[01] Notre Département n°10 déc 10/ jan 2011
[01] Notre Département n°10 déc 10/ jan 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de déc 10/ jan 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Ain

  • Format : (277 x 392) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : agriculture... l'Ain choisit le goût avant tout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
ILS FONT L’AIN/Savoir-faire de chez nous ÉMAUX BRESSANS UN ART BIEN VIVANT ! Imaginez derrière la devanture moderne de la bijouterie Jeanvoine, un atelier comme il en existait plusieurs au siècle dernier. Au premier étage, vous pourriez voir surgir l’arrière grand-père horloger de David Jeanvoine, en blouse noire et monocle sur le nez. Ici, tout est d’époque sauf les artisans émailleurs ! « La société existe depuis quatre générations », témoigne-t-il, « mais nous avons débuté la fabrication des émaux bressans en 1998, en rachetant le fonds Decourcelle- Jacquemin, installé à l’époque rue Bichat. Ils nous ont formé aux techniques traditionnelles, ma belle-sœur et moi, puis nous avons repris toutes les machines déjà très anciennes, plus de 100 poinçons pour créer les motifs sur les émaux et les établis en bois munis d’une pièce de cuir pour récupérer la limaille d’or et d’argent. Aujourd’hui, nous sommes quatre artisans et tout est fait à la main : l’émail est appliqué à la plume sergent major, les paillons d’or fin qui forment les décors sont posés délicatement un par un, la cuisson s’effectue sur des briques réfractaires enduites d’un peu d’ocre pour que la pièce ne colle pas. C’est l’étape de fabrication la plus délicate. Une minute de trop et la pièce est invendable ! » Formé à la bijouterie, David Jeanvoine s’est pris de passion pour la couleur. Il a ajouté 16 tons supplémentaires à la palette de base des émaux bressans. Il a écumé les salons de créateurs pour coller aux goûts actuels avec des formes plus contemporaines : « Lorsque nous avons repris l’activité, les émaux séduisaient une clientèle de connaisseurs qui cherchaient des pièces classiques. Aujourd’hui, les pendentifs carrés, en cerf-volant, les parures sur argent et l’émail blanc et noir accrochent aussi les jeunes filles et leur mamans. Nous avons voulu renouveler la gamme pour élargir la clientèle, en fabriquant toujours de manière traditionnelle. » Le savoir-faire unique de la bijouterie Jeanvoine a d’ailleurs été récompensé en 2007 par le ministère des PME avec un label « Entreprise du patrimoine vivant ». Cette distinction l’a fait connaître hors de Rhône-Alpes, où se situent l’essentiel de ses revendeurs. Pour une structure comme celle-là, les budgets de communication pèsent lourd. Ses artisans d’art comptent donc beaucoup sur les ventes par internet pour pérenniser l’activité. À 32 ans, David continue d’écrire la saga familiale des Jeanvoine. Avec son frère Hervé, ils viennent de lancer la fabrication de copies de cadrans d’horloge en émail blanc pour redonner vie à de belles pièces… peut-être conçues par leur arrière grand-père. Plus d’infos : www.emaux-bressans.com 24 Notre département, le magazine du Conseil général de l’Ain – N°10 8 juillet décembre 2010 2010
GIRAUDET UN SAVOUREUX MÉLANGE DE TRADITION ET D’INNOVATION Michel Porfido est chef cuisinier depuis 10 ans pour les Quenelles Giraudet qui fêtent cette année leur 100 e anniversaire. « Je suis quenellier avant tout, mais depuis mon arrivée j’ai cherché à allier tradition et innovation, en créant de nouvelles recettes et en proposant de nouveaux produits comme les soupes. » Son mot d’ordre : la qualité qui se retrouve dans les produits choisis, dans les recettes et les modes de fabrication. Chez Giraudet, une partie des quenelles est encore moulée à la cuillère. Les recettes traditionnelles (nature, au brochet ou sauce Nantua) ont toujours autant de succès. Un succès bressan qui tend à s’exporter avec des boutiques ouvertes à Lyon et à Paris. Certains ont en mémoire un mauvais souvenir de la quenelle mangée à la cantine « molle et sans goût » … Mais quelle surprise et quelle joie quand ils dégustent une quenelle Giraudet pleine de saveur. Et la quenelle a su évoluer avec son temps et les saisons : aux champignons à l’automne, à la truffe ou au foie gras à Noël. Michel Profido tente aussi de nouvelles aventures en alliant la semoule de blé dur de la quenelle au piment basque d’Espelette ou à l’ail des ours. « Mon inspiration, je la trouve sur le marché face à un produit frais, ou encore lors de mes voyages. Mon secret : la curiosité et la chasse aux a priori ! », nous avoue-t-il. Plus d’infos : 04 74 22 45 85 SOIERIES BONNET RENOUER LES FILS DE L’HISTOIRE… 10 ans que le claquement des navettes s’est interrompu aux Soieries Bonnet à Jujurieux et pourtant, certains jours encore, on peut entendre le bruit assourdissant des métiers à tisser. Jean-François Dupont, la quarantaine, ancien tisseur-gareur de la Maison Bonnet, prend plaisir à remettre en route les machines pour les touristes et leur expliquer comment étaient fabriquées les étoffes qui ont fait la renommée internationale de la Soierie. « À la fermeture de l’usine en 2001, le Conseil général a acquis les collections Bonnet pour les sauvegarder et les valoriser lors d’expositions », explique Jean-François. « Avec Françoise, ancienne tisseuse, on nous a proposé de faire partie de cette nouvelle aventure. » C’est ainsi que s’est fait le passage de témoin entre la dernière génération de salariés de l’entreprise et le personnel chargé du chantier d’inventaire des Soieries. « Aujourd’hui, je fais de temps en temps des démonstrations. Ça me fait plaisir car j’ai conscience d’être une espèce en voie de disparition. On doit être une dizaine de personnes dans la région à savoir encore travailler les métiers à bras. Mais les gareurs, ils sont plus rares ! » À l’époque, le gareur avait un rôle essentiel dans une soierie. « Il arrivait que dans une journée une vingtaine de machines soit en panne. La production ne pouvait pas s’arrêter. C’est au gareur qu’incombait la lourde tâche de détecter le problème et de procéder rapidement à la réparation… » Connaître chacune des pièces qui composent un métier à tisser, qu’il soit à bras ou mécanique, détecter les pannes, réparer les pièces cassées, changer les cartons jacquards, régler les cannetières, tisser des taffetas unis ou des façonnés… Jean-François Dupont détient ce savoir-faire, aujourd’hui en perdition. Quelle fierté il a de faire fonctionner le métier à bras de 1850 que les Soieries Bonnet viennent de récupérer, en pièces détachées, dans une maison de Labalme-sur-Cerdon, près de Jujurieux. Il lui a fallu deux mois de patience et de minutie pour assembler tous les éléments qui composent ce métier à tisser et placer les milliers de fils de soie. Jean-François est un canut pas révolté, juste désireux de transmettre son savoir unique pour que vive ce patrimoine industriel textile d’exception. Plus d’infos : Soieries Bonnet Tél. 04 74 36 86 65 - www.ain.fr 25



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :