[02] l'Aisne n°164 jan/fév 2008
[02] l'Aisne n°164 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°164 de jan/fév 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : mieux que le fioul... dossier bois énergie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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✔ 16 dossier Des plaquettes ou copeaux bois. Filière bois ■ Plaquettes bois : copeaux de la taille d’un demi pouce obtenus par déchiquetage de rémanents d’arbres, de tailles de haie ou de morceaux de bois de récupération, utilisés comme combustible dans les chaudières bois-énergie. Il existe également des granulés de bois. ■ Un stère de bois équivaut à 1,5 m 3 de plaquettes (ou mètre cube apparent plaquettes, MAP selon la formule consacrée). 10 MAP représentent l’équivalent de 1000 litres de fioul. 100 mètres linéaires de haie têtard de 12 ans d’âge produisent annuellement l’équivalent en combustible de 370 litres de fioul. ■ Le match chauffage au fioul contre chauffage plaquettes bois, selon estimation de l’Atelier agriculture Avesnois-Thiérache (nov. 2007). Pour un prix au m 3 de plaquettes livrées et prêtes à l’emploi compris entre 27 E et 30,60 E TTC, dans le cas d’une habitation de 250 m 3, la consommation annuelle sera de 25 m 3 de plaquettes, soit 765 E. Même maison, mais avec chauffage fioul, la consommation annuelle sera de 2 250 litres de fioul, soit 1 620 E. L’économie annuelle obtenue avec la plaquette est de 855 E. Sachant que l’investissement net (crédit d’impôt déduit) dans une chaudière biomasse et son installation se monte à 9 725 E, il faut compter 11,5 années pour un retour sur investissement. Aisne Avec un niveau de confort et de performance semblable à celui d’une chaudière classique, le bois-énergie a de plus en plus d’adeptes. Crédit d’impôt de 50% et prix à la hausse des énergies fossiles assurent ce succès. pas photo. J’économise entre 2 000 et 2 500 E par an par rapport à un chauffage au fioul domestique". L’essayer, c’est l’adopter ! Comme la plupart de ceux qui ont équipé leur maison d’une chaudière au bois-énergie, Ludovic de Vlieger, agricultueur-éleveur de moutons à Housset près de Marle, ne tarit pas d’éloges sur les performances et le confort de son installation. Performance : l’appareil de 40 kw installé à l’automne 2003, qui chauffe la maison, les bâtiments d’exploitation et produit l’eau chaude, affiche un rendement supérieur à 90%. Confort : automatique, il nécessite moins de deux minutes par jour d’entretien, vidange du cendrier comprise, et se pilote aussi facilement qu’une chaudière à énergie fossile. "Il nous faut trois jours à trois pour préparer le bois nécessaire à la consommation d’une année", indique l’éleveur qui produit lui-même son combustible en louant la déchiqueteuse de l’Atelier agriculture Avesnois Thiérache. Combien sont-ils dans l’Aisne agriculteurs et particuliers à avoir adopté ce mode de chauffage ? Les premiers sans doute plus nombreux que les seconds car, souvent, ils possèdent la ressource bois et profitent de la période hivernale succédant aux labours pour refaire le stock de copeaux. Fabien Dauriac, chargé d’études à la Chambre d’agriculture estime à une centaine le nombre de professionnels de la terre et de particuliers aujourd’hui équipés d’une chaufferie biomasse (bois et/ou céréales) dans le département. Les particuliers y viennent de plus en plus, comme l’indiquent les professionnels de la filière. Le chauffagiste de La Bouteille réalise ainsi 50% de son activité grâce à ce type d’installations. La SARL Agribois de Montbrehain livre des Chaudière bois : pourquoi on y vient "Il n’y a plaquettes bois à une dizaine de particuliers sur le secteur de Saint- Quentin, l’est de la Somme et le Nord. La tendance et ses déterminants A titre d’indication, les services fiscaux du département comptabilisent - pour l’année 2005 - 1 338 contribuables ayant bénéficié du crédit d’impôt pour un équipement à énergie renouvelable ; niche qui concerne la géothermie, le solaire, l’éolien et bien sûr le bois-énergie. Au delà des estimations plus ou moins précises sur le nombre d’appareils actuellement en service dans les entreprises agricoles et chez les ménages, c’est la tendance et ses déterminants qu’il faut retenir. La chaudière bois-énergie connaît ses premiers succès à partir du Ludovic de Vlieger a replanté 730 mètres de haies sur son exploitation pour développer sa ressource bois. début des années 2000 grâce à la généralisation des modèles entièrement automatisés. Avec cette innovation, c’en est fini de l’image du chauffage bois poussiéreux qu’il faut sans cesse réapprovisionner. L’action de communication de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et l’accompagnement financier qu’elle propose aux entreprises participent grandement à ce succès. Côté ménages, le facteur confort et performance des nouveaux appareils, qui n’ont plus rien à envier aux chaudières à énergie fossile, s’avère décisif. Sur le marché de l’équipement des maisons particulières, le crédit d’impôt de 50% et l’évolution à la hausse du prix des énergies fossiles se révèlent également des arguments décisifs pour la compétitivité du bois-énergie.
