[01] Notre Département n°9 sep/oct 2010
[01] Notre Département n°9 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (277 x 392) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 14 Mo

  • Dans ce numéro : sapeuts-pompiers de l'Ain.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ILS FONT L’AIN/Spécial Économie solidaire VICTOR COINTIN LE TROP PLEIN DE VICTOR « J’en avais marre des grandes surfaces qui nous poussent à consommer toujours plus. Dans les grands magasins, on n’achète jamais ce qu’on veut, on nous force à l’achat. » Victor Cointin a décidé de lutter contre la société de consommation en venant à Tremplin. À 20 ans, c’est un jeune homme décontracté, bien dans ses baskets. Il vient de décrocher une licence en cinéma à Lyon et s’apprête à retourner dans la maison familiale, à Viriat. Les meubles de son appartement d’étudiant, chinés à Tremplin, il n’en a plus besoin. Bientôt, ils reviendront prendre place dans les hangars de l’association. Victor espère une nouvelle vie pour ses objets… S’il affiche une certaine nonchalance, Victor a des convictions et milite pour un monde différent. Adepte de la « décroissance », il est convaincu qu’aujourd’hui on peut consommer autrement, plus intelligemment. « À chaque nouvelle saison, je viens chez Tremplin refaire ma garderobe. J’achète aussi les costumes et les accessoires pour ma compagnie Les K-potes. Et lors des braderies, je profite des vêtements à 1 euro et des meubles à prix cassés. Ca ne me dérange pas d’acheter un vêtement qui a déjà été porté. Du moment qu’il me va ! » Rien de honteux à venir s’habiller ici. Bien au contraire. « Payer 30-40 euros un tee-shirt neuf n’est pas acceptable ! », se révolte Victor, soucieux de coûter le victor a des convictions et milite pour changer les choses moins cher possible à ses parents. Une démarche militante, sociale aussi. « Venir chez Tremplin permet de créer de l’emploi et d’aider des personnes en réinsertion. » Victor sait de quoi il parle, son père s’est longtemps occupé de retaper les meubles de l’association. Au quotidien, il poursuit son 24 Notre département, le magazine du Conseil général de l’Ain – N°9 8 juillet septembre 2010 2010 combat, encourage ses amis et sa famille à venir pousser la porte de Tremplin. « On connaît les gens qui travaillent ici, on discute, on échange un sourire... De nos jours, c’est primordial ! » Plus d’infos : Tremplin 171, avenue de Mâcon Viriat Tél.04 74 45 11 28 www.tremplin01.com
Yolande (au centre delaphoto) est toujours très entourée. Changer un pneu crevé, emmener Franck chez le dentiste, appeler l’assurance pour la toiture endommagée, inciter les compagnons à donner un coup de tondeuse, trouver un hébergement pour une famille de réfugiés et passer la commande d’alimentation : c’était le programme de la matinée de Karine Terraz, l’une des deux responsables de la communauté Emmaüs de Servas. Elle a aussi trouvé le temps d’accueillir notre équipe vidéo autour d’une tasse de café comme elle le fait avec celui qui s’arrête pour une nuit, une semaine ou plus, à la communauté. Elle ne lui demande que son identité : « Nous ne connaissons rien de l’histoire ou de la situation des personnes accueillies. Notre objectif n’est pas non plus l’insertion des compagnons YOLANDE GETE DONNER AUX AUTRES SON ÉNERGIE KARINE TERRAZ VENEZ AIDER À AIDER ! dans un travail classique. La plupart ne s’adapteraient d’ailleurs pas. Nous ne les aidons que s’ils en font la demande. Eux-mêmes s’engagent à respecter des règles de vie et à travailler durant le temps qu’ils passent ici. » Les tâches ne manquent pas : Karine supervise aussi les activités de collecte de tri, de remise en état et de vente des objets donnés par les particuliers et les entreprises. Ramassage, livraison, nettoyage, tri, réparation, vente : les 27 compagnons assument chacun une mission, comme l’explique Karine : « Notre communauté vit sur le principe de l’économie solidaire. Les dons nous permettent de recycler un maximum d’objets, de donner une seconde vie quand c’est possible notamment aux appareils électroménagers et donc d’éviter la mise en Yolande Gete est une femme peu ordinaire. Dynamique et très humaine, elle aime le contact avec les autres et ressent ce besoin vital d’aider, d’accompagner. Aujourd’hui encadrante dans une structure d’insertion, elle assure le bon fonctionnement de l’atelier Aire de Jeux à Arbent, dont la mission est de collecter, trier et réparer des jeux avant de les mettre en vente à petits prix. Elle s’occupe aussi du suivi socioprofessionnel de 17 personnes. Son leitmotiv : « À chaque problème, on peut trouver une solution… Je cherche à résoudre les problèmes, à rassurer les gens, à les valoriser, à les redynamiser vers l’emploi, j’aime le relationnel. » Cette ouverture d’esprit, elle l’a depuis longtemps. Yolande a le goût des autres, elle se dit fascinée par la diversité des cultures. Son parcours est à l’image de ses valeurs, fait de rencontres et d’expériences humaines : elle a dirigé des centres de vacances pour enfants handicapés, a été animatrice au centre social d’Arbent, puis s’est occupée de demandeurs d’asile pendant des années avant de rejoindre le groupe Solid’Aire. Spirituelle, Yolande analyse sa vie avec une grande lucidité : « J’ai beaucoup appris au contact de chaque personne rencontrée, c’est mon trésor et je suis convaincue qu’on gagne plus à donner qu’à recevoir. » Son avenir, elle l’imagine à Madagascar, s’occupant en travaillant dans le commerce équitable : un projet qui réaliserait son rêve de petite fille : « Partir comme missionnaire en Afrique ». Plus d’infos : Aire de jeux, l’atelier du Père Noël Tél. 04 74 81 37 09 décharge. Tout le monde peut acheter à petits prix pour se faire plaisir ou par nécessité. Les recettes permettent aux 27 compagnons d’être nourris, logés et de toucher une indemnité mensuelle. La solidarité fonctionne aussi avec des familles démunies qui sont complètement remeublées pour un prix dérisoire. Un pourcentage des ventes finance également les actions d’Emmaüs international. Et la boucle est bouclée. » Karine peut rentrer chez elle, pour faire un break jusqu’au lendemain, mais son portable reste branché. La vie de la communauté ne s’arrête jamais. Plus d’infos : Emmaüs Servas Tél. 04 74 52 71 57 emmaus.servas@orange.fr Voir la vidéo sur www.ain.fr 25



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