[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : arts plastique... ça s'apprend !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
16 dossier Dans l’Aisne, six lycées proposent les arts plastiques en « enseignement de détermination « dès la classe de seconde. Stratégie bachelière ou réelle vocation, chacun ses motivations. Immersion au lycée Jean de la Fontaine à Château-Thierry. « Je dessine depuis que je suis tout petit, plus tard je me verrais bien designer ou quelque chose comme ça. J’ai déjà repéré une école à Nantes qui m’intéresse. « En classe de seconde au lycée « Jean Laf » à Château-Thierry, Marc, 16 ans, prévoit de passer un baccalauréat littéraire (L). Dans cette filière, il pourra choisir les arts plastiques en enseignement de spécialité, à raison de 5 heures par semaine avec un coefficient 6 au bac, ou en option facultative, proposée également aux élèves des sections S et ES. Dans ce cas de figure, c’est 3 heures d’arts plastiques par semaine et un coefficient 2 au bac, sachant que seuls comptent les points au dessus de la moyenne. Gratter des points pour le fameux diplôme, c’est plutôt ce qu’envisage Pauline, 16 ans également, qui se sent des dispositions artistiques, un goût pour les balades au musée et un faible pour la peinture de Gustav Klimt, « Mais je ne m’y vois pas professionnellement, avoue-t-elle. C’est d’abord un plaisir, un enrichissement. « Plutôt bien implantée dans l’académie d’Amiens, l’option arts plastiques existe depuis plus de 15 ans au Lycée Jean de la Fontaine, ce qui permet d’avoir un certain recul sur le cursus des élèves qui l’ont fréquentée. Beaucoup embrayent après le bac sur des études plus classiques dans le domaine des sciences humaines, comme le droit ou la psychologie, mais d’autres embrassent bel et bien une carrière artistique et certains se sont fait un nom comme graphiste, designer, plasticien ou même, auteur de bande dessinée. Parmi ces anciens élèves, Arnaud Finix de l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg (ESAD) ou Sophie Luu Dinh qui travaille comme designer dans le packaging, ont déjà répondu favorablement à l’invitation du lycée à venir exposer dans sa nouvelle galerie. l'Aisne 165 - Mars/avril 2008 Barbouille au bahut Toute récente dans l’enceinte du lycée, cette galerie fait partie du réseau des lieux dédiés à l’art en milieu scolaire qui accueillent une exposition du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) au moins une fois dans l’année (lire p.15). Pierre-Etienne Morelle y présentait récemment « grow «, un travail conjuguant installation et performance à grand renfort de caoutchouc laborieusement découpé dans des chambres à air. « Rencontrer l’artiste et participer à sa performance comme il nous l’a proposé est une super expérience, affirme Gaëlle, 17 ans, en terminaleL. C’est fou comment il a galéré pour découper tout ce caoutchouc, mais il y a une démarche intéressante derrière, il ne fait pas ça par hasard. « Démarche, questionnement, concept et théorisation, autant de composantes qu’un enseignement artistique digne de ce nom ne peut laisser de côté même si, à la veille de leur entrée en cycle d’études « L’élargissement du champ des arts plastiques en fait une sorte de discipline-monde « Lycées proposant les arts plastiques en « enseignement de détermination « : Château-Thierry, lycée Jean de la Fontaine ; Chauny, lycée Gay Lussac ; Hirson, lycée Joliot Curie ; Laon, lycée Paul Claudel ; Saint- Quentin, lycée Henri Martin ; Soissons, lycée Gérard de Nerval Examen des derniers travaux réalisés par les terminales, sous l’œil de Pierrick Mouhoub, enseignant en arts plastiques. supérieures, aucun des élèves interrogés n’envisage de devenir « artiste « au sens strict du terme. La notion d’utilité concrète reste prépondérante dans les métiers qui les attirent ce qui illustre bien la position ambiguë qu’occupe l’art dans notre société. Est-ce un métier d’être artiste ? A quoi ça sert l’art ? Marcel Duchamps ouvrait le débat il y a près d’un siècle et il est toujours d’actualité. « L’élargissement du champ des arts plastiques en fait une sorte de discipline-monde, avance pourtant Véronique Adnot-Corme, enseignante et coordinatrice arts plastiques du lycée. Les arts plastiques ne se réduisent pas à reproduire le réel, que ce soit avec un pinceau ou un logiciel, en suivant le modèle des grands maîtres du passé. Au fil des ruptures provoquées par les mouvements d’avant-garde qui ont jalonné le XX e siècle, on peut dire qu’ils ont acquis aujourd’hui leur autonomie. « Rencontre avec l’artiste Pierre-Etienne Morelle dans la galerie d’art du lycée.
17 dossier En plus des cours du soir et du mercredi, l’école Quentin de La Tour de Saint- Quentin accueille des élèves à temps complet pour une année préparatoire aux concours d’entrée des écoles d’art. Les écoles d'art, ça se prépare « J’ai tenté sans succès le concours d’entrée d’Amiens et de Valenciennes l’année dernière. Je profite de cette année préparatoire pour découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout, comme la gravure par exemple, et surtout me constituer un dossier solide pour me représenter en fin d’année à Amiens, Reims et Tourcoing. « Titulaire d’un Bac L option arts plastiques, Laure, 18 ans, espère devenir directeur artistique dans le monde de la publicité. Elle fait partie de la promo 2008 des élèves « à temps complet « de l’école Quentin de La Tour. Admis sur entretien, ils sont là pendant un an pour se mettre à niveau par rapport aux exigences des écoles d’art du cycle supérieur. Toutes ces écoles demandent aujourd’hui à leurs postulants d’être titulaires du baccalauréat, même si des dérogations sont parfois accordées, à condition de soutenir un dossier d’œuvres personnelles qui démontre de réelles capacités artistiques et une solide motivation. A défaut d’un agrément du ministère de la Culture, l’année préparatoire de l’école Quentin de La Tour bénéficie d’une certaine reconnaissance de la part des écoles d’art de la région, à commencer par celles de Cambrai et d’Amiens, ainsi que Reims, Valenciennes, Roubaix, Tourcoing et jusqu’à l’institut Saint-Luc à Tournai en Belgique. A raison de 30 heures de cours par semaine, la dizaine d’élèves à temps complet accueillie à l’école reçoit une instruction théorique et pratique qui se veut la plus complète possible. Infographie, histoire de l’art, gravure, peinture, sculpture, modèle vivant, autant dire que les journées sont bien remplies. Les objectifs pédagogiques ne s’arrêtent pas à la découverte de savoir-faire techniques, mais incitent aussi largement les élèves à parfaire leur culture générale, développer leur sensibilité artistique et, au passage, trouver leur voie. Originaire de La Ville aux Bois les Pontavert, Anaïs, 20 ans, a passé un bac STG avec option arts plastiques tout en prenant des cours de peinture à « l’académie de l’œil bleu « à Soissons. « J’ai tenté l’Ecole supérieure d’art et de design d’Amiens (ESAD) et c’est eux qui m’ont orientée vers l’école Quentin de La Tour, précise-t-elle. Au début, je voulais devenir décoratrice d’intérieur, mais je dois avouer que ce n’est plus du tout mon objectif. J’ai découvert ici des choses qui me branchent bien plus, comme la sculpture par exemple. « Le but de l’enseignement dispensé à l’école Quentin de La Tour est de donner à chacun des bases solides mais aussi de lui révéler où sont ses points forts et ses points faibles. Il est important de déterminer dans quelle direction l’élève a le plus de chance de réussir et de s’épanouir car, en cycle supérieur, chaque école a un peu sa spécialité. Design industriel à Reims par exemple et graphisme à Amiens pour ne parler que des écoles les plus proches géographiquement. Stratégiquement, il est par contre fortement recommandé de se présenter au concours de plusieurs écoles pour maximiser ses chances d’être pris au moins dans l’une d’elles. « Le taux de réussite n’est pas de 100% mais presque, dans le sens où quasiment tous les élèves qui se sont présentés aux concours des écoles d’art en ont réussi au moins un, précise Valérie Alavoine, professeur de sculpture. Il arrive par contre que l’on se rende compte en cours d’année que certains élèves ne sont pas à leur place dans un cursus artistique et que les présenter à un concours équivaudrait à les envoyer au casse-pipe. Dans ces cas-là, nous essayons de les rediriger au mieux vers une autre filière. « Contact : 03 23 67 56 46 Le taux de réussite n’est pas de 100%, mais presque ! Ambiance studieuse dans l’atelier sculpture. Marylise Apchain de Cornulier : « on ne prête pas assez attention à la souffrance des enfants ». Les réalisations personnelles, comme ces personnages créés par Lucie, 18 ans, sont les pièces maîtresse d’un bon dossier. Laure, 18 ans espère intégrer l’école des Beaux Arts d’Amiens Reims ou Tourcoing. Kevin, 18 ans, s’est découvert un goût pour l’infographie. l'Aisne 165 - Mars/avril 2008



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :