[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
[02] l'Aisne n°165 mar/avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°165 de mar/avr 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : arts plastique... ça s'apprend !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Laon « En plus du travail pianistique quotidien, je me réserve du temps pour les relations publiques, afin de trouver des partenaires, des lieux de concert... » Parcours 1981 : 29 avril naissance à Laon. 1987 : débute le piano au Conservatoire de Laon. avec Marie-Christine Olivier puis en 1992 avec Irakly Avaliani. 1997 : poursuit ses études musicales à Reims et rentre au Conservatoire dans la classe de Géry Moutier. 1998 : Médaille d’or et diplôme interrégional. 2000 : reçu au Conservatoire national de région de Rueil- Malmaison dans la classe de Denis Pascal. 2002 : est admis au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris et intègre la classe de Michel Béroff et Denis Pascal. Juin 2006 : obtient le diplôme de formation supérieure en piano avec Mention très bien. 2007 : joue plusieurs récitals à Paris, participe aux Flâneries musicales d’été à Reims et participe au 90 e anniversaire du Chemin des Dames. 2008 : remplace son professeur Irakly Avaliani au Conservatoire de Laon. 10 l’entretien l’Aisne : on compare souvent les artistes musiciens à des sportifs de haut niveau. T’imposes-tu comme eux une hygiène de vie, un rythme d’entraînement, une alimentation particulière ? Florian : tout dépend ce que l’on prépare. En ce moment, je travaille pour le concours international de Barcelone qui aura lieu en mai. C’est une épreuve qui peut s’apparenter à un marathon. Un concours, c’est non seulement un gros investissement en amont, mais aussi le jour J, 3 heures de piano, 4 à 5 tours de sélection et une vingtaine d’œuvres. La plus grande difficulté, c’est d’avoir plusieurs programmes de front, dans des styles musicaux différents. Au premier tour, plus de 100 pianistes se présentent. C’est physiquement et mentalement difficile : il y a une pression énorme, on est là pour réaliser l’exceptionnel, il faut être irréprochable du début à la fin, en un mot, génial. Et la réussite apporte souvent une série de concerts, il y a fréquemment quelqu’un dans la salle sensible à ton interprétation. l’Aisne : le public est toujours admiratif de voir un musicien enchaîner tout un programme par cœur. Est-ce une difficulté ou plutôt une liberté ? Florian : pour nous, c’est une liberté. Cela ne veut pas dire que l’on ne joue pas ce qui est inscrit sur la partition. Au piano, les partitions sont souvent complexes, l'Aisne 165 - Mars/avril 2008 avec beaucoup de notes et beaucoup de déplacements. On a besoin de regarder souvent le clavier, et on ne peut pas avoir les yeux captés par autre chose. J’aurais du mal à regarder mes mains et la partition tout en gardant une écoute attentive. Aujourd’hui, je remplace Irakly au Conservatoire de Laon, et toutes les semaines, je demande aux élèves de 6/7 ans d’apprendre leur morceau par cœur. Même eux ne s’en rendent plus compte. l’Aisne : comment a débuté cette aventure avec le piano ? Florian : je baignais dans un univers musical, mes parents étaient mélomanes, allaient au concert et un piano trônait dans le salon. J’ai été naturellement attiré vers cet instrument que je voyais comme magique. Il permet d’interpréter des pièces seul. J’ai eu la chance de ne pas avoir été poussé par mes parents et d’avoir vécu une enfance comme tout le monde, avec les copains de quartier, les parties de foot dans les squares... l’Aisne : quand as-tu pris la décision de devenir professionnel ? Florian : je suis rentré en seconde au lycée Paul Claudel de Laon. Mais je sentais qu’il me manquait quelque chose. Dans le moindre trou de mon emploi du temps, j’allais à l’ancien Conservatoire à l’autre bout du plateau, je m’installais dans une salle A 15 ans, j’ai dû choisir entre le piano et les études. La leçon Le pianiste Florian Billot a obtenu en juin 2006 la récompense suprême pour un élève musicien : le premier prix du Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de Paris. Après avoir pris la décision il y a une dizaine d’années de devenir professionnel, ce jeune laonnois de 27 ans a réalisé un parcours musical sans faute. Récit d’un début de carrière prometteur. et je bossais, je bossais... jusqu’à oublier parfois quelques heures de cours... tellement j’étais pris par ma musique. C’était pour moi les vrais moments de bonheur et de sérénité que de me retrouver dans une vieille salle à jouer du piano. Devant cette motivation, mon prof, Irakly Avaliani, a rencontré mes parents et leur a dit qu’il fallait maintenant faire un choix : « soit Florian s’engage à fond pour tenter de faire carrière, soit il poursuit « normalement » ses études ». Je reconnais qu’il a pris une sacrée responsabilité le jour où il m’a proposé cela. l’Aisne : comment se sont passées tes années à Reims ? Florian : j’avais décidé d’aller en horaire aménagé musique en classe de première à Reims pour préparer un BAC F11. On avait les cours le matin au lycée et l’après-midi au Conservatoire. Je suis resté trois ans dans la classe de Géry Moutier pour passer mon Prix et suivre un cycle de perfectionnement. l’Aisne : que représente le Conservatoire national supérieur de musique de Paris,
de piano pour un étudiant qui a choisi de faire une carrière musicale ? Florian : c’est presque un passage obligé. Le CNSM est une école à part, où l’on obtient un diplôme d’études supérieures de musique. Après un concours d’entrée, j’ai été admis dans la classe de Michel Béroff. C’est un grand concertiste, mais aussi un pédagogue très sérieux. On avait deux cours par semaine, un avec le professeur titulaire, un autre avec son assistant Denis Pascal. On peut faire le cursus en trois ou quatre ans ; moi je l’ai fait en quatre pour rester le plus longtemps possible auprès de ces gens-là. J’ai également suivi des cours d’harmonisation au clavier avec Itamar Golan, des cours de musique de chambre avec Daria Hovora et même des cours de piano forte avec Patrick Cohen. J’ai eu la chance de rencontrer des pédagogues qui m’ont vraiment porté et m’ont appris énormément. Et j’utilise toujours ce qu’ils m’ont dit. l’Aisne : comment se passe le prix ? Florian : devant un jury, il faut présenter un programme d’une heure environ avec une pièce imposée. C’est à la fois un examen de sortie, un concert et un concours. Aujourd’hui, tu ne peux le passer qu’une seule fois et il faut décrocher une mention. Dans ma promo, nous étions 15. Il y a eu 6 mentions très bien, j’étais le seul français entouré de trois Coréennes. Tout le monde a été reçu, mais pas tous avec une mention. l’Aisne : que devient un 1er prix de Paris à la sortie du Conservatoire ? Florian : un homme heureux déjà (rire). Mais, le prix de Paris ne t’apporte pas une série de concerts sur un plateau. Ça, c’est la grande difficulté. Il faut aller chercher des lieux de diffusion, proposer des programmes, être même initiateur de projets... et il y a tellement de monde que cela devient très difficile. On trouve grâce à des rencontres, des réseaux d’artistes... J’ai la chance de donner régulièrement des récitals dans une église proche du Panthéon à Paris, trois à quatre séries de 5 ou 6 récitals par an. Les compositeurs sont choisis par l’organisateur, à moi de présenter un programme. En ce moment, j’ai une bonne série de concerts. Tout d’abord, un récital à l’Institut hongrois à Paris. Ensuite, dans Parmi un programme chargé en récitals, Florian garde des disponibilités pour des projets de musique de chambre ou des concertos avec orchestre, « afin de varier les plaisirs. » le cadre des manifestations du 90 e anniversaire du Chemin des Dames, Jean- Michel Verneiges m’avait demandé d’interpréter une œuvre de Janacek pour piano solo écrit pour la main gauche et ensemble de cuivres. Je rejoue cette pièce avec les musiciens de Londres et l’Orchestre national d’Ile de France à l’auditorium Saint-Germain. Fin mai, je pars en Jordanie pour faire des récitals. On m’a également proposé « les musiques d’été » d’Epernay, le 24 juin. l’Aisne : tu as fait du jazz avec de jeunes musiciens laonnois. Qu’en est-il aujourd’hui ? Florian : j’adorais cela, et j’étais d’ailleurs à ce moment-là un peu partagé entre le jazz et le classique. Mais le classique commençait à prendre beaucoup de place, alors que le jazz était plus une détente et de bons moments de convivialité avec les copains. Ce n’est pas incompatible mais deux métiers complétement différents. Le jazz est une discipline qui demande énormément de rigueur. L’improvisation reste l’exercice le plus difficile. Martial Solal disait « qu’avec des journées de quarante huit heures, on pourrait peut-être faire les deux... » Je me fais plaisir lorsque les élèves ont une pièce jazzy à travailler. C’est d’ailleurs important pour eux d’aborder plusieurs styles musicaux... et souvent ça leur plait. l’Aisne : y a t-il un concert dont tu conserves un souvenir particulier ? Florian : oui, un concert de musique de chambre. C’était un bon copain qui tournait les pages. Avant le concert, il m’avait subtilisé la partition et dans toutes les mesures de silence, il avait griffoné des lettres qui composaient des mots et c’était des gags... Je ne suis pas certain de la qualité de cette prestation, mais le public avait apprécié... enfin c’était drôle. l’Aisne : as-tu d’autres projets en 2008 ? Florian : oui, bien sûr. Mais je n’ose pas trop en parler avant, je suis un peu superstitieux. J’aimerais bien enregistrer un CD... peut-être sur les romantiques allemands ou l’école russe, Scriabine, Rachmaninov et pourquoi pas « Les tableaux d’une exposition », pièce que j’ai jouée pour mon prix. Florian Billot assure régulièrement des remplacements comme professeur de piano, ici au Conservatoire de Laon. l'Aisne 165 - Mars/avril 2008



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