[01] Notre Département n°9S juin 2020
[01] Notre Département n°9S juin 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9S de juin 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : covid 19, 32 millions d'euros, le département engage la reprise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 déconcentrées et le Département. Démonstration concrète, si besoin est, que les serviteurs de la République, – élus et fonctionnaires –, savent relever les manches ensemble et déployer un travail remarquable pour protéger nos concitoyens, au-delà même parfois de leur stricte « mission de service public ». Autre révélation, fort prometteuse côté opérationnel  : pragmatisme oblige, nous avons expérimenté des circuits, des pratiques, des modalités de travail, – notamment les visio-conférences –, aptes à nous rendre plus efficaces encore demain. Preuve que la distanciation a la vertu de nous rapprocher ! Bref, je suis convaincu que nous sortons grandis d’une crise comme celle-là. Retenons alors ce qui nous a tirés vers le haut, ce qui nous a soudés, ce qui nous a fait avancer. Et je laisserai aux éternels râleurs le soin de nous expliquer comment il aurait fallu faire… À l’échelle de l’Ain, comment appréhendez-vous les conséquences de la crise sanitaire ? Même si l’Ain ne compte pas parmi les départements les plus touchés, il faut bien admettre que nos équilibres fondamentaux ont été ébranlés. Notre système sanitaire a souffert mais il a tenu. Notre corps social est durement éprouvé. Les plus fragiles d’entre nous, – personnes âgées et personnes isolées –, affrontent, au terme de ces longues semaines, une précarité plus angoissante encore. Notre système économique qui affichait, avant la crise, un dynamisme remarquable, – et un taux de chômage assez limité, – doit se préparer à endurer les terribles répliques de cette crise. Prenons en compte aussi les conséquences sociales de cette crise. Après la crise des gilets jaunes, après la crise des retraites, cette crise sanitaire ne va-t-elle pas conforter le repli sur soi, et réveiller les colères collectives mises en sommeil depuis des mois ? Le chômage augmentera fatalement dans les mois à venir. Et il est à craindre que les 500 plans de licenciement annoncés préfigurent un grand cortège de fragilités sociales. Voilà pourquoi notre Plan d’actions s’emploie à atténuer cette sombre perspective. Certes je suis résolu sur notre réactivité, mais je reste lucide sur ce qui nous attend… Maintenant que le Plan d’actions est entré en vigueur, avez-vous un regret ? Non, aucun regret. Juste une déception ! Celle que partagent tous mes collègues présidents de Conseils départementaux  : ne pas pouvoir agir en direct sur le secteur économique, puisque les lois de décentralisation ne nous y autorisent pas. Plutôt PLAN D’ACTIONS DU DÉPARTEMENT DE L’AIN 32 M € DE SOUTIEN Pour la reprise de l’activité économique et pour soutenir les acteurs les plus fragilisés Solidarité Économie Tourisme Dotations territoriales i que protester, nous préférons prendre l’initiative, là encore  : procéder à une analyse fine des besoins, définir les priorités à l’échelle d’un département, puis rechercher les fonds et les dispositifs nécessaires plutôt que voir le Gouvernement aligner des zéros. Aujourd’hui plus qu’hier, je ne comprends pas l’entêtement du Gouvernement à ne pas nous laisser agir. Certains de mes collègues ont pris le risque de passer outre… Moi, je respecte la légalité. Alors pour ce qui N°10 Juin-Juillet 2020 2020 Agriculture Sport et culture relève du volet économique de notre plan, nous allons rester sur la marge étroite de nos compétences. Déçu, oui ! Nous aurions tant aimé apporter un soutien direct à nos entreprises, nos artisans, nos indépendants, nos TPE, etc. Beaucoup d’entre eux m’écrivent ou m’appellent. Nous les connaissons pour la plupart. Ils nous demandent de l’aide. Nous savons les efforts et les sacrifices qu’ils consentent pour essayer de survivre. Croyez bien que, pour les élus de terrain que nous sommes, cette interdiction d’agir, au nom de la loi, est un véritable crève-cœur ! Alors sur ce terrain économique, qu’entendez-vous par « marge étroite de compétences » ? Cette marge étroite de compétence laisse un goût amer d’inachevé. Impression pesante certes, mais non paralysante. Alors nous agissons autrement. Nous maintenons nos dispositifs existants tels que nous les connaissons, comme l’aide à l’immobilier d’entreprises. Nous avons fourni des masques pour les entreprises. Nous avons relancé un maximum de chantiers dès le mois d’avril sur nos routes et dans nos bâtiments. Nous maintenons les 5 millions d'euros de dotation territoriale que nous aurions pu reporter à 2022 pour aider à la relance de l’économie par les territoires. Bref, nous voulons faire pour le mieux, dans le respect de la loi. Et nous incitons les 25 mai – Le plan d’actions du Département a été présenté et voté à l’unanimité lors d’une session exceptionnelle délocalisée à Alimentec., en présence du Préfet de l'Ain Arnaud Cochet.
Communautés de communes et d’Agglomérations à apporter une aide spécifique et directe aux commerces de proximité qui, eux aussi, ont beaucoup souffert. Au fil des semaines, la crise sanitaire s’éloigne de nous. Aujourd’hui, quelles leçons principales en tirez-vous ? Pas de recul suffisant, à ce jour. Mais, le sage optimiste que je suis, garde une lueur d’espérance. Parce que cette crise nous ouvre de nouveaux horizons, j’en suis convaincu. Premier horizon, institutionnel. Notre pays a besoin de Départements forts. Besoin d’élus à portée du quotidien de nos concitoyens et de nos entrepreneurs. Besoin d’un Département en capacité d’apporter des réponses fines à des situations devenues trop complexes pour un État centralisé. Deuxième horizon, sociétal. La protection de l’environnement est désormais le seul enjeu capable de nous projeter dans l’avenir. Rendez-vous compte ! Il aura fallu enfermer de force la moitié de l’humanité pour que la planète respire un peu et que la nature reprenne une partie de ses droits. Alors interrogeonsnous d’abord sur notre relation quotidienne avec le monde qui nous entoure. Pour ménager la planète que nous allons léguer à nos enfants. Troisième horizon, politique, au noble sens du terme. Contre la mondialisation à outrance, cette crise vient réhabiliter les notions d’indépendance nationale et de souveraineté économique. Ces gros mots résonnent comme autant de saines vertus pour les filières stratégiques, toutes à l’œuvre pour relever les défis qui nous attendent. Je pense en cet instant à nos filières d’excellence auxquelles nous allons donner une nouvelle dimension. Bref, le Monde d’Après ne se rapproche ni du paradis ni de l’enfer. Il ne dépend que de nous. Parce que c’est nous qui l’inventons. À nous d’imaginer, d’agir et d’oser… N’est-ce pas la meilleure nouvelle du déconfinement ? 30 avril - Visite du Laboratoire départemental d’analyse, mobilisé par le Département pour dépister et analyser les tests de la Covid-19. Bien au-delà de cette crise sanitaire, comment voyez-vous l’Ain dans dix ans ? Bien sûr, je ne suis pas prophète du Monde d’Après. Mais je formulerai deux vœux, assez réalistes… Premier vœu  : conforter nos compétences territoriales. La création de méga-régions le laissait entrevoir. La gestion de la crise sanitaire le confirme. Le Département est le maillon fort de la décentralisation, avec les meilleurs atouts pour réussir  : efficacité, proximité, réactivité. Comme le président de la République, (Cf. son discours du 15 juin), je pense que le moment est venu de « changer la méthode d’organisation de la République », d’ouvrir « un nouvel acte de décentralisation », selon ses propres termes. Bref, en finir avec ce régime à bout de souffle où Paris décide de tout, sur tout ! Second vœu  : anticiper les profondes aspirations de nos concitoyens. Prendre en compte leurs envies de nature loin des métropoles, soutenir un développement raisonné de nos forces vives, – vitalité économique de nos entrepreneurs, promotion touristique de nos territoires, essor de nos filières d’excellence pour l’aide à l’immobilier d’entreprise et aux acteurs de nos talents agro-alimentaires –, promouvoir un modèle environnemental donnant priorité à la qualité de vie, aux transports doux, aux infrastructures sages, non envahissantes. Tout cela pour réinventer une « ville à la campagne » aérée, éco-responsable et connectée… Tout cela, là encore, cela dépend de nous. Voilà le cap que notre Département se fixe pour les dix ans à venir. Parce que les Aindinois attendent un progrès en douceur. Parce que l’Ain est résolument humain… 21 avril – Accueil du Chef d’État-major de l’Armée de Terre, Thierry Buckhard, pour diriger la 3 e opération de distribution de masques en direction des professionnels des services d’aide à domicile et aux personnels des établissements pour personnes âgées. DR 7



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