Questions sur les conditions économiques de pérennisation d’une filière boisénergie à l’échelle de l’Aisne. Réponses de Patrick Bastien, directeur général adjoint au Conseil général en charge des services techniques. Vers une filière départementale De plus en plus de particuliers et d’entreprises agricoles s’équipent de chauffages au bois-énergie, les collectivités et les organismes de logement collectif semblent plus hésitants, pourquoi ? Patrick Bastien : il y a une prudence et des questionnements. Le gisement de réserves en bois est très important sur le département de l’Aisne (133 000 ha de forêts et de bois) mais la difficulté réside dans son extrême fractionnement. On compte plus de 56 000 propriétaires ! Nombre de parcelles sont inférieures à 4 ha, rendant l’exploitation difficile. Compte tenu des montants d’investissements en jeu lors de l’installation d’une chaufferie avec réseau de chaleur, il est normal que l’utilisateur s’assure au préalable de la disponibilité de la ressource et de son prix. Dans ce contexte, le Conseil général de l’Aisne a un rôle important à jouer pour mettre en place une politique incitative. Il importe en particulier de faciliter la création d’un maillage de sites de stockage bois-énergie sur l’ensemble du département pour limiter la distance entre producteur et utilisateur à 30 kilomètres, car au-delà de ce seuil le coût de transport devient trop important ; d’aider à la formation pour créer de nouveaux emplois de bûcherons et d’animer la filière sur l’ensemble du territoire notamment sur le plan technique en apportant un soutien aux communes et aux intercommunalités dans le montage de dossiers pour les réseaux de chaleur. Un schéma départemental du bois-énergie est en préparation. Dans ce cadre, une dizaine de projets de type chaufferie plus réseau de chaleur qui associeraient équipements publics et habitat sont en cours d’identification. Quels sont les conditions de leur concrétisation ? P.B. : pour qu’un réseau de chaleur et une chaufferie bois soient économiquement viables il faut que le réseau soit le plus court possible et situé dans un tissu urbain dense présentant des équipements lourds à chauffer. Le Conseil général a ciblé une dizaine de communes moyennes qui présentent tous les atouts pour la réalisation de tels projets. Souvent on trouve au cœur de la commune un collège, une maison de retraite, une école primaire, des logements collectifs. Dans ce cas, le ratio énergie utile au mètre linéaire de réseau installé est intéressant et le temps de retour sur investissement optimal. Pour que le dossier soit lancé, il faut que le maître d’ouvrage (ville ou intercommunalité) prenne la compétence énergie. Le Conseil général assistera les maîtres d’ouvrage dans la constitution de dossier, la recherche de financement et la délégation de service public à mettre en œuvre. Dans un premier temps, à titre d’expérimentation, cinq projets seront engagés, permettant de tester le dispositif. Comment les initiatives locales comme celles impulsées en Thiérache par l’Atelier agriculture Avesnois-Thiérache peuvent s’intégrer au plan départemental ? P.B. : il y a complémentarité entre les initiatives locales et l’idée d’un plan départemental. Le ciblage d’une clientèle privée pour des ins- Chantier de broyage en forêt. Transformation du bois en plaquettes. tallations de petite ou de moyenne puissance permet de faire naître une dynamique, de sensibiliser le public et les décideurs à l’intérêt du boisénergie. Parallèlement, il est évident que la viabilité d’une filière à l’échelle du territoire de l’Aisne exige un niveau de production et une consommation de l’ordre de 15 000 à 20 000 tonnes de bois combustibles/an ; ce qui représente 10 à 15 Mw installés. C’est un seuil déclencheur. C’est la raison pour laquelle le schéma départemental vise dans un premier temps à sortir une dizaine de projets de puissances installées variant de 0,7 à 9 Mw permettant de structurer la filière. En ce qui concerne la ressource bocagère, elle pourra constituer un complément de revenu à condition de structurer la filière pour limiter les frais de gestion, de transport et rester dans un prix à la tonne acceptable. www.wwwww.www Les wwww ww www la wwwww ww ww wwwwwww surwwwww-wwwwwwwwwwl’wwwww, wwwwwwwwww, wwwwwwwww, wwwwwwwww.dossier 17 ✔ Filière bois ■ La chaudière biomasse du Centre de formation des apprentis en horticulture à Laon (notre photo) développe 150 kw. "Couvrant 80% des besoins de l’établissement, elle est couplée en période de pointe à une chaudière à combustible fossile", indique Fabien Dauriac, chargé d’études à la Chambre d’agriculture de l’Aisne. ■ De l’avis des acteurs de la filière bois, le bûcheronnage manque de bras. Le centre de formation de Verdilly (CFPPA) dans le sud de l’Aisne propose une formation spécifique au métier d’ouvrier spécialisé dans la taille et les soins aux arbres. www.cfppa-verdilly.educagri.fr ■ Bois-Aisnergie. Créée à l’initiative de la Chambre d’agriculture de l’Aisne pour promouvoir le boisénergie, l’association regroupe les acteurs de la filière, voir www.agri02.com Le Programme européen bois-énergie Eurowood concerne les régions transfrontalières du Nord Pas de Calais, des Ardennes, de la Picardie (la Thiérache) et de la Wallonie, voir www.euro-wood. org Les producteurs de bois de l’Aisne sont rassemblés au sein du GSA ou Groupement sylvicole axonais. Ils sont 750 adhérents, voir www.foret.aisne.com



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