin de Goudelancourt les Pierrepont où une nécropole et des habitats des VI e et VII e siècles ont été mis au jour », indique Alain Nice, conservateur et directeur du musée de Marle (1). Unique en France, le lieu qu’il dirige est associé à un parc archéologique de 4 hectares et se présente comme un véritable musée de plein air qui donne à voir plusieurs reconstitutions d’habitats mérovingiens grandeur nature. « Nous avons une volonté affirmée et affichée de faire de la reconstitution et non pas de l’interprétation historique. L’ensemble des bâtiments reconstitués sur le parc a été réalisé sous le contrôle d’un comité le musée des Temps barbares de spécialistes français de la période, une équipe composée d’archéologues, de scientifiques et de chercheurs », indique Alain Nice. Le parc archéologique comprend aujourd’hui une ferme mérovingienne reconstituée à partir des découvertes de Goudelancourt les Pierrepont ainsi qu’un village franc complet assemblé à partir des fouilles archéologiques effectuées à Juvincourt et à Damary. Le village comporte vingt-etune constructions. « Des grands bâtiments à vocation économique, une maison d’habitation et de nombreuses dépendances, des cabanes et des greniers », détaille le conservateur. Dans les jardins au centre du village sont cultivées des plantes médicinales, tinctoriales (qui servent à teindre) Marle - Démonstration de machine de guerre de l’époque romaine. et des légumes connus à l’époque. A proximité, d’autres parcelles archéologiques, des vergers et des champs présentent notamment les différentes céréales consommées à la période du Haut Moyen Age. Un peu plus loin, sur une légère éminence, une petite nécropole mérovingienne a été reconstituée d’après deux chantiers, celui de Goudelancourt les Pierrepont et celui de Vorges. « Les modes d’inhumation de l’époque, certains rites funéraires et diverses marques de sépultures (stèles de Goudelancourt et de Vorges) ainsi qu’un enclos funéraire y ont été fidèlement restitués », souligne encore Alain Nice. (1) Alain Nice est également médiateur culturel au sein du service départemental de la Conservation des musées et de l’archéologie au Conseil général de l’Aisne. Contact : www.muséedestempsbarbares.fr Charge de légionnaires.
Au XII e et XIII e siècles, Laon est à son apogée. La ville est un vaste chantier. De nombreux édifices bâtis pendant cette période sont encore visibles aujourd’hui. Présentation par l’historien Claude Carême. Laon, perle médiévale Les XII e et XIII e siècles sont un âge d’or pour la ville de Laon. Le financement des nombreuses constructions qui sont alors entreprises est assuré grâce aux richesses issues de l’agriculture. Une agriculture dynamique - production de céréales, élevage et vignoble - qui se développe dans le Laonnois à la suite de défrichements intenses. Les puissants seigneurs accaparent les revenus agricoles et peuvent ainsi être de grands bâtisseurs. Les rois carolingiens ont des domaines dans le Laonnois et viennent souvent se réfugier à Laon, considéré comme la ville-refuge par excellence, imprenable sur sa butte surmontée de remparts. Elle reste ville royale sous les Capétiens : le roi, qui est également comte de Laon, y séjourne parfois et y édifie un palais où il laisse à demeure un personnel. La ville est également ville religieuse, et ce à double titre. L’évêque y est renommé. Comte du Laonnois, 2 e pair de France, proche du roi, seigneur de 12 villages, il dispose lui aussi de son personnel. Par ailleurs, le chapitre des 84 chanoines est le plus important du nord de la France. Il règne sur 24 villages, assume l’assistance, assure le culte dans la cathédrale, et dirige une école célèbre en Europe. Ces puissants riches financent les remarquables édifices du cœur de la Cité. Le palais épiscopal est dû aux évêques Gautier de Mortagne (1155-1174) et Garnier (1238-1249). L’aile qui longe le rempart est d’un beau gothique avec ses trois tourelles hors les murs, ses fenêtres et sa galerie de neuf arcades en arc brisé. Les chanoines édifient successivement deux hôtels-Dieu. Demeure sur le parvis le premier, élevé en 1167, le plus ancien de France. Sa salle inférieure accueillait les pèlerins et sa salle supérieure les malades. Cet hôtel-Dieu est prolongé d’une galerie-cloître qui compte neuf travées à voûte d’ogive. Elle se situe à l’entrée de la « rue du cloître » actuelle, alors vaste quartier réservé aux chanoines, fermé par 4 portes dont celles de la ruelle des Templiers et de la ruelle Pourrier. Il existe toujours dans cette dernière une des 50 belles demeures canoniales aux cheminées romanes. Près du quartier canonial, la charmante chapelle des Templiers est érigée vers 1140. Sa nef octogonale à la voûte en forme de coupole reprend la forme du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Le porche a été ajouté à la fin du XII e et le campanile au XIVe. A l’extrémité du bourg, Saint-Norbert fonde en 1124 l’abbaye Saint-Martin. L’église est commencée en 1150 et agrandie en plusieurs étapes en fonction du nombre croissant des moines. La première phase concerne le chœur, le transept, les deux tours de la croisée et deux travées de la nef. En 1190, on ajoute cinq travées et on élève une voûte, en pierre, à 17 m : Laon - La chapelle des Templiers. cela nécessite des arcs-boutants. En 1270, c’est l’édification de la façade occidentale qui apparaît comme importée et plaquée, mais fine, haute de 35 met bien décorée avec des anges au sourire comme à Reims. Edifiée de 1217 à 1236, lors de la mise en place du rempart ouest, la porte de Soissons ou porte Soibert, est la plus monumentale de la ville, malheureusement en partie effondrée en 1895. Son architecture militaire est typique de la période de Philippe Auguste, comme celle des portes d’Ardon et des Chenizelles. Elle comprend, côté ville, des salles à voûtes en croisée d’ogive. L’ouverture extérieure est une arcade brisée protégée par deux tours semicirculaires et par une étonnante tour-éperon penchée, la Tour de Dame Eve. + d’infos www.aisne.com Panorama du patrimoine médiéval dans l’Aisne 19 dossier Laon La cathédrale La grande œuvre des chanoines est sans conteste la cathédrale. Construite en seulement 30 ans, de 1150 à 1180, modifiée par l’allongement du chœur entre 1190 et 1220, elle illustre parfaitement le passage du roman au gothique. Sur la butte, l’imposant édifice de 120 m de long et ses cinq tours, pointant à 160 m au-dessus de la plaine comme un phare pour les pèlerins, montrent l’Eglise chrétienne triomphante. À l’intérieur, la lumière intense est diffusée par les nombreuses fenêtres, lancettes et rosaces dont la réalisation a été permise par une innovation, l’arc-boutant. Avec la lumière, les multiples illustrations de l’Incarnation célèbrent la gloire de Dieu. La cathédrale affirme aussi que l’Eglise seule assure la Vie éternelle par l’enseignement dispensé dans l’école de Laon célébrée en particulier dans les vitraux de la rosace nord. Les bœufs des tours de la Cathédrale.



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