[02] l'Aisne n°164 jan/fév 2008
[02] l'Aisne n°164 jan/fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°164 de jan/fév 2008

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Aisne

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : mieux que le fioul... dossier bois énergie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 ✔ dossier T hiérache Les pionniers de l’énergie du bocage Filière bois ■ Dans l’Aisne en 2005, 1 338 contribuables ont bénéficié du crédit d’impôt pour l’acquisition d’équipement utilisant une source d’énergie renouvelable, selon les services fiscaux. Un dispositif qui concerne notamment les chaudières bois-énergie. ■ Près de 50 entreprises agricoles de Thiérache et du nord de l’Aisne sont à ce jour équipées d’un système de production de chaleur au bois-énergie. Elles étaient 10 en 2004. ■ La commune de Boué réfléchit à l’installation d’une chaufferie bois-énergie pour plusieurs bâtiments communaux. A Vervins, ce sont les bureaux créés par la SCI du Préau qui adoptent ce mode de production de chaleur. A Rozoy sur Serre, l’école Jeanne d’Arc possède également une chaudière bois. A Saint-Quentin, le magasin Décathlon se chauffe au bois-énergie. Les communes de Château-Thierry et d’Holnon ont en projet un réseau de chaleur. L’entreprise Art & Paysage de Marle spécialisée dans l’élagage, l’aménagement et l’entretien de jardins et de parc, pourrait créer une plate-forme de production et de stockage de plaquettes de bois. ■ L’Atelier agriculture Avesnois- Thiérache (AAT) recense 2 575 km de haies basses et 3 512 km de haies arborées et têtards. Une mobilisation optimale de cette ressource permettrait d’alimenter 1 500 chaudières de 50 Kw et de chauffer 15 000 à 18 000 personnes, selon l’AAT. Dix chaudières au bois déchiqueté en 2004, près de 50 aujourd’hui. La filière bois-énergie naît en Thiérache et se développe par effet de contagion grâce à la mobilisation soutenue d’un petit groupe de professionnels agricoles. Ici, en Thiérache le bois-énergie est un peu affaire de militantisme. On multiplie, à l’intention du public, les week-ends découverte dans les exploitations équipées d’une chaudière bois. On organise des rencontres de sensibilisation avec la presse et les élus locaux. On collecte des données sur les prix de revient de la ressource. On met sur pied un réseau de plateformes de stockage de proximité. On mutualise l’investissement dans une déchiqueteuse pour la production des plaquettes combustibles. Bref, on fait feu de tout bois pour promouvoir "une énergie saine, une énergie économique, une énergie source d’emplois", comme le proclame un document d’information édité sur place. On, c’est un petit groupe de professionnels de la terre, adhérents de l’Atelier agriculture Avesnois-Thiérache (AAT). L’association s’intéresse au sujet depuis 1992. Le chauffage bois-énergie pour ses membres est un moyen d’assurer la valorisation économique, donc le maintien, d’un bocage qui a fortement régressé au cours des 30 dernières années sous l’effet des mutations agricoles. En quelques années et après plusieurs voyages d’étude en Lorraine, en Franche Comté et dans les Pays de Loire, les défenseurs de "l’énergie du bocage" ont acquis une expertise technique et économique très pointue sur cette question. Françoise Gion, directrice de l’Atelier dont le siège est situé à La Capelle, n’ignore rien des conditions nécessaires à la structuration de la filière. Elle travaille actuellement à la constitution d’un réseau de sites de stockage de proximité dans l’objectif de garantir, à mesure que les installations au bois-énergie se multiplient, un approvisionnement de qualité en minimisant les Ferme Halleux à Haution décembre 2007. Démonstration du travail de la déchiqueteuse par l’Atelier agriculture Avesnois Thiérache. coûts de transport de la ressource. Ce réseau naissant est formé d’agriculteurs qui produisent à partir de leur linéaire de haies des copeaux de bois pour leur propre compte. Ils sont aujourd’hui près d’une vingtaine. Françoise Gion pointe l’index sur une carte. De Bohain à Rozoy sur Serre, du nord-ouest au nord-est du département, quiconque possède un appareil de chauffage au bois déchiqueté est à portée de tracteur d’un fournisseur de plaquettes bois ; soit 15 kilomètres maxi du producteur au consommateur ! On ne saurait imaginer meilleure pub que ce maillage territorial serré pour une filière émergente dont l’avenir repose en grande partie sur le facteur confiance. Sachant que le retour sur investissement se situe autour de 10 ans pour un appareil bois-énergie chez un particulier (lire page 16), l’utilisateur de plaquettes a avant toute chose besoin de lisibilité. L’Atelier Avesnois Thiérache, qui sert d’interface entre client et producteur exige de ce dernier qu’il s’engage dans une démarche contractuelle pour assurer une qualité de plaquettes, une durée d’approvisionnement et un prix. "La garantie d’approvisionnement est indispensable, sans cela pas de filière", dit tout net Françoise Gion. L’ouverture de Natur’Agora près de Laon aura servi de déclic. Ce débouché nouveau a permis de formaliser un contrat type. Pour consolider la filière naissante, les pionniers de "l’énergie du bocage" attendent désormais un coup de pouce des collectivités locales et des organismes de construction de logements. Un projet de chaufferie avec réseau de chaleur desservant des habitations et des établissements publics, voilà ce dont ils rêvent. Rêve accessible, non ? La ressource bois-énergie en Thiérache : le bocage. Atelier agriculture Avesnois Thiérache : 03 23 97 17 16
