[01] Notre Département n°12 jui/aoû 2011
[01] Notre Département n°12 jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 59,8 Mo

  • Dans ce numéro : 2011-2014 une nouvelle étape.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ILS FONT L’AIN/Hommage à Maurice Violland LE GOÛT DU TRAVAIL BIEN FAIT ! CHRISTINE BROCHIER « Je n’avais pas prévu de faire une photo, je suis en tenue de travail » s’excuse-t-elle en ôtant les poils de renard qui couvrent son gilet. Christine Brochier élabore des vêtements de fourrure dans un petit atelier du Revermont depuis 1989. Elle menait sa petite entreprise tranquillement jusqu’à ce que Maurice Violland lui glisse une inscription au concours du meilleur ouvrier de France, un soir de remise des prix au Conseil général, au cas où. C’était en 1998 : « Je n’avais pas de projet de carrière. Ce n’était pas pour moi. Pourtant, je me suis lancée dans l’aventure. Un vrai challenge. Maurice se renseignait, suivait mon travail de loin. Il n’imposait jamais rien mais savait donner des conseils. » Aujourd’hui, Christine est la seule femme fourreur MOF (Meilleur ouvrier de France). Les clients particuliers lui commandent des pièces en confiance, sûrs de sa compétence. « J’ai adhéré à l’Union Motocycliste de l’Ain dans les années 60 car j’étais un adolescent fougueux, passionné de mécanique et de vitesse. Maurice Violland manageait déjà le club et abattait du travail. C’était aussi mon prof au Lycée Carriat. Dès les premiers cours, il m’a fait grande impression. Même les plus chamailleurs se taisaient. Nous buvions littéralement ses paroles. Il savait faire passer les messages et faisait l’unanimité parmi les parents comme auprès des élèves. Au club, il défendait les idées des jeunes même contre l’avis du président de l’époque, avec tact, en finesse. Des personnes comme lui, je n’en ai pas côtoyé beaucoup dans ma vie ». Jacky Guillemoz garde un souvenir ému de Maurice Violland, un père spirituel pour lui. Il a suivi ses traces, bien modestement reconnaît-il, puisqu’il s’est beaucoup investi dans l’Union motocycliste de l’Ain dont il est aujourd’hui le président. Comme Maurice, il a terminé sa carrière dans un « bureau des méthodes de production » et a toujours gardé à l’esprit une de ses maximes : « Soyez courtois, soyez honnête, vous vous en sortirez ». Aujourd’hui, il aimerait, comme Maurice avait su le faire sur le circuit des Vennes, organiser une manifestation moto à Bourg. Même s’il a conscience que ce serait plus difficile que dans les années 60. « J’espère y parvenir avec ses méthodes : rigueur, respect, pédagogie. » À 65 ans, il a, comme son prédécesseur, envie de transmettre son expérience à de jeunes bénévoles. Il faut savoir prendre du recul, pour jeter un regard au-dessus de la mêlée ! 24 Notre département, le magazine du Conseil général de l’Ain – n°12 juillet-août 2011 « Il n’empêche qu’un MOF remet chaque matin son travail sur la table pour préserver cette « excellence », un mot que je trouve un peu pompeux. » Maurice Violland lui a laissé l’envie de perpétuer : « Je donne des cours à de jeunes professionnels qui veulent valoriser leur activité en y associant de la fourrure. J’essaie de développer les ponts entre l’école et l’entreprise car faire découvrir à un jeune un métier qui lui plaît, c’est lui bâtir un avenir ». L’an passé, Maurice Violland lui a suggéré de lui succéder à la présidence des MOF de l’Ain. Elle a préféré un duo avec Denis Guinot, prothésiste dentaire. « C’est à ses funérailles que je me suis vraiment rendue compte de tout ce qu’a fait Maurice Violland dans sa vie, à travers les nombreux témoignages. Un humaniste comme lui, c’est un peu comme les fourreurs, ils sont en voie de disparition ! » MAURIC PASSE L LE SPORT, ÉCOLE DE LA VIE JACKY GUILLEMOZ
UN POTENTIEL DANS CHAQUE ÉLÈVE ANDRÉ QUÉZEL-AMBRUNAZ « Il est nul, nous a dit son prof principal, qu’est-ce qu’on peut en faire ? Face au désarroi des parents d’élèves, je réponds qu’il y a toujours un potentiel à développer chez chaque enfant. Médiocre en géographie, il s’y est mis sans problème lorsqu’il lui a fallu différencier l’origine d’un Pouilly Fumé * de celle d’un Pouillé Fuissé ** à l’école hôtelière. Là, il a compris l’intérêt de connaître les terroirs. C’est là tout l’enseignement que m’a transmis Maurice Violland, au lycée Carriat puis tout au long de ma carrière, explique André Quézel-Ambrunaz. Il faut aider l’enfant à trouver sa voie et l’encourager, sans jamais l’assister. Il faut aussi s’intéresser à d’autres disciplines que la sienne car des solutions variées sont à exploiter. Chaque année, il consacrait une grande partie de ses E VIOLLAND E TÉMOIN... Maurice Violland est décédé début avril dans sa 89 e année. De nombreux habitants de l’Ain l’ont connu à travers l’une de ses nombreuses facettes : professeur au lycée Carriat, motard, meilleur ouvrier de France, visiteur de prison, coureur de fond ou sur son vélo par tous les temps et en toutes saisons … sans toujours connaître l’universalité de cet homme ouvert aux autres et curieux de tout. Il avait une relation privilégiée avec chacun, dispensait ses conseils et ses encouragements sans jamais juger, toujours confiant. Les trois témoignages que nous avons recueillis montrent qu’il a su transmettre une méthode, une philosophie, un art de vivre en société. Preuve que son héritage restera vivant : Jacky, Christine et André parlent de Maurice au présent ! vacances à travailler dans une entreprise pour garder le lien avec le monde du travail et trouver des cas concrets d’étude pour ses élèves. » Instructeur en CFA (Centre de formation des apprentis), technicien méthodes dans l’industrie, cadre à la Chambre de commerce et d’industrie, André Quézel a toujours défendu l’enseignement technique aux côtés de Maurice Violland. Président des anciens élèves de Carriat, délégué de l’Ain de l’association française de l’enseignement technique, jury d’examen « du BAC-6 au BAC+4 », il a participé avec son mentor au lancement du concours du meilleur apprenti, et depuis 3 ans du prix des « pros de la technique » avec l’AMOPA (Association des membres de l’ordre des palmes académiques) « parce qu’il y a de vrais talents à mettre en avant. C’est eux qui devraient faire la une des journaux, pas les gamins qui sortent un flingue à l’école. ». Lorsque Maurice a pris sa retraite, il a continué à enseigner aux prisonniers de la maison d’arrêt de Bourg. Leur parcours délinquant ne l’intéressait pas, c’était l’écoute, l’échange et la réunion de profils totalement différents qui primaient : « Il m’a fait lire des lettres poignantes de détenus qui le remerciaient de son intervention. S’il sentait qu’il y avait une belle peinture sous un vieux crépi, il grattait du bout de l’ongle et te disait : allez vas-y, c’est à toi ! » *vin des pays de la Loire ** vin du Mâconnais 25 Chambre de métier 01



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