[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : arts plastique... ça s'apprend !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18 dossier Graffiti break A en croire les séries télé américaines qui nous emmènent en prison, le détenu type passe son temps à soulever des haltères en exhibant ses tatouages. A la prison de Laon, l’administration pénitentiaire propose des activités plus variées. Dans le quartier « social « de l’établissement, les détenus ont accès à une bibliothèque, ils peuvent suivre des cours de mathématiques, de grammaire ou d’anglais, préparer le brevet des collèges ou passer le code pour le permis de conduire. Ceux qui le souhaitent peuvent également s’inscrire aux différents stages organisés par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), en collaboration avec la Fédération des œuvres laïques (FOL) qui se charge de trouver des intervenants extérieurs dans des domaines comme la vidéo, la musique, le théâtre et les arts plastiques. Baptiste est l’un de ces intervenants, il anime des stages de graffiti en milieu carcéral depuis sept ans. « J’ai commencé à faire des interventions autour du graffiti dans les collèges, explique-t-il, puis dans des structures à caractère social pour encadrer des adolescents dits « en difficulté «. A cette époque, je m’étais déjà dit que ce serait intéressant d’interve- l'Aisne 165 - Mars/avril 2008 nir dans les prisons, mais je pensais que ce n’était tout simplement pas possible jusqu’au jour où c’est l’administration pénitentiaire elle même qui m’a contacté. « Sept détenus se sont inscrits pour ce stage graffiti qui les mobilise deux heures dans la matinée pendant quatre jours, le temps nécessaire pour que chacun puisse finaliser un « graff « sur une toile. Les œuvres individuelles sont généralement récupérées par leur auteur à leur sortie de prison. Les travaux collectifs restent par contre bien souvent sur place, il est même prévu de réaliser prochainement une vraie fresque sur un mur de promenade. « Je me suis inscrit à ce stage pour apprendre quelque chose de nouveau, affirme Eric* l’un des stagiaires. En prison, toute activité est bonne à prendre, tout est bon pour devenir moins bête et essayer de perdre le moins de temps possible. C’est l’occasion de sortir de cellule, de s’ouvrir un peu l’esprit et de rencontrer des gens de l’extérieur. On sent l’encadrement dans « En prison, toute activité est bonne à prendre. « En quatre jours, chaque stagiaire réalise un graffiti sur toile. S’inscrire dans un projet et apprendre de nouvelles choses, c’est ce qui motive les détenus à participer aux stages organisés par le SPIP. Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation a pour principale mission de prévenir la récidive à la sortie des personnes incarcérées. Il organise dans ce cadre des activités à but culturel et artistique en milieu fermé. Impressions recueillies lors d’un stage graffiti à la prison de Laon. ces stages, ce n’est pas « Tiens, prends une bombe et débrouille toi. Il y a un vrai travail derrière. « D’un point de vue pédagogique, Baptiste pratique en prison exactement de la même façon qu’à l’extérieur. « Je commence toujours par leur expliquer l’origine du mouvement graffiti, survenu sur fond de misère et de revendications politiques aux USA. A travers des exemples dans les magazines, j’insiste aussi beaucoup sur la pratique légale de cette discipline qui est généralement perçue comme n’étant que du vandalisme. Côté pratique, le but est d’apprendre le maniement d’un nouvel outil, la bombe de peinture, développer leur créativité et surtout de les remettre dans une situation où ils doivent réfléchir par eux-mêmes. En venant ici, le détenu s’inscrit dans un projet et c’est déjà un effort de sa part. « Contact : SPIP 03 23 23 78 80 *par respect d’anonymat, le prénom a été modifié. 1 - A la maternelle de Fresnoy le Grand, chaque enfant a son carnet de croquis. 2 - Atelier peinture, Ecole Quentin de La Tour. 3 - Séance de modèle vivant, Ecole Quentin de La Tour. 4 - Patchwork de dessins d’enfants, Fresnoy le Grand. 5 - Toile collective réalisée par les enfants de Vivaise. après la visite de l’exposition de Judith Wolf à la MAL de Laon. 6 - Sculpture façon Giacometti à Fresnoy le Grand. 7 - Petit monstre sorti de l’atelier sculpture de l’Ecole Quentin de La Tour.
1 3 19 dossier 4 5 6 2 7 l'Aisne 165 - Mars/avril 2008



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