[01] Notre Département n°20 mar/avr 2013
[01] Notre Département n°20 mar/avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de mar/avr 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (277 x 392) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 21,3 Mo

  • Dans ce numéro : handicap... je construis mon avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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TÉMOIGNAGES Scolarité adaptée Être bien accompagné Éric Carton est secrétaire comptable dans une organisation syndicale. La vie ne l’a pas épargné : le RSA, les Restos du Cœur… il connaît ! Après avoir dirigé pendant une dizaine d’années une supérette, puis avoir été commercial, tout bascule. Divorce, chômage… Il enchaîne les boulots de manutentionnaire pour subvenir à ses besoins et payer la pension de ses enfants. Mais son corps est fragile. « J’ai passé 3 ans de ma vie dans les hôpitaux ». Éric Carton souffre de problèmes osseux et articulaires. À trois reprises, des prothèses de hanches lui ont été posées. Mais des luxations à répétition, un staphylocoque l’ont amené à connaître 17 anesthésies générales en 5 mois. Depuis 2004, il est reconnu comme travailleur handicapé. Grâce à « Cap emploi », il a suivi pendant 14 mois une formation d'assistant comptable dispensée par l’Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt), alternant cours théoriques et stages. Une fois son diplôme en poche, l’adapt l’a aidé à trouver son emploi. « J’ai toujours bien été accompagné dans ma volonté de reconversion professionnelle. Les démarches administratives peuvent sembler lourdes. Il ne faut pas se décourager, l’important c’est de savoir ce qu’on veut et de se donner les moyens d’y arriver ». 10 Notre département, le magazine du Conseil général de l’Ain – N°20 mars-avril 2013 Corentin, bientôt 12 ans, est un jeune garçon épanoui qui progresse de jour en jour. Scolarisé à l’école Charles Robin, à Bourg-en-Bresse, il suit un cursus adapté au sein d’une Classe d’inclusion scolaire (Clis). « La Clis est un bon compromis entre le circuit classique, peu adapté au handicap, et les structures spécialisées telles que les Instituts médico-éducatifs (IME). Au début, on s’attendait à vivre un parcours du combattant mais très vite on s’est senti épaulé. La MDPH nous a accompagnés dans nos démarches et a été notre point d’entrée vers d’autres organismes, à l’instar du Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad). » raconte Dominique, le père de Corentin. Enseignement en milieu ordinaire Pour le jeune garçon, l’intégration en Clis a été rapide. Ses parents ont fait une demande en mai 2008 et l’enfant a pu bénéficier du dispositif dès la rentrée de la même année. « Notre fils est dans un établissement scolaire ordinaire avec un apprentissage adapté à ses besoins. L’effectif étant limité à 12 enfants par classe, les enseignants ont une écoute attentive pour chacun d’entre eux. Par ailleurs, la scolarité de chaque enfant s'articule autour de son Projet Personnalisé de Scolarisation élaboré chaque année par les parents, l’équipe pédagogique et les thérapeutes puis soumis à la MDPH. Corentin a aujourd’hui atteint l’équivalent du CM2 et souhaite intégrer à la rentrée prochaine une classe Ulis, suite logique de la Clis mais niveau collège. »
Handicap invisible Les larmes lui montent aux yeux lorsqu’elle retrace ces quatre dernières années. Elle ne s’appesantit pas sur l’accident du travail qui lui a coûté une épaule mais constate avec fierté les défis qu’elle a relevés pour parvenir aujourd’hui à son poste d’adjoint administratif à la maison de retraite de Coligny : « En soulevant une personne âgée, les tendons de mon épaule ont lâché. J’ai pensé qu’après l’opération, je reprendrais mon poste. Après deux ans de souffrance et de rééducation, le verdict est tombé : inaptitude. Je me suis demandé quel travail j’allais retrouver à 42 ans. Je me sentais diminuée mais j’ai remonté les manches. » Retourner à l’école Plus question de porter des charges ou de solliciter son bras. Tania dépose un dossier à la MDPH pour faire reconnaître son statut de travailleur handicapé. Son objectif est d’obtenir une formation pour se reconvertir. Elle enchaîne plusieurs mois de formation à l’Adapt près de Belley, loin de ses enfants à Bény : « Je me suis replongée dans les cours, j’avais un but et le devoir d’obtenir mon diplôme car mes enfants ont aussi fait des sacrifices. » Elle obtient un BEP, puis un niveau bac en comptabilité et une spécialisation en secrétariat médical : « J’ai envoyé 150 candidatures, décroché deux entretiens et 3 semaines après la fin de la formation, j’ai décroché un emploi. Dans mon petit malheur, j’ai eu beaucoup de chances. Aujourd’hui, je fais un métier qui me plaît, je gère les ressources humaines et je suis fière de mon parcours. On peut s’en sortir, il ne faut pas lâcher ! » Tania retrouve une vie normale après les galères financières, le regard des autres sur un handicap qui ne se voit pas, et la peur de perdre sa dignité si elle échouait dans sa recherche d’emploi. Ses enfants l’aident pour les tâches ménagères et le port des courses. Elle ne regrette pas son métier d’aide soignante et n’a pas usé de passe-droit. Elle n’a annoncé son handicap que lors des entretiens d’embauche, les a priori des employeurs vis-à-vis du handicap sont encore tenaces. Accepter le handicap Ghislaine porte un regard lucide sur son handicap « Accepter un changement, comme utiliser son fauteuil roulant, c’est reconnaître que la maladie s’aggrave. » Discuter pour mieux comprendre Fidèle sait que Ghislaine souhaite rester autonome le plus longtemps possible. À tel point qu'elle a encore du mal à utiliser les aides qui sont à sa disposition pour lui faciliter la vie : « Je suis souvent confrontée à ce type de situation : pour les personnes handicapées vivant seules, les visites des auxiliaires de vie apportent, au-delà des actes de compensation du handicap, une présence. Elles tissent des liens d’amitié. Les bénéficiaires n’osent pas toujours faire part de leurs besoins à leur auxiliaire de vie, souvent par pudeur. Mon rôle est de trouver des solutions humaines ou matérielles pour que les usagers compensent le mieux possible leur handicap, qu’ils puissent trouver un équilibre dans la vie quotidienne. Dans le cas de Ghislaine, je vais revoir l’association prestataire afin de réajuster le niveau d'intervention pour améliorer son accompagnement. » Plus d'infos : MDPH 0 800 888 444 Travailler, comme tout le monde Ses parents sont sourds, et Florence, 25 ans, est hémiplégique depuis sa naissance. Volontaire et persévérante, elle a suivi une scolarité classique jusqu’à un bac pro secrétariat. Pourtant, l’intégration dans le monde du travail est difficile. « Je suis jeune et sans expérience. Mais il faut en plus prouver que le handicap n’est pas un frein, être encore plus irréprochable. » Accompagnée par CapEmploi, Florence bénéficie d’une Reconnaissance qualité travailleur handicapé (RQTH). Elle a enchaîné les contrats précaires, des remplacements, et les périodes de chômage. Il y a eu aussi une mission inadaptée sur un poste qui nécessitait trop de manutention. Motivée, elle veut décrocher un poste : « J’ai des compétences en secrétariat et j’aimerais que l’on me donne ma chance. Pour les entreprises, c’est aussi un avantage d’employer des travailleurs handicapés. J’ai juste envie d’un emploi stable pour prendre un appartement et vivre ma vie, comme les autres. » 11



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