[01] Notre Département n°21 mai/jun 2013
[01] Notre Département n°21 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de mai/jun 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (277 x 392) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 12,2 Mo

  • Dans ce numéro : tourisme, l'Ain destination n°01.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Alzheimer « INSTAURER LA CONFIANCE » Des approches nouvelles de la maladie d’Alzheimer se développent pour limiter l’usage des médicaments et adapter la prise en charge des personnes touchées. Le Conseil général, en partenariat avec Ain Québec et l’ADEA (centre de formation), invite Nicole Poirier le 18 juin à la salle polyvalente de Péronnas. Responsable d’un centre de ressources Alzheimer au Québec, elle dirige également une maison d’hébergement très innovante dans l’approche de la maladie. Elle viendra témoigner de son expérience auprès des professionnels de l’action sociale en journée, et animera une conférence ouverte au grand public en soirée. ENTRETIEN AVEC Nicole Poirier Fondatrice de la Maison Carpe Diem Vous prônez une autre manière d’aborder la maladie et donc la personne qui en est atteinte ? Face à la perte d’autonomie, l’attitude courante est de constater les déficits de la personne. Je pense qu’il faut au contraire construire l’accompagnement autour des capacités existantes de la personne. Malheureusement, en France, le système de santé finance plus la perte d’autonomie que la prévention de celle-ci. Un établissement va donc percevoir des financements proportionnels au niveau d’incapacité. Nous sommes bien conscients que ce modèle de soins ne va pas évoluer rapidement. En revanche, le personnel peut modifier l’approche du malade. Et ce n’est pas qu’une question de financement et de moyens humains supplémentaires. Dans la maison de santé que je gère au Québec, chaque professionnel a développé une meilleure connaissance de la maladie avec un objectif : instaurer la confiance avec la personne pour mieux comprendre son comportement et adapter la réponse. Vouloir contrôler à tout prix la personne aboutit souvent à l’agressivité et une dégradation de son état. Par exemple, une personne se lève la nuit et déambule. Si l’organisation n’est pas adaptée et si le personnel n’est pas formé, on va tenter de la recoucher sans s’interroger sur les raisons qui l’ont conduite à se lever. A-t-elle assez dormi ? A-t-elle besoin d’aller aux toilettes ? A-t-elle faim ? A-t-elle été réveillée par un bruit dans le couloir ? A-t-elle besoin d’être rassurée ? Il faut essayer de comprendre les raisons. Si un calmant lui est administré régulièrement, elle peut devenir apathique, parfois incontinente ou tout simplement agressive car elle ne comprend pas qu’on la force à dormir. Il faut voir l’agressivité comme un message et cela exige un changement de regard. Les professionnels de santé ont pourtant le sentiment de faire au mieux avec les moyens dont ils disposent J’ai bien conscience que cette nouvelle approche n’est pas facile à mettre en place et qu’il faut aussi tenir compte de l’énergie demandée. En effet, je constate souvent que les situations de maltraitance interviennent souvent dans des situations d’épuisement des professionnels. A Carpe Diem, il n’y a pas de blouse blanche et nous évitons tous les symboles institutionnels. Les personnes doivent se sentir chez elles. La cuisine est ouverte à tous, les repas sont préparés et pris avec les habitants de la maison. À Carpe Diem, nous entrons dans la maison des personnes et non dans notre milieu de travail. 12 Notre département, le magazine du Conseil général de l’Ain – N° 21 mai-juin 2013
Les aidants familiaux ont souvent le sentiment de se tromper face à des proches qu’ils ne reconnaissent plus L’Éclairage Jacques Rabut, vice président du Conseil général délégué aux personnes âgées et handicapées. LE DROIT POUR CHAQUE MALADE DE VIVRE SON HISTOIRE « Dans l’Ain, 9 000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés. Elles seront de plus en plus nombreuses dans les années à venir. Face à ce mal incurable, le Conseil général, avec ses partenaires, met en place des outils : places d’hébergement, aide à domicile, accueils de jour. Aujourd’hui, notre défi est d’ apporter aussi du sens à la prise en charge. L’objectif de cette journée consacrée à la maladie d’Alzheimer est de donner un accélérateur à ces nouvelles approches non médicamenteuses. » Il faut tout d’abord rassurer les familles en disant « Vous n’êtes pas des professionnels et vous n’avez pas choisi la situation dans laquelle vous vous retrouvez ». C’est normal de ne pas savoir comment s’y prendre ou de ne pas avoir la bonne réaction devant certaines situations. Une meilleure compréhension de la maladie permet aux proches de s’ajuster et d’éviter des confrontations inutiles. Par exemple, si une personne ne se souvient plus de ce qu’elle a fait la veille, il est inutile d’insister en lui disant « Si si, souvienstoi ». Aussi, il est important pour les proches de savoir que si la personne n’arrive plus à «nommer» les membres de sa famille, cela ne signifie pas qu’elle ne les reconnaît plus ou qu’elle les a oubliés. Le manque de connaissance sur la nature et sur l’évolution de la maladie est une cause importante d’épuisement et de maltraitance et ce, autant au domicile familial qu’en établissement. J’ai la conviction que c’est en améliorant notre compréhension et notre accompagnement des personnes atteintes que nous pourrons efficacement combattre l’épuisement des familles, les soulager de la culpabilité qui les habite et ce, tout en favorisant la motivation des équipes. Pour y arriver, il faut d’abord être vigilant sur les «interprétations» et éviter de croire que la personne «le fait exprès» ou qu’elle devient agressive à cause de la maladie. Avoir la capacité de se mettre à la place de l’autre et de se remettre en question est une compétence fondamentale. Ne pas décider ce qui est bien pour eux JEAN-FRANÇOIS GRENIER, D’AIN-QUÉBEC Jean-François Grenier s’attache au sein de son association Ain-Québec à développer les échanges entre les deux provinces. Il s’est rendu à Trois-Rivières, au Québec , dans l’établissement de Nicole Poirier, et constate que le patient est vraiment au centre de la prise en charge, sa famille aussi. Par exemple, il n’y a pas d’horaires de visites. Elles peuvent se faire 24 h/24. Il n’y a pas d’uniforme. La nuit, les surveillants sont en pyjama. Si un malade se réveille, il comprend ainsi plus aisément que c’est l'heure de dormir. La cuisine est ouverte à tous. Chacun peut donner un coup de main s’il en a envie mais ce n’est pas une activité imposée. Cela fonctionne un peu comme à la maison et les résultats sont étonnants : « Nous avons à nous en inspirer, à nous approprier ce qui est transposable. Je conseille aux professionnels de santé de venir écouter Nicole Poirier le 18 juin car cela permet de se questionner sur ses propres pratiques. Moi-même, j’ai trouvé des pistes d’amélioration dans mon secteur professionnel, celui de la protection de l’enfance. Les familles aussi pourront trouver un soutien et un autre regard sur leurs proches au cours de la conférence programmée à 20 h 30. Nous avons trouvé une solution pour ma maman, qui ne retrouvait pas le chemin de sa chambre dans sa maison de retraite parce que le prénom sur sa porte n’est pas celui qu’elle porte usuellement. Or, elle est douée en dessin. Nous avons donc affiché sous l’étiquette l’une de ses réalisations. C’est simple et cela évite au personnel de perdre du temps à la raccompagner. » Le Conseil général s’engage au côté des familles ! MAINTIEN À DOMICILE : • L’Allocation personnalisée à l’autonomie permet de financer de nombreux services à domicile : soins d’hygiène, aide ménagère, portage de repas… • Des places en accueil de jour ou en hébergement temporaire sont financées dans les maisons de retraite pour accueillir les malades et offrir des périodes de répit aux aidants familiaux. ACCUEIL EN ÉTABLISSEMENT : le financement de réhabilitation des établissements, la création d'unités spécifiques pour les malades d’Alzheimer et troubles apparentés sont programmées. L’Allocation personnalisée d’autonomie peut aussi être versée en établissement, elle couvre une partie du « forfait dépendance ». 13



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