[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : arts plastique... ça s'apprend !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 dossier Qui a peur du grand méchant art ? « Regardez bien les enfants. Ici il y a une grande tache jaune, on dit que c’est une couleur chaude, à quoi ça vous fait penser le jaune ? Au soleil, oui tout à fait Killian. « Assis par terre, les enfants de l’école maternelle de Vivaise écoutent sagement Nicolas Chaumet, médiateur culturel à la Maison des arts et loisirs de Laon. Avec un discours adapté aux plus petits, en leur racontant une histoire en quelque sorte, il leur fait découvrir l’exposition « Bannières « de l’artiste Judith Wolfe. Agés de 4 à 5 ans, les petits sont venus avec leur tablier, car après la visite, il y a la pratique. S’inspirant du style, des techniques et des outils utilisés par l’artiste, par petits groupes, ils vont produire eux-mêmes de véritables œuvres d’art. « Contrairement aux idées reçues, les plus petits sont sensibles à l’art non-figuratif, précise Nicolas. Devant des tableaux de style plus académique, il y a la barrière du « je ne sais pas faire », alors qu’avec des œuvres comme celles de Judith Wolfe, une fois qu’on leur a expliqué comment elle s’y prend et qu’on leur a donné les mêmes outils, ils se lancent librement dans la création et produisent souvent de très belles choses. Quand nous pouvons le faire, les enfants rencontrent l’artiste en personne et c’est un moment encore plus fort. Mon but est surtout qu’ils sortent d’ici avec un bon souvenir associé au lieu d’exposition, qu’ils n’en aient pas peur. « La plupart des espaces dédiés à l’art en général et plus particulièrement à l’art contemporain proposent aujourd’hui un programme pédagogique à destination des différents publics. « J’emmène régulièrement ma classe dans les musées et, depuis trois ans, nous sommes des habitués des expositions de la MAL car la démarche pédagogique y est vraiment enrichissante, explique Nicole Alluchon, enseignante à Vivaise. C’est important que les enfants aient une ouverture sur la culture ailleurs que dans l’école. Le travail se poursuit après dans la classe, les enfants en parlent à leurs parents et, souvent, ils retournent voir l’exposition avec eux. « Contact : Maison des Arts et Loisirs 03 23 22 86 86 Longtemps reléguée à un rôle d’activité manuelle récréative, l’éducation artistique à l’école s’oriente aujourd’hui vers un modèle beaucoup plus complet et ouvert sur l’extérieur. Exemple à la maternelle de Fresnoy le Grand. En développant ses capacités artistiques, l’enfant se construit et touche à des choses qui lui serviront toute sa vie. « La pratique artistique à l’école nourrit plus l’être humain que l’élève. Ce que fait et ce que voit l’enfant dans ce cadre n’a pas forcément une utilité « scolaire « directe, mais ce sont des choses qui contribuent à le construire et qui lui serviront toute sa vie. « Enseignant à l’école maternelle de Fresnoy le Grand, Mickaël Portelette a toujours un peu porté l’étiquette « art et culture » dans l’exercice de son métier. Il faut dire que dans une vie parallèle, il est aussi artiste indépendant. « Le champ des arts plastiques s’est considérablement ouvert, précise celui que les petits appellent « le maître «. On parle plutôt maintenant des « arts visuels », intégrant la photo, la vidéo, le cinéma, l’illustration, etc. Tout cela s’inscrit dans une démarche d’éducation « artistique et culturelle « qui se veut la plus cohérente possible. D’une année sur l’autre les programmes de sorties culturelles sont complémentaires, nous essayons aussi de donner des expériences communes aux enfants, que chacun ait eu, par exemple, l’occasion d’être confronté à un portrait, un paysage, une œuvre figurative et une œuvre abstraite. « Sur une table se dresse une pile de carnets de croquis. Chaque enfant dispose du sien avec son crayon attaché à une ficelle, libre à lui d’y dessiner ce qui l’a marqué pendant une sortie. Pour la venue du photographe, les enfants réalisent le fond devant lequel ils se feront photographier. Ce ne sont que quelques exemples parmi les mille et une astuces possibles pour intégrer un peu de pratique artistique dans la vie scolaire de l’enfant. Après la visite, place à la pratique. l'Aisne 165 - Mars/avril 2008 L'enfance de l'art « A travers l’art, on peut facilement aborder d’autres disciplines comme le français ou l’histoire, affirme également Mickaël. Certains enseignants ne s’estiment pas assez compétents en la matière et redoutent le côté « récréation « de l’activité artistique, mais le problème ne se pose pas si elle est régulière au même titre que le sport ou la musique. « L’époque du « prenez une feuille et faites-moi un beau dessin « n’est certes pas révolue partout, mais il est visible que l’Education nationale encourage les initiatives à portée culturelle et artistique. La mise en commun des ressources pédagogiques et la constitution de réseaux entre les écoles, les enseignants et les structures extérieures en sont également la preuve. « La circonscription de Guise m’a sollicité pour participer à un programme de formation proposé par l’académie d’Amiens, indique Mickaël. L’idée est de créer un maillage départemental avec un référent « art et culture « dans chaque circonscription, puis de faire vivre un site internet qui propose une synthèse des programmations culturelles et des actions pédagogiques. Sur un territoire essentiellement rural comme l’Aisne, ce type d’initiative ne peut qu’apporter une nouvelle dynamique. « 
15 dossier Collège : l’art s’impose et s’expose En 2002, Emmanuel Routier apprend son affectation en tant que professeur d’art plastique au collège Josquin des Près à Beaurevoir. Fraîchement sorti de l’IUFM après des études en fac d’art, le jeune enseignant originaire du Soissonnais ne sait pas très bien où il met les pieds. « Les amis et les collègues me lançaient des regards mi amusés, mi désolés, se souvient-il. L’idée reçue est qu’enseigner les arts plastiques dans un coin de campagne comme Beaurevoir, c’est peine perdue. « Six ans plus tard, non seulement Emmanuel ne changerait d’établissement pour rien au monde, mais il est de plus visible que les arts plastiques ont la cote auprès des élèves et jouent un rôle important dans la vie du collège. En 2003, un atelier « arts plastiques « ciblé sur des volontaires de 4 ème était mis en place. Les élèves qui s’y inscrivent sont souvent ceux ayant participé à l’atelier vidéo proposé aux classes de 5 ème. Ils sont ainsi une vingtaine chaque année à consacrer deux heures par semaine à un projet artistique sous la houlette d’un intervenant extérieur, artiste reconnu de son état. « Pour voir des œuvres d’art, il faut aller jusqu’à Saint-Quentin, financer un trajet en bus etc… Je me suis alors dit que le mieux était d’amener l’art et les artistes ici même. Grâce à un financement de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et du rectorat, nous avons accueilli différents créateurs comme le peintre Jean-Marc Brunet l’année dernière. Cette année, ce sera avec Jean-Claude Demeure qui travaille sur les estampes. « Cerise sur le gâteau, depuis le transfert d’une classe de broderie au Lycée Condorcet, le collège Josquin des Près dispose aujourd’hui d’une salle où sont régulièrement exposés des travaux d’artistes ainsi que ceux des élèves. « Ce lieu dédié était désiré depuis longtemps, précise Emmanuel. C’est très important qu’un projet artistique se finalise par une présentation au public et avant même d’avoir la salle, nous le faisions à l’occasion de la manifestation « Mon voisin est un artiste « à la MCL de Gauchy. Notre objectif est de faire de cet endroit un véritable espace artistique ouvert au public extérieur et, comme cela existe dans d’autres établissements, d’établir un partenariat avec la DRAC pour y proposer des expositions du fonds régional d’art contemporain (FRAC). « Une vingtaine de collégiens se portent chaque année volontaires pour l’atelier « Arts plastiques » mis en place par Emmanuel Routier. Un réseau de lieux ouverts à l’art contemporain s’est mis en place dans les établissements scolaires. Exemples au collège de Beaurevoir et au lycée agricole de Fontaine les Vervins. Champs artistiques « L’intérêt de cette galerie est d’encourager l’ouverture culturelle. Depuis sa création il y a 5 ans, elle permet la diffusion de l’art au sens large en direction de nos élèves mais aussi de ceux des écoles, collèges et lycées environnants. La galerie d’art est également accessible à la population locale et aux acteurs du milieu agricole. Une employée du lycée est spécialement détachée pour gérer l’accueil des visiteurs », explique Didier Jahan, le responsable du lycée agricole de Fontaine les Vervins. La galerie fait partie d’un réseau regroupant cinq autres espaces d’exposition dans l’Aisne, tous situés au sein d’un établissement scolaire, collège ou lycée (1). A raison d’une à deux fois par an, ces galeries accueillent une exposition thématique du Fonds régional d’art contemporain de Picardie (FRAC). La dernière en date proposait une série de portraits sur le thème « Le regard de soi, regard de l’autre et regard social ». « Une intervenante du FRAC propose des visites guidées et adaptées aux différents publics. Un dossier documentaire et un cahier pédagogique présentant le détail des œuvres et des auteurs sont remis aux enseignants pour faciliter la compréhension de la visite mais aussi le travail effectué en classe », précise Didier Jahan. En dehors des expositions du FRAC, les lycéens ou d’autres associations ne manquent pas de s’approprier la galerie en y exposant leurs différents travaux. (1) Les établissements du réseau de galeries d’art : le lycée Léonard de Vinci à Soissons, le lycée Joliot-Curie à Hirson, le lycée Jean de la Fontaine à Château-Thierry et le collège Jacques Cartier à Chauny. Louis Couturier du FRAC Picardie, commente la visite de l’exposition « Paysages » pour les artistes Olivier Debré Alfred Manessier et Raoul Ubac. Nelly Dubois, la documentaliste du lycée agricole met en place chaque année un atelier d’art plastique dans le cadre d’un projet éducatif culturel (PEC). L’an dernier, les élèves volontaires ont travaillé sur l’art rupestre en collaboration avec Solange Palacios-Dupont, une artiste d’enluminure de Vieil-Arcy. Un professeur socio-culturel, Christophe Desaindes, coordonne la mise en place d’autres expositions tout au long de l’année : photos, peintures, sculptures en matériaux de récupération, outils agricoles anciens… A l’occasion de son 30 ème anniversaire l’établissement accueillera en résidence, cette année, une artiste hollandaise, Sonia Visser. Elle viendra créer avec les élèves une série de sculptures animalières. Série d’autoportraits réalisée l’année dernière par les élèves de Beaurevoir. l'Aisne 165 - Mars/avril 2008



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