Montbrehain d’affaires de l’entreprise dépasse aujourd’hui légèrement celui de la ferme. Deux ans après son démarrage en janvier 2006, la SARL Agribois, qui produit et vend des plaquettes bois-énergie, a atteint un certain équilibre. Mais pour en arriver là, son créateur Serge Fleury, 57 ans, agriculteur à Montbrehain, a sacrifié beaucoup de son temps et n’a pas hésité à risquer des investissements très conséquents. Agribois, qui assure en prestation de service de nombreux chantiers de broyage jusque dans le nord et l’est de la France, s’est équipée dernier cri. Elle possède notamment un broyeur capable de transformer en plaquettes combustibles 100 m 3 de bois à l’heure ainsi qu’une remorque équipée d’une soufflerie*. Système qui permet de remplir un silo chez le client à l’aide d’un simple tuyau, comme s’il s’agissait d’une livraison de fioul. Les investissements matériels réalisés par la SARL pèsent 358 000 E. Un capital que Serge Fleury espère amortir sur une période de 7 à 10 ans. L’homme, qui partage son temps entre son activité de producteur de combustible bois et la gestion de son exploitation de 66 hectares de blé et de maïs, vient d’être rejoint par Laurent Brunelle un C’est une des 1 ères entreprises de la filière dans l’Aisne. Née de la diversification d’activité d’une exploitation agricole à Montbrehain, Agribois produit et livre des copeaux de bois-énergie. Agribois, la start-up du bois-énergie Le chiffre associé qui devrait, à terme, prendre sa succession. Ce renfort est indispensable au bon fonctionnement de la société. "Quand on assure un chantier de déchiquetage, on ne peut pas être en même temps chez le client", explique t-il entre deux appels sur son portable. Si aujourd’hui l’entreprise intervient parfois dans un rayon de plus de 150 kilomètres, en particulier pour des chantiers forestiers pour lesquels son matériel est dimensionné, l’avenir est surtout au local. Chronophages, les longs déplacements ont aussi pour effet de réduire l’intérêt économique du bois-énergie en raison de leur coût élevé. Pour le développement de sa société et la réussite de la diversification de son activité agricole, Serge Fleury mise donc sur la multiplication des chaudières individuelles et des chaufferies collectives au bois-énergie dans le nord de l’Aisne et dans les secteurs limitrophes du Nord et ✔ Anne-Sophie Flament de la Somme. Pour cela, il faut que le consommateur gagne encore en confiance ; particulier, entreprise ou collectivité, qu’il soit rassuré sur la fiabilité, la facilité et le confort de ce mode de production de chaleur. * Pour cet investissement, il bénéficie du soutien de l’ADEME et de la Région. Le chauffage maison avant l’entreprise Serge Fleury a remplacé en 2002 sa chaudière "brûle-tout" par une installation au bois-énergie d’une capacité de 400 kw/h entièrement automatisée. Le modèle de l’appareil est le même que celui qui est en service à la piscine de Chimay en Belgique. Il produit eau chaude et chaleur de la maison et sèche le maïs produit sur l’exploitation. Son chauffagiste lui a conseillé de franchir le pas. Les arguments de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) l’ont également influencé. Un voyage d’étude en Alsace a achevé de le convaincre de l’intérêt de cet équipement. Il a acquis pour l’exploitation agricole une première déchiqueteuse grâce à laquelle il a pu contracter avec les paysagistes œuvrant pour la ville de Saint-Quentin. Auprès de ces derniers il se procure une partie de la matière première nécessaire à la production des plaquettes de bois. A l’origine de la diversification de son activité professionnelle et de la création de la SARL Agribois, il y avait simplement la réponse à un besoin d’énergie pour la maison et pour la ferme. SARL Agribois : 06 86 83 72 43 dossier 15 Grâce à sa remorque équipée d’une soufflerie et d’un tuyau, Serge Fleury livre les copeaux de bois aussi simplement qu’on le fait avec du fioul. ■ Montbrehain, Boué, Bergues sur Sambre, Esqueheries, Leschelles, Le Nouvion en Thiérache, Saint Algis, Haution, Mondrepuis, La Bouteille, Saint-Michel, Eparcy, Any Martin Rieux, Housset, Renneval, Dolignon et Montloué : dans chacune de ces communes du nord de l’Aisne on peut s’approvisionner en plaquettes bois-énergie. ■ Les taillis et arbres qui bordent le réseau routier départemental représentent une ressource potentielle estimée à 400 m 3 par an. ■ Travadec, entreprise de traitement de déchets installée à Allemant, aura valorisé 3 000 tonnes de bois de rebut en 2007 contre 250 l’année précédente. Une ressource envoyée en Belgique. ■ Les chaudières au bois déchiqueté constituent aujourd’hui 50% de l’activité de l’entreprise Socinski à La Bouteille. Le chauffagiste emploie 8 personnes et installe plus de 25 appareils de chauffage bois-énergie par an.